• "Il faut peut-être arrêter les bêtises" : Jean-Yves Le Drian met en garde Emmanuel Macron

    Le 9 janvier dernier, lors du conseil des ministres, Jean-Yves Le Drian a tapé du poing sur la table, exhortant l'exécutif à ne pas créer une nouvelle crise avec les fonctionnaires.

    Si le "grand débat" a officiellement été inauguré mardi par le président de la République, il a également commencé au sein même du gouvernement depuis déjà quelques jours. 

    Quand Le Drian sort de ses gonds

    La scène se passe lors du séminaire gouvernemental le 9 janvier dernier, après le conseil des ministres formel. Tout le gouvernement autour du président de la République est invité à présenter son programme. Lorsque vient son tour, le ministre du budget Gérald Darmanin déroule sa feuille de route : la réforme de la fonction publique et de l'État, comme prévu depuis l'année dernière. Là, un ministre sort de ses gonds. Jean-Yves Le Drian prend la parole et s'exclame : "Il faut peut-être arrêter les bêtises. On a déjà une crise sur les bras, on ne va peut-être pas y rajouter les fonctionnaires !"

    Le ministre des Affaires étrangères ajoute cette mise en garde : "Les agents de l'État ne sont pas forcément des technocrates, ils sont aussi des aides-soignants, infirmières, douaniers, policiers, etc. Il ne faudrait pas aggraver la situation." Il est alors soutenu par plusieurs autres ministres, plutôt issus de la gauche. Le "grand débat" au gouvernement recrée le clivage entre la gauche et la droite. 

    Des Affaires étrangères à Matignon ?

    Jean-Yves Le Drian est le premier à avoir réagi. Faut-il y voir un pas de plus vers une éventuelle nomination à Matignon ? Il est vrai que certaines personnalités font campagne pour que le ministre des Affaires étrangères soit nommé Premier ministre. Lui réaffirme à ce stade qu'il n'en est pas question. Selon les informations d'Europe 1, en privé, Jean-Yves Le Drian se montre critique sur l'entourage présidentiel, jugé déconnecté. Le ministre le plus populaire du gouvernement considère aussi que le balancier penche trop à droite.

    On sait que la politique est aussi une affaire de circonstance et de devoir. Mais au sein du gouvernement et dans la majorité, l'idée d'un acte 2 du quinquennat après le débat circule avec insistance. Un membre du gouvernement confie : "Les questions posées par le président sont la base d'un nouveau discours de politique générale à l'issue du 'grand débat'". Un tel discours se prononce après un changement de gouvernement. Reste à savoir qui sera à sa tête.

    Europe 1


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    Moins de deux sondés sur dix estiment que les moyens de lutte sont réels et efficaces.

     

    Pour 77% des Français, la France ne se donne pas "réellement et efficacement" les moyens de lutter contre la corruption de ses élus sous toutes ses formes, selon un sondage Ifop pour le site Projet Arcadie, diffusé mercredi 16 janvier. Seuls 18% des sondés pensent l'inverse, à savoir que les moyens de lutte sont réels et efficaces, et 5% ne se prononcent pas.

    Deux tiers des sondés (67%) jugent que la situation ne s'est pas améliorée depuis l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron. Et ce, malgré l'adoption dès sa première année de mandat de lois "pour la confiance dans la vie politique".

    La moitié des sondés ne font confiance à aucun parti

    Autre enseignement de ce sondage : 50% des personnes interrogées déclarent ne faire confiance à aucun parti politique en matière de lutte contre la corruption des élus, selon cette étude commandée par Projet Arcadie, une base de données internet sur les parlementaires français.

    Les partis inspirant le plus confiance aux Français en la matière sont La République en Marche et le Rassemblement national : 11% chacun. La France Insoumise arrive en troisième position avec 8%.

    franceinfo

    Corruption des élus : plus de sept Français sur dix jugent les moyens de lutte inefficaces, selon un sondage


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  • L'Etat veut créer 5.500 places d'hébergement pour les demandeurs d'asile et les réfugiés en 2019

    Selon une instruction de l'Intérieur aux préfets, l'Etat compte créer 5.500 places d'hébergement pour les demandeurs d'asile et les réfugiés qui se retrouvent à la rue. 

     

    L'Etat compte réduire le nombre de demandeurs d'asile et de réfugiés à la rue en créant cette année 5.500 places d'hébergement supplémentaires, tout en accélérant la sortie des déboutés encore logés dans les centres dédiés, selon une instruction de l'Intérieur aux préfets.

    Plus de 97.000 places en 2019.

    "En 2019, la capacité du parc d'hébergement pour demandeurs d'asile devrait atteindre plus de 97.000 places", contre 86.510 en 2018, avec notamment la création de 3.500 places nouvelles (le reste venant de la transformation de dispositifs existants), affirme cette circulaire datée du 31 décembre. En effet, la demande d'asile "se maintient à un niveau élevé en France" avec une hausse de "19% à l'Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides)", par rapport aux 100.000 dossiers reçus en 2017.

    L'Etat a l'obligation d'héberger les demandeurs d'asile. 

    Pour les réfugiés l'objectif est de créer 2.000 places associant hébergement et accompagnement social, en plus des 5.200 déjà existantes. L'Etat a l'obligation d'héberger les demandeurs d'asile, ou à défaut de leur verser une allocation légèrement majorée, mais on estime qu'un peu plus d'un sur deux seulement accède au dispositif (les autres sont logés par des proches, par le 115, ou se retrouvent à la rue). En revanche, "plus de 17.400 places" du dispositif d'hébergement des demandeurs d'asile sont occupées par des personnes qui ne devraient pas y être: 8% de réfugiés et 11% de déboutés, rappelle la circulaire.

    L'Etat compte donc accroître la "fluidité" en faisant sortir de ces centres les déboutés. 

    Les réfugiés ont trois mois pour libérer leur place dans ce type d'hébergement une fois obtenue la protection de la France, et les déboutés un mois. L'Etat compte donc accroître la "fluidité" en faisant sortir de ces centres les déboutés, notamment ceux de pays jugés sûrs, et les demandeurs sous procédure Dublin (donc enregistrés dans un autre pays) déclarés en fuite, pour qui "une interpellation en vue d'un placement en rétention et l'exécution du transfert doit systématiquement être recherchée".

    Pour les réfugiés "l'urgence à accélérer la sortie" du dispositif d'hébergement "nécessite de poursuivre la politique ambitieuse de captation des logements", souligne la circulaire. Les réfugiés tombent en effet dans le droit commun quand ils obtiennent leur statut, alors même qu'ils connaissent parfois mal le pays et manquent de ressources pour y trouver un travail et se loger. Les plus de 25 ans touchent le RSA mais certains, notamment les jeunes, peuvent aussi se retrouver à la rue.

     

    Ile-de-France: une centaine de personnes en grève de la faim dans des centres de rétention 

    Une centaine d'étrangers enfermés dans les centres de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne) et de Vincennes (Val-de-Marne) ont entamé une grève de la faim pour dénoncer leurs conditions de rétention, a-t-on appris vendredi auprès de la Cimade.

    "Entre 50 à 80 personnes sont en grève de la faim". 

    Depuis mardi, "entre 50 à 80 personnes sont en grève de la faim sur la centaine que compte le CRA" du Mesnil-Amelot, indique la Cimade. Au CRA de Vincennes, une vingtaine de personnes sont concernées. Les grévistes de la faim dénoncent "les violences policières", "la durée de rétention", dont la durée maximum a été doublée de 45 à 90 jours depuis la loi asile-immigration, ainsi que le "manque d'hygiène". L'observatoire citoyen de Seine-et-Marne organise en soutien un rassemblement samedi à 14 heures devant le CRA du Mesnil-Amelot.

    3.648 hommes ont été enfermés au centre de rétention de Vincennes en 2017 et 3.476 au Mesnil-Amelot. 

    Les CRA sont des centres où les étrangers en situation irrégulière sont placés dans l'attente de leur reconduite et dont les associations dénoncent régulièrement la médiocrité des conditions d'accueil. L'allongement de la durée maximale de rétention, qui vise à donner plus de temps aux pouvoirs publics pour obtenir les documents nécessaires aux reconduites, a été l'un des points les plus polémiques de la loi qui vient d'entrer en vigueur. Selon le rapport annuel rédigé par les associations habilitées à intervenir en CRA, 3.648 hommes ont été enfermés au centre de rétention de Vincennes en 2017 et 3.476 au Mesnil-Amelot.

    Europe 1


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  • Gérard Larcher lance un appel à Emmanuel Macron : "Il faut qu'il écoute le pays"

    Invité de la matinale d'Europe 1, le président du Sénat Gérard Larcher a appelé le chef de l'État Emmanuel Macron à "cesser cette verticalité de la décision" dans l'exercice du pouvoir.

     

    Avec le grand débat national qui démarre lundi, Emmanuel Macron veut ouvrir le "temps 2" du quinquennat. Pour Gérard Larcher, le chef de l'État joue gros pour la suite du quinquennat. Au micro Europe 1 d'Audrey Crespo-Mara, jeudi, le président du Sénat l'a appelé à "entendre" les Français : "Il faut qu'il écoute le pays. Il faut cesser cette verticalité de la décision."

    Larcher "ne sentait plus une partie du pays".

    Selon Gérard Larcher, la colère exprimée par les "gilets jaunes" germait depuis longtemps. "Je suis attentif à ce qui se dit (…) sur le refus du consentement à l'impôt, sur le sentiment d'abandon. Je le disais depuis des mois. J'avais alerté le président de la République : je ne sentais plus une partie du pays."

    Macron responsable du "laminage des corps intermédiaires".

    Si la crise est profonde, selon lui, la politique menée par Emmanuel Macron depuis mai 2017 n'a pas aidé à résoudre les problèmes. "Il faut cesser cette verticalité de la décision", a-t-il demandé au chef de l'État sur Europe 1, jeudi. "Le laminage des corps intermédiaires se révèle aujourd'hui avec des conséquences parfois incalculables."

    "La semaine prochaine, le président va retrouver les maires. Je souhaite qu'il les rencontre avec l'ensemble des corps intermédiaires. Ce sera un test", a averti Gérard Larcher.

    Europe 1


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  • Gilets jaunes : les réponses d'Edouard Philippe pour éviter de nouvelles violences

    Après une nouvelle mobilisation de Gilets jaunes émaillé de violences, le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé lundi soir sur TF1 de nouvelles mesures "d'ordre public". Il veut alourdir les sanctions pour ceux qui participeraient à des manifestations non-déclarées et souhaite interdire la venue des "casseurs" déjà recensés.

    "Ils n'auront pas le dernier mot", a lancé Edouard Philippe lundi soir sur le plateau de TF1. "Ils", ce sont les casseurs et plus généralement "ceux qui remettent en cause les institutions", a fait savoir le Premier ministre. Ce dernier réagissait lors du 20H aux nouveaux incidents intervenus lors de l'acte 8 des Gilets jaunes, principalement à Paris. "Ils changent de pratiques, nous on doit changer nos méthodes", a notamment assuré le chef de gouvernement, qui a annoncé un renforcement du dispositif policier pour le week-end prochain et de nouvelles mesures visant à limiter ces scènes. "Si aujourd'hui on veut défendre la liberté de manifester [...], je crois qu'il faut faire évoluer notre droit", a justifié Edouard Philippe.

    Une nouvelle loi pour les casseurs et les manifestations non-déclarées

    Le Premier ministre a surtout annoncé être "favorable à ce qu'une loi nouvelle soit adoptée" prochainement, afin notamment de "sanctionner ceux qui ne respectent pas l'obligation de déclaration" des manifestations. "Il faut préserver la liberté de manifester en France et il faut sanctionner ceux qui ne respectent pas cette obligation simple", a-t-il expliqué, sans entrer dans le détail. Actuellement, les citoyens se rendant à un rassemblement encourent pour leur part une amende allant jusqu'à 38 euros.

    Edouard Philippe cible aussi "ceux qui viennent cagoulés" à ces rassemblements. "Arriver cagoulé à une manifestation, c’est aujourd’hui une contravention. Demain, ce doit être un délit", a-t-il jugé. 

    Plus globalement, il souhaite interdire les casseurs déjà identifiés, sur le modèle des hooligans dans le football interdits de stade. "Ce dispositif [adopté dans les années 2000] a bien fonctionné", a-t-il fait valoir, estimant que cette option est à l'étude "depuis quelques mois" et qu'une proposition du Sénat en ce sens existe déjà. "Elle peut être déposée à l'Assemblée début février", a-t-il indiqué, laissant ainsi entendre que le gouvernement y apportera son soutien.

    Si Edouard Philippe n'a pas précisé les modalités de ce nouveau "dispositif", cela pourrait passer par la création d'un nouveau fichier "des individus violents lors des manifestations", comme le réclame le syndicat de police Alliance. Le secrétaire d'Etat à l'Intérieur, Laurent Nunez, avait déjà évoqué cette piste. 

    Peu avant le Premier ministre, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner avait pour sa part annoncé une future loi d'orientation et de programmation "qui fixera la vision à long terme de notre politique de sécurité intérieure".

    Une "réponse opérationnelle" dès samedi prochain 

    "Nous avons pris la décision pour samedi prochain" de revenir à un dispositif de sécurité "considérable", a également prévenu Edouard Philippe, évoquant une "réponse opérationnelle" immédiate. Ce dispositif retrouvera ainsi son niveau de mi-décembre, à savoir près de 80.000 policiers et gendarmes dans toute la France, dont 5.000 à Paris, a précisé le Premier ministre. Il a prôné pour "une actualisation du schéma national de l'ordre public" en vantant le succès du dispositif arrêté lors de l'acte 4, avec des forces mobiles. "Nous avions changé la doctrine", a résumé l'homme de Matignon. A l'avenir, "il faut investir dans du nouveau matériel", a-t-il également déclaré. 

    Tirant un bilan global de la contestation, Edouard Philippe a précisé que 5.600 personnes ont été placées en garde à vue et quelque 1.000 condamnations ont été prononcées par la justice depuis le début de la mobilisation, le 17 novembre 2018.

    Le JDD.fr

    La dictature en marche !


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  • "Tu es ce qu'on appelle 'un noir de service'" : un député LREM ciblé par une lettre raciste le menaçant de mort

    De quel droit un Africain vient se mêler des problèmes de la France", peut-on lire. Le député LREM, Jean François Mbaye, a annoncé vendredi 4 janvier avoir reçu une lettre anonyme à caractère raciste qui lui promet "une balle dans la tête", selon une copie de la lettre qu'il a diffusée sur son compte Twitter.

    Dans ce courrier non signé, il est reproché au député d'être "un 'noir de service' comme ceux que l'on case dans les pubs afin de faire croire que les Français ne sont pas racistes".

     

    "Bien entendu je porterai plainte"

    "En 2019, voici ce que je reçois encore de lâches anonymes à mon bureau de l'Assemblée. Suis-je choqué ? Apeuré ? NON ! Je suis encore plus déterminé à éradiquer le fléau raciste de notre beau pays la France. Bien entendu je porterai plainte...", explique le député de la 2e circonscription du Val-de-Marne dans son tweet.

    Le courrier, qui s'en prend également aux députés LREM Laetitia Avia (Paris) et Hervé Berville (Cotes d'Armor), promet à Jean-François Mbaye de lui "mettre une balle dans la tête" et affirme: "tu vas mourir".

    Le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, a dans un tweet fait part de son "soutien" aux trois députés ciblés. "Nous ne laisserons pas la haine se déchaîner dans notre pays. Liberté Égalité Fraternité sont plus que jamais nos valeurs !".

    "Je n'ai pas de mot assez dur ou assez fort pour qualifier cette lettre abjecte", a aussi tweeté la ministre de la Santé Agnès Buzyn.

    franceinfo

    C'est ridicule d'envoyer des menaces de mort à un député noir, il pouvait écrire gentiment ce qu'il pensait sur le fait qu'un sénégalais, pardon, un franco sénégalais faisait là !

    Mais je suis amusée par le :"de notre beau pays la France" de Mr Jean François Mbaye, né le 1er janvier 1979 à Dakar (Sénégal) 

     


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  • Au premier trimestre 2019, trois réformes à hauts risques

    L’exécutif se penchera sur l’assurance-chômage, la réforme de l’Etat et la révision de la loi de 1905.

     

    La réforme des institutions, abandonnée en juillet, a été repoussée après le grand débat lancé par le gouvernement pour répondre à la crise des « gilets jaunes ». Quant à la réforme des retraites, elle n’interviendra qu’au lendemain des européennes de mai 2019. Au premier trimestre de l’année qui s’ouvre, le gouvernement se concentrera sur trois chantiers délicats : l’assurance chômage, la réforme de l’Etat et le toilettage de la loi de 1905.

    L’assurance chômage, des pistes explosives

    Point central du programme social d’Emmanuel Macron, la réforme de l’assurance chômage a été officiellement lancée en novembre. Au menu : indemnisation des indépendants et des démissionnaires et mise en place d’un bonus-malus sur les cotisations patronales pour les entreprises qui abusent des contrats courts. Dans son document de cadrage, le gouvernement a également demandé de nouvelles économies drastiques aux syndicats et au patronat : 3 à 3,9 milliards d’euros sur trois ans.

    Ce faisant, l’exécutif a ouvert un nouveau front avec des syndicats qui se sentaient déjà mal aimés par le pouvoir. Ils l’ont dit et répété : hors de question pour eux de rogner les indemnités des chômeurs pour trouver l’argent demandé. Quant au patronat, il est hostile à une hausse des cotisations sur les contrats courts, préférant une baisse des indemnités pour les cadres ou encore une diminution des droits de retraite engrangés par les demandeurs d’emploi.

    Des pistes jugées explosives. Lancées en novembre, les discussions se sont révélées plus compliquées que prévu. Mais, crise des « gilets jaunes » oblige, le gouvernement a consenti à desserrer l’étau en ajoutant deux séances supplémentaires de négociation aux partenaires sociaux. Car sans accord, c’est le ministère du travail qui reprendrait la main, au risque de remettre une pièce dans la machine de la contestation sociale.

    La réforme de l’Etat, « la mère des batailles »

    Ceux qui travaillent sur le vaste chantier de la réforme de l’Etat ont poussé un « ouf » de soulagement après le discours d’Emmanuel Macron, le 10 décembre. « Vous avez entendu le président de la République : la réforme de l’Etat est à l’agenda », confiait l’un d’eux le lendemain. Pour le chef de l’Etat, ce tentaculaire processus de changement est « la mère des batailles ». « C’est un enjeu fondamental pour agir plus vite et obtenir plus rapidement des résultats concrets », poursuit la même source.

    La réforme de la fonction publique devrait déboucher, sans doute en février, sur un projet de loi. Les principales dispositions sont connues. Il s’agit de rénover les instances de dialogue social en en supprimant certaines. Le gouvernement souhaite également recourir plus largement au contrat dans le recrutement des fonctionnaires et développer la rémunération de ceux-ci au mérite. Enfin, des plans de départ volontaire seront proposés à ceux qui veulent partir, notamment les hauts fonctionnaires sans poste.

    Il sera aussi question de réformer les grands corps (Cour des comptes, inspection générale des finances, Conseil d’Etat). Mais la réforme de l’Etat, ce sera aussi une nouvelle organisation territoriale : le gouvernement souhaite clarifier les compétences, chasser les doublons, tout en rendant l’Etat plus présent sur le terrain. Les hauts cadres de l’Etat devraient aussi bénéficier de davantage d’autonomie. Le tout en tenant la promesse de campagne de réduire le nombre de fonctionnaires de 120 000 et de baisser la dépense publique.

    Réformer la loi de 1905, pour prévenir les dérives

    Le chef de l’Etat est attendu sur la retouche des lois qui encadrent l’exercice des cultes, singulièrement la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat. C’est la voie que semble avoir choisie le président pour répondre aux attentes concernant la régulation du culte musulman. Un texte en préparation vise à pousser les acteurs de ce culte à se couler dans le régime associatif établi par la loi de 1905, alors que la très grande majorité d’entre eux ont choisi le régime de la loi de 1901 sur la liberté d’association, moins contraignant mais qui ne donne pas droit aux mêmes avantages fiscaux.

    Les contrôles seraient renforcés pour améliorer la transparence des associations qui gèrent des mosquées, s’assurer qu’elles respectent les impératifs de l’ordre public, clarifier leur gouvernance et vérifier l’innocuité d’éventuels financements étrangers. Le texte devrait rapprocher les exigences imposées aux associations « loi 1901 » qui gèrent un lieu de culte de celles relevant de la loi de 1905 pour créer un socle d’obligations communes. A l’avenir, toutes les associations loi de 1901 à objet cultuel seraient tenues de publier leurs comptes annuels, comme leurs homologues de la loi de 1905. Elles devraient aussi faire certifier leurs comptes par un commissaire aux comptes, même lorsqu’elles perçoivent moins de 153 000 euros de dons (seuil actuellement en vigueur).

    Les deux types d’associations devraient être tenues de déclarer les dons provenant de l’étranger. Les associations « loi de 1905 » devront faire renouveler tous les cinq ans, auprès de la préfecture, leur agrément comme association cultuelle. Les appels à la haine formulés dans un lieu de culte pourraient être réprimés plus sévèrement.

    Le Monde.fr


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  •  L'homme politique, philosophe et politologue Luc Ferry était l'invité d'Eric Morillot dans #LesIncorrectibles sur Sud Radio.

     Il s'est librement exprimé sur Emmanuel Macron, les gilets jaunes, Laurent Wauquiez, Nicolas Sarkozy, Jean-Pierre Raffarin, Alain Juppé, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et l'écologie.

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  • Européennes : le RN largement en tête des intentions de vote, devant LREM

    Le Rassemblement national est crédité de 24% des voix, six points de plus que La République en Marche.

    Le Rassemblement national (RN) arriverait largement en tête des élections européennes si le scrutin avait lieu dimanche, selon un sondage Ifop pour "l'Opinion" diffusé jeudi 13 décembre. Le parti de Marine Le Pen y est crédité de 24% d’intentions de vote, contre 18% du côté de La République en Marche (LREM).

    La liste RN progresse ainsi de 2 points en un mois et de 4 par rapport au mois d'octobre. Celle de LREM alliée au MoDem recule pour sa part d'un point sur un mois et de 2 depuis octobre. L’enquête a été réalisée du 7 au 10 décembre, avant donc l'allocution d'Emmanuel Macron lundi, mais après les annonces d'Edouard Philippe sur l'abandon de la taxe diesel

    LR et LFI largement derrière

    Le duo de tête devance nettement la liste des Républicains (LR), qui perd deux points en un mois pour s’établir 11% d’intentions de vote, et celle de La France Insoumise (LFI), talonnant LR avec 9% (en baisse d'un point). Viennent ensuite les listes Debout la France et d'Europe Ecologie Les Verts, qui finissent ex æquo à 8% d’intentions de vote. Quant à celle du Parti socialiste, elle dévisse à 4,5% (-1,5 point). Elle est désormais talonnée par celle de Génération.s, le mouvement lancé par Benoît Hamon (3,5%, +1 point), devant les centristes de l'UDI (3%, -1).

    Enfin s'alignent les listes du Parti communiste (2,5%, +0,5), de Résistons, conduite par Jean Lassalle (2,5%, +0,5), devant celles des Patriotes de Florian Philippot, stable à 1%, et de l'UPR (0,5%, -0,5).

    Le sondage ne proposait pas une éventuelle liste "gilets jaunes" pour le scrutin. Invité sur France-Inter le 4 décembre dernier, Jean-François Barnaba, "gilet jaune" de l'Indre, avait expliqué qu'il travaillait "avec une intensité et un engagement total" à une liste "gilets jaunes" aux élections européennes de mai 2019.

    Mercredi, un sondage réalisé simultanément par Ipsos révélait qu’Emmanuel Macron avait perdu 6 points d'opinion favorable dans les sondages, ne récoltant plus que 20% de jugements positifs parmi les Français, le plus bas niveau depuis le début de son quinquennat.

    L'OBS

    Européennes : le RN largement en tête des intentions de vote, devant LREM


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  • Les généraux qui ont accusé Macron de "trahison" risquent des sanctions

    Le 14 juin 2018, Emmanuel Macron en visite sur la base aérienne 721 de Rochefort, école de formation des sous-officiers de l'armée de l'air

    Les douze officiers, qui ont quitté le service actif et sont liés à la droite radicale, ont dénoncé dans des termes virulents la signature du pacte de Marrakech.

    "En décidant seul de signer ce pacte (…), vous vous rendriez coupable d'un déni de démocratie, voire de trahison à l'égard de la nation." Les termes choisis par un groupe de généraux pour critiquer le chef de l'Etat sont trop violents pour rester sans réponse : des sanctions sont envisagées, a indiqué le cabinet du ministère des Armées au site l'Opinion, lundi 17 décembre.

    La tribune des militaires a été publiée le 10 décembre dernier. Elle vise à s'opposer au pacte de Marrakech sur les migrations, un texte non contraignant dont la nature a été travestie par une frange de la droite radicale et des "gilets jaunes", suscitant nombre de "fake news" (le texte est consultable ici en français).

    Parmi les signataires, onze généraux et un colonel, qui ne sont plus en service actif mais ont toujours un devoir de réserve. On y trouve le général Antoine Martinez, animateur du site Volontaires pour la France, le général Christian Houdet, élu régional du Rassemblement national (ex-FN), le général Christian Piquemal, déjà sanctionné pour avoir organisé une manifestation anti-migrants à Calais. Mais aussi un ancien ministre de la Défense, Charles Millon, autrefois exclu de l'UDF pour s'être allié au Front national afin de conserver la présidence de la région Rhône-Alpes. Pour cette brochette de généraux et d'élus, Emmanuel Macron ne vise rien moins qu'à "effacer nos repères civilisationnels" et à "nous priver de notre patrie charnelle".

    "Inadmissibles"

    "Ces propos sont inadmissibles et indignes", a commenté le cabinet de la ministre des armées auprès du journaliste Jean-Dominique Merchet, de "l'Opinion" :

    "Les généraux qui ont signé ce texte sortent du devoir de réserve auquel ils sont soumis. Ce devoir de réserve les oblige et ce d'autant plus (…) qu'ils incarnent le sommet de la hiérarchie militaire, c'est-à-dire qu'ils ont la charge de montrer l'exemple."

    Et d'ajouter :

    "Ils s'exposent de ce fait à des sanctions disciplinaires, dont nous apprécierons l'opportunité dans les jours à venir."

    L'OBS


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    Ajoutée le 19 déc. 2018

    Edouard de Mareschal (Figaro),

    Pierre Vermeren (historien, spécialiste du Maghreb),


    Didier Leschi (Office français de l’immigration et de l’intégration)

    décryptent le pacte de Marrakech .
    Une émission présentée par Vincent Roux.

     

    Un peu long mais très intéressant ! Je l'ai écouté en entier !


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  • En attendant Castaner, les syndicats de policiers maintiennent la pression

    © 144322332/franz massard - Fotolia Depuis le début de l'année, «71 suicides ont frappé les forces de l'ordre».

    Alliance et Unité-SGP-FO ont appelé à «fermer les commissariats» ce mercredi alors que trois organisations syndicales doivent rencontrer en fin d'après-midi le ministre de l'Intérieur pour trouver une issue à la colère des forces de l'ordre, qui concerne notamment le sort de 22 millions d'heures supplémentaires non rémunérées.

    À la colère des «gilets jaunes» s'ajoute désormais celle des uniformes bleus des forces de l'ordre. Alors que deux syndicats de policiers ont appelé à une opération «fermons les commissariats» pour ce mercredi, une réunion doit avoir lieu en fin d'après-midi au ministère de l'Intérieur entre Christophe Castaner et les trois organisations syndicales représentatives chez les gradés et gardiens de la paix: Alliance, Unité-SGP-FO et Unsa-Police. Une précédente réunion, mardi soir, s'était achevée sans résultat après trois heures de discussion. «Nous sommes au point mort, nous attendons les propositions du ministre», a confié ce mercredi au Figaro Frédéric Lagache, secrétaire général adjoint du syndicat Alliance Police Nationale.

    L'opération «Fermons les commissariats» ne s'apparente pas à un blocage complet des services de police sur le territoire, Alliance suivi par Unité-SGP-FO appelant «tous les policiers de France de ne sortir que sur appel». «Tous les commissariats sont concernés par cette opération», a précisé Frédéric Lagache, tout en ajoutant bien que les urgences étaient prises en charge. Contacté par Le Figaro, le ministère de l'Intérieur n'a pas encore pu confirmer l'étendue de ces blocages. Cette «journée noire pour la police» a pris une forme légèrement différente dans les aéroports de Roissy et d'Orly en région parisienne. Pour soutenir leurs collègues, les agents de la Police aux frontières y appliquent un contrôle particulièrement scrupuleux des passeports, engendrant selon l'AFP de longues files d'attente et certains retards ce mercredi, notamment aux arrivées des terminaux 1 et 2 de Roissy. 

    Le chantier des heures supplémentaires

    Les syndicats de policiers, renforcés par des taux de participation particulièrement élevés lors des élections professionnelles qui se sont tenues début décembre, dénoncent l'épuisement des forces de l'ordre et leur manque de moyens, encore accrus par un contexte sécuritaire particulièrement dense entre les actions des «gilets jaunes» et l'attentat de Strasbourg. Une situation de crise qui a d'ores et déjà poussé le gouvernement à réagir. Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a annoncé vouloir s'atteler au chantier des 21,82 millions d'heures supplémentaires effectuées par les forces de l'ordre, mais qui n'ont été ni récupérées comme le voudrait le principe, ni rémunérées. Son secrétaire d'État, Laurent Nuñez, a annoncé ce mercredi sur RMC la mise en place d'un «calendrier» pour financer cet ensemble d'heures qui représentent 274 millions d'euros. C'est l'un des enjeux des négociations avec les syndicats.

    Une autre question porte sur la prime exceptionnelle de 300 euros destinée aux policiers et gendarmes mobilisés pour les «gilets jaunes». Celle-ci a été incluse dans un amendement adopté dans la nuit de mardi à mercredi par l'Assemblée nationale qui examine actuellement le projet de loi de finances pour 2019, lequel doit prévoit normalement une diminution de 62 millions d'euros d'investissements pour le budget de la sécurité. Laurent Nuñez a évoqué comme «base de départ» le chiffre de 111.000 agents qui pourraient toucher cette somme pour un coût total de 33 millions d'euros, un chiffre jugé trop bas par les organisations syndicales.

    Le Figaro.fr


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  • Que contient (ou non) le pacte de Marrakech sur les migrations ?

    © Mosa'ab Elshamy / AP Louise Arbour, représentante spéciale de l’ONU pour les migrations, lundi 10 décembre à Marrakech (Maroc)

    Un texte international sur les migrations, approuvé formellement lundi 10 décembre à Marrakech (Maroc), suscite de nombreuses incompréhensions.

    Qu’est-ce qui a été approuvé à Marrakech ?

    Le pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières a été approuvé lundi lors d’une conférence intergouvernementale organisée par l’Organisation des Nations unies (ONU) à Marrakech (Maroc) en présence de représentants de près de 160 pays.

    Ni vote ni signature n’étaient au programme de ce rendez-vous qui se tient jusqu’à mardi. Une simple proclamation orale suivie d’un coup de marteau a servi d’approbation formelle. Le texte, qui a déjà été approuvé en juillet, doit encore être ratifié mercredi 19 décembre lors de l’Assemblée générale des Nations unies.

    Que contient ce pacte sur les migrations ?

    Il s’agit d’un document de quarante et une pages, qui fixe vingt-trois objectifs pour « améliorer la coopération en matière de migrations internationales », accompagnés de mécanismes de suivi des mesures à toutes les étapes :

    mieux connaître les flux au moyen de collectes de données précises ;

    en amont, lutter contre les « facteurs négatifs et les problèmes structurels » qui poussent les individus à quitter leur pays ;

    rendre plus accessibles les filières légales de migration, fournir des preuves d’identité à chacun, « veiller à l’invariabilité et à la prévisibilité des procédures migratoires » ;

    rendre les périples migratoires moins dangereux, « sauver des vies » par une action internationale coordonnée, lutter contre les passeurs et la traite des personnes ;

    mieux gérer les frontières, limiter le recours à la rétention administrative, renforcer la coopération consulaire ;

    une fois les migrants arrivés dans un pays, leur assurer des services de base, les moyens de s’intégrer, reconnaître leurs qualifications et éliminer toutes les discriminations ;

    permettre aux migrants de contribuer au développement de leur pays d’origine, simplifier les envois de fonds, faciliter leur retour en assurant la portabilité de leurs droits.

    Mais, dès le préambule, le pacte précise qu’il établit « un cadre de coopération juridiquement non contraignant, qui repose sur les engagements convenus par les Etats membres » et qu’il « respecte la souveraineté des Etats et les obligations que leur fait le droit international ». Concrètement, cela signifie que chaque pays, même s’il signe ce texte, pourra continuer de facto à mener une politique qui y est contraire sans encourir aucune sanction.

    Qu’est-ce qu’il ne contient pas ?

    Le sujet des migrations internationales est brûlant, et provoque de nombreuses controverses dans les sociétés occidentales. Raison pour laquelle l’existence de ce pacte a suscité énormément de désinformation et de manipulations politiques. Les leaders populistes comme les nombreux groupes de « gilets jaunes » ont multiplié ces derniers jours les diatribes contre ce texte, qui ferait venir des centaines de milliers, voire des « dizaines de millions », de migrants.

    Il serait interminable de lister toutes les intox, mais il est régulièrement reproché à ce texte :

     

    « d’être un préalable à un afflux massif de réfugiés » : à aucun moment le texte n’oblige un pays à ouvrir ses frontières ou ne formule de quotas de migrations obligatoires. Il ne vise pas non plus à créer un « appel d’air » mondial, ou un droit opposable à l’immigration, comme le déplore Eric Ciotti dans Le Figaro, mais plutôt à prendre en compte la réalité actuelle pour mieux l’accompagner ;

     

    « de mettre en place une censure de la presse » : le député Les Républicains des Alpes-Maritimes craint aussi une « censure de la presse » sur les questions migratoires. En réalité, le pacte invite à « promouvoir une information indépendante, objective et de qualité, y compris sur Internet » (objectif flou mais louable), et à « cesser de subventionner les médias qui propagent systématiquement l’intolérance, la xénophobie, le racisme et les autres formes de discrimination envers les migrants, dans le plein respect de la liberté de la presse » ;

    « d’organiser le remplacement des travailleurs » : pour certains responsables d’extrême droite, comme le député européen Bernard Monot, le pacte recommande le « remplacement des Européens par des migrants » et favorise l’arrivée de travailleurs immigrés « payés un euro l’heure ». Le texte dit justement l’inverse, puisqu’il appelle à faciliter l’accès des migrants à un travail décent et à l’économie formelle ;

    « brader la souveraineté française » : plusieurs sites et publications s’alarment sur le risque de « vendre la France à l’ONU ». Ils opèrent un amalgame entre deux actualités : le pacte des migrations, sous l’égide de l’ONU, et une suggestion, formulée par le vice-chancelier allemand fin novembre, consistant à transférer à l’Union européenne le droit de veto français au Conseil de sécurité. Mais cette dernière idée n’a rien d’officiel et ne risque pas de voir le jour. Et, à aucun moment, la souveraineté des pays n’est remise en question par le pacte des migrations.

    A quoi sert un texte non contraignant ?

    Il s’agit d’un instrument de soft law, que l’on peut traduire par « droit souple » ou « droit mou » : un texte qui ne s’accompagne pas de contraintes, mais qui a une valeur symbolique, en fixant des recommandations pour changer les comportements.

    L’accord de Paris sur le climat a lui aussi une forme non contraignante de « soft law »

    Ce n’est pas nouveau : le principe, qui date des années 1930, est très utilisé dans le droit international, lorsqu’il est compliqué d’obtenir un accord entre des pays aux objectifs divers et qui ne veulent pas céder une partie de leur souveraineté. Il sert alors de « substitut au droit dur », comme l’explique un rapport du Conseil d’Etat de 2013. L’accord de Paris sur le climat, signé en 2015, a lui aussi une forme non contraignante de soft law dans la mesure où aucune sanction n’y est associée.

    Le pacte sur les migrations devrait-il être soumis au vote du Parlement ou à un référendum ? Rien ne l’oblige, comme l’explique le constitutionnaliste Didier Maus, interrogé par CheckNews, le service de vérification d’informations de Libération : il ne s’agit pas d’un traité de paix ou de commerce, il n’engage pas les finances de l’Etat, ne modifie pas la loi ni les contours du territoire national. Inversement, rien n’empêche le gouvernement de présenter ce texte devant l’Assemblée nationale, voire de le soumettre au vote.

    Finalement, qui a adopté ce pacte ?

    Première précision : le 19 décembre, ce n’est pas à Marrakech que le pacte sera signé, mais à New York. Pour la France, ce n’est pas non plus Emmanuel Macron qui s’est déplacé au Maroc le 10 décembre, mais le secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne.

    Approuvé en juillet 2018 à New York par l’ensemble des membres de l’ONU, à l’exception des Etats-Unis

    Au total, selon l’Agence France-Presse (AFP), 159 pays sur 193 étaient représentés pour l’adoption de ce pacte, qui avait été approuvé en juillet 2018 à New York par l’ensemble des membres de l’ONU, à l’exception notable des Etats-Unis. Donald Trump s’était en effet retiré dès décembre 2017 de l’élaboration de ce texte, contraire à sa politique d’immigration et à sa volonté de s’éloigner de toute gouvernance mondiale.

    Plus récemment, au moins neuf pays se sont retirés du processus : Autriche, Australie, Chili, République tchèque, République dominicaine, Hongrie, Lettonie, Pologne et Slovaquie.

    Selon Louise Arbour, représentante spéciale de l’ONU pour les migrations, plusieurs autres pays ont demandé à organiser des consultations internes : Bulgarie, Estonie, Israël, Italie, Slovénie et Suisse. En Belgique, la décision du premier ministre, Charles Michel, de se rendre à Marrakech a suscité une crise politique et brisé la coalition avec les nationalistes flamands de la N-VA.

    Par ailleurs, le Brésil va se retirer du pacte une fois que le président élu d’extrême droite Jair Bolsonaro prendra ses fonctions, le 1er janvier, a annoncé son futur chef de la diplomatie.

    Le Monde.fr.

    C'est tout de même un peu pour faciliter l'arrivée des migrants !


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