• Terrorisme: le Conseil constitutionnel censure la surveillance des proches de suspects

    Le Conseil constitutionnel a censuré une disposition portant sur la surveillance électronique en temps réel de l'entourage de personnes suspectées d'être en lien avec une activité terroriste, dans une décision rendue ce vendredi.

    Les Sages répondaient à une Question prioritaire de constitutionnalité (QPC) posée par plusieurs associations qui estimaient que des pouvoirs élargis accordés aux services de renseignement par une loi de juillet 2016 violent le droit au respect de la vie privée, garanti par la Constitution.

    La procédure vise la loi du 21 juillet 2016, qui a prolongé l'état d'urgence mais aussi durci la loi renseignement datant de juillet 2015 en matière de surveillance électronique en temps réel de personnes suspectées d'être "en lien avec une menace" terroriste.

    Atteinte au droit à la vie privée

    Ces nouvelles dispositions portaient la durée de surveillance à quatre mois et permettaient de viser également l'entourage des personnes concernées soupçonnées d'activités terroristes.

    Le Conseil constitutionnel a validé dans sa décision de vendredi l'autorisation de quatre mois renouvelable, mais jugé contraire à la Constitution la surveillance électronique en temps réel de l'entourage, vue comme une atteinte au droit à la vie privée, expliquent les Sages dans un communiqué.

    "C'est une décision qui va dans le bon sens", a réagi dans un communiqué Me Patrice Spinosi, l'un des avocats qui avait soulevé la QPC.

    "Alerte pour le gouvernement"

    "Elle sonne comme une alerte pour le gouvernement. Le Conseil constitutionnel fait clairement entendre que ce n'est pas parce ce qu'il a déjà validé un dispositif répressif qu'il hésitera à le censurer s'il vient à changer et si les garanties qui étaient initialement prévues ont été supprimées", a-t-il ajouté.

    La Quadrature du Net, qui avait saisi le Conseil d'Etat avec French Data Network et avec la Fédération des fournisseurs d'accès à internet associatifs, estimait que les nouvelles dispositions équivalaient à un basculement dans "la surveillance de masse".

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    Ce sont "potentiellement plusieurs dizaines, voire centaines de milliers de personnes qui sont directement concernées" par le nouveau dispositif, bien plus que les 11 700 personnes déjà "fichées S" pour des liens avec l'islam radical, avait jugé l'ONG de défense des droits et libertés sur internet.

    L'Express


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  • Mayotte, un département français sous pression migratoire extrême

    Alors que le premier ministre Édouard Philippe a présenté mercredi un plan pour faire face aux migrations, zoom sur la situation à Mayotte, où 40% de la population est étrangère.

    Le sujet est revenu dans l'actualité le mois dernier, à la faveur du mauvais mot du président Emmanuel Macron. «Le kwassa-kwassa pêche peu», lance-t-il lors d'un déplacement dans le Morbihan, en référence à ces petites embarcations de pêche typiquement comoriennes. «Il amène du Comorien, c'est différent», tente-t-il. La blague est de mauvais goût, mais elle reflète une forme de réalité. Mayotte, 101e département français depuis mars 2011, est littéralement submergé par l'immigration clandestine. Une situation qui passe sous les radars, puisque cette immigration n'est pas prise en compte dans le décompte national, pointe Mayotte 1ère.

    Les chiffres de l'Insee sont éloquents. En 2015, 41% des adultes étaient de nationalité étrangère sur cette petite île française de 230.000 habitants, située à l'ouest de Madagascar. Un record absolu qui place Mayotte devant la Guyane. Cette proportion est particulièrement importante parmi les 25-34 ans, où les étrangers représentaient 52% de la population. Et parmi ces étrangers, la moitié étaient des migrants illégaux. Ils viennent pour l'essentiel des Comores, un archipel dont est issu Mayotte, et qui n'a jamais reconnu le rattachement de l'île à la France. 

     

    Tensions intercommunautaires

    Les migrants tentent la traversée à bord de frêles kwassa-kwassa, ce qui provoque des accidents parfois mortels. De nombreuses femmes enceintes tentent la traversée dans l'espoir que leur enfant naisse français. À Mamoudzou, la plus grande ville de Mayotte qui concentre l'ensemble des structures administratives et politiques, la maternité est totalement saturée. Elle prend en charge 12.000 naissances par an, un record pour l'Europe. Or, les deux tiers des mères de ces enfants sont en situation irrégulière. En 2015, la préfecture de Mayotte a effectué près de 19.000 reconduites à la frontière, et intercepté près de 9900 passagers de kwassas.

    Parallèlement, le solde migratoire est négatif sur l'île. En effet, la moitié des jeunes nés à Mayotte émigrent vers la métropole et, dans une moindre mesure, vers la Réunion. Un mouvement qui «contribue également à transformer et recomposer la population de Mayotte», explique l'Insee dans son rapport de mars 2017.

    La situation génère des tensions intercommunautaires sur l'île. L'ampleur de l'immigration clandestine exaspère les Mahorais. Entre décembre 2015 et juin 2016, ils ont multiplié les «décasages», raids au cours desquels ils chassent les migrants de leurs logis. Les manifestants accusent les Comoriens de vols, de violences, et d'être responsables de la saturation des écoles et des hôpitaux de l'île.

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    Cette série de débordements, accompagnée la même année d'une grêve générale contre la vie chère, la pauvreté et le chômage de masse (19%), a poussé le gouvernement français à débloquer un plan d'urgence pour le 101e département français. Sur le volet sécuritaire, il s'est traduit par le renforcement des brigades nautiques, le recrutement de quinze policiers de proximité, l'envoi de plus de 160 policiers et gendarmes sur l'île et la création d'une antenne du GIGN composée de 30 militaires. Le calme est depuis revenu, mais il reste fragile. En octobre dernier, le général Richard Lizurey faisait part de son «inquiétude». Devant la commission de la défense de la précédente législature, le directeur de la gendarmerie nationale annonçait «des renforts massifs en vue d'événements majeurs».

    Le  Figaro

    Environ 99 % de la population de l'Union des Comores est musulmane, essentiellement

    Je pense à la chanson de Guy Béart : C'est la merde !


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  • Edouard Philippe dramatise et prépare les esprits à une politique de rigueur

    Edouard Philippe a déploré jeudi après-midi l'état des finances publiques dans des termes forts, après la remise d'un rapport de la Cour des comptes sévère avec la gestion Hollande. Cette allocution préfigure son discours de politique générale et l'action de son gouvernement.

     

    En prenant la parole à l'Hôtel Matignon ce jeudi après la publication d'un rapport de la Cour des comptes consacré sur la situation jugée préoccupante des finances publiques, le Premier ministre a déclaré, définitif: "Nous héritons d'un dérapage de plus de 8 milliards d'euros. C'est inacceptable". Edouard Philippe a poursuivi: "C'est comme si le gouvernement précédent avait construit un budget en oubliant celui de la justice. C'est presque trois fois le budget de la culture. Huit milliards d'euros de promesses non financées. Huit milliards d'euros de chèques en bois." il s'agit donc d'une attaque en règle contre l'exécutif précédent, alors même que celui qui l'a nommé Premier ministre, Emmanuel Macron, en avait été le ministre de l'Economie, entre le 26 août 2014 et le 30 août 2016. 

    Un dernier filage avant le discours de politique générale

    Cette allocution permet d'ailleurs au Premier ministre de reprendre la main, depuis mercredi et l'annonce de la réunion du Congrès lundi prochain à Versailles pour un discours d'Emmanuel Macron, un jour avant le discours de politique générale du chef du gouvernement prévu lui mardi. A n'en pas douter, ces quelques mots d'Edouard Philippe livrent la couleur du contenu qu'il présentera aux parlementaires lors de ce rendez-vous à l'Assemblée nationale, où il viendra requérir la confiance d'une majorité de députés. 

    "Dès mardi, lors de ma déclaration de politique générale, puis au cours du mois de juillet pendant le débat d'orientation des finances publiques, j'aurai l'occasion de préciser au Parlement notre stratégie de redressement des comptes publics", a-t-il d'ailleurs dévoilé. 

    Le Premier ministre entend faire des économies

    Au-delà, Edouard Philippe n'a pas hésité à dramatiser l'état des finances du pays, s'adressant directement aux Français dans une note personnelle: "Je souhaiterais que les Français mesurent l'ampleur de ce dérapage. (…) Nous n'avons pas le droit de faire cela à nos enfants, il ne leur revient pas de payer cette note". En écartant la possibilité d'éponger la note par l'impôt, le Premier ministre prépare les esprits à des mesures de rigueur: "Nous nous engageons à contenir le déficit à 3% (du PIB) dès cette année. Nous ne le ferons pas en augmentant les impôts, nous le ferons par des mesures d'économies".  

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    Afin de justifier ses options, Edouard Philippe a prévenu que la dette mettait en péril "la souveraineté nationale". Visiblement, il s'agit d'un argument destiné à diriger le discours du gouvernement. Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, dans un entretien diffusé vendredi dernier par Le Figaro, avait fait de la maîtrise des déficits la "condition de notre souveraineté". 

    BFM.TV

    C'est une façon d'attaquer macaron, ministre de l'économie sous hollande. Une petite vengeance sur le fait que macaron va parler à Versailles un jour avant lui !


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  • Code du travail : la réforme pour la première fois devant les ministres mercredi

    La noire, c'est la gabonnaise qui Nique la France !

    La réforme du Code du travail passe à la vitesse supérieure. Le texte va faire un premier passage devant le Conseil des ministres, ce mercredi, avec l'examen du projet de loi d'habilitation à prendre des ordonnances.

    Au menu: la place de l'accord d'entreprise, le contrat de chantier ou encore le changement de modalités du licenciement. «Nous voulons aller vite», rappelait Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, dans les colonnes du JDD. Avant d'ajouter: «Les mesures adoptées feront l'objet d'une application immédiate».

    Promesse de campagne du candidat Emmanuel Macron, la réforme du Code du travail comprend plusieurs «points sensibles» aux yeux des syndicats: l'assouplissement des licenciements économiques, le plafonnement des indemnités prud'homales, la fusion des instances représentatives du personnel et l'inversion de la «hiérarchie des normes» avec une place centrale pour l'accord d'entreprise. En cause, la complexité et la rigidité du droit du travail sont des arguments mis en avant pour motiver la réforme en cours.

     

    Un véritable marathon jusqu'au 20 septembre

    Pour ménager les organisations patronales - et surtout syndicales - les concertations ayant débuté le 9 juin vont se poursuivre avec les partenaires sociaux. Le premier round portait sur l'articulation entre la convention de branche et l'accord d'entreprise. Depuis ce lundi et jusqu'au 7 juillet, les discussions vont porter sur la «simplification et le renforcement du dialogue social». Enfin, le troisième thème - sécurisation des relations au travail - sera abordé du 10 au 21 juillet.

    Mais d'ici là, la réforme va poursuivre son parcours parlementaire. Après l'examen en conseil des ministres du projet de loi d'habilitation à réformer par ordonnances, le texte sera examiné au Parlement du 24 au 28 juillet. Les ordonnances elles-mêmes doivent être envoyées d'ici fin août au Conseil d'Etat avant une adoption en Conseil des ministres d'ici le 20 septembre.

     

    Le Code du travail n'est pas le seul frein à l'embauche

    Dans une récente étude - menée sur les six derniers mois auprès de 10.000 entreprises - l'Insee a cherché à savoir quels étaient les principaux freins à l'embauche de salariés en CDI et en CDD de longue durée. Selon cette étude, près de 30% des entreprises ont des difficultés à recruter. Et surtout, près de la moitié d'entre elles (47%) disent être confrontées à des barrières qui les empêchent d'embaucher.

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    Pour 28% des entreprises, c'est le manque de visibilité sur leur carnet de commande, sur l'évolution de leur activité dans les mois à venir, qui les rend réticentes à embaucher. Deuxième cause mise en avant: les problèmes de main d'œuvre. 27% des entreprises disent en effet avoir des difficultés à trouver du personnel qualifié. Un constat que font particulièrement les entreprises du BTP. La troisième cause est le coût du travail. Les cotisations sociales et le niveau des salaires sont notamment un frein à l'embauche pour 23% des entreprises. Quant au Code du travail et aux barrières liées à la règlementation, il arrive en quatrième position des freins à l'embauche: il est mentionné par 18% des entreprises qui évoquent notamment les risques juridiques autour du licenciement mais aussi les incertitudes liées aux changements de législation. Autant de pistes à explorer pour Emmanuel Macron, qui a promis de réduire le taux de chômage à 7% en 2022.

    Le Figaro


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  • Législatives 2017 : Najat Vallaud-Belkacem battue et en "pause", son mari élu !

    Pour le couple, la soirée était mitigée...

    Une défaite et une victoire... Dimanche 18 juin 2017, le second tour des élections législatives a été cruel avec le clan Vallaud-Belkacem. L'ex-ministre de l'Éducation nationale a été battue alors que son époux Boris a remporté un siège pour la première fois de sa carrière.


    Avec seulement 39,68% des voix contre 60,32% pour son adversaire Bruno Bonnell (La République en marche), Najat Vallaud-Belkacem (Parti socialiste) rate donc l'opportunité de siéger à l'Assemblée nationale. L'ancienne ministre de 39 ans, soutenue pendant le second tour par des poids lourds de la gauche comme Anne Hidalgo ou Christiane Taubira, n'a donc pas réussi à l'emporter dans sa circonscription de Villeurbanne et son émotion était palpable. "Après six ans d'une vie publique et d'efforts considérables, c'est une pause qui m'attend. (...) Ce n'était pas l'objectif qui était fixé, mais je n'en ignore pas les avantages : retrouver ma famille, me retrouver", a-t-elle déclaré.

    Najat Vallaud-Belkacem, désormais sans aucun mandat d'élue, va pouvoir passer davantage de temps avec ses enfants, les jumeaux Louis et Nour, nés en 2008. Il faut dire que dans le même temps, son mari Boris, ancien secrétaire général adjoint de l'Élysée, affrontait sa première élection sous la bannière du Parti socialiste, et il a été élu de justesse dans les Landes avec 50,75% des voix, contre Jean-Pierre Steiner de La République en marche, à 49,25% des voix.

    Thomas Montet - Pure people

    Contente que cette cinglée prétentieuse ait été battue !


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  • Richard Ferrand va quitter le gouvernement pour prendre la tête du groupe LREM à l'Assemblée

    Le ministre de la Cohésion des Territoires va "briguer" la tête du groupe LREM à l'Assemblée nationale, selon l'entourage du président.

    Selon son entourage, Emmanuel Macron a demandé lundi à Richard Ferrand de démissionner du gouvernement. Le ministre de la Cohésion des Territoires a accepté. Il doit prendre la tête du groupe La République en marche à l'Assemblée nationale en "sa qualité d'homme de confiance et d'efficacité pour faire vivre le groupe le plus important de la cinquième République", dit-on à l'Elysée.

    Pas moins de 350 députés LREM/Modem ont été élus à l'issue du second tour des Législatives. Richard Ferrand a été réélu dimanche avec 56,53% des voix dans la VIe circonscription du Finistère, selon des résultats définitifs fournis par la préfecture. Un résultat confortable mais toutefois en-dessous de son score de 2012 (58%).

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    Richard Ferrand, qui n'est pour l'heure pas mis en examen, est pris dans une tourmente judiciaire depuis quelques semaines. Certains veulent voir dans ce remaniement une forme de sanction.

    BFM.TV


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  • Édouard Philippe en visite dans le Gard: Collard saisit le parquet financier

    Gilbert Collard soupçonne le Premier ministre d'avoir utilisé les moyens de l'Etat lors de sa visite dans le Gard en soutien aux candidats LREM. Matignon nie en bloc.

    Dans le Gard, la campagne est très apaisée. Gilbert Collard (FN) a annoncé avoir saisi jeudi le parquet financier et la commission nationale des comptes de campagne à propos de la visite du Premier ministre pour soutenir son adversaire REM Marie Sara, Matignon se défendant de toute "utilisation des moyens de l'Etat".

    Lors d'une conférence de presse commune avec le maire pro-FN de Béziers (Hérault) Robert Ménard, le député Front national sortant de la 2e circonscription du Gard a annoncé ces recours et fustigé la visite prévue jeudi à Aigues-Mortes d'Edouard Philippe, venu soutenir l'ex-torera Marie Sara (REM), qui espère conquérir le siège de Gilbert Collard lors du second tour des législatives dimanche.

    Matignon jure que l'avion a été loué par En Marche!

    "Gilbert Collard saisit le parquet financier et la Commission nationale des comptes de campagne", a ensuite écrit le député sortant dans un communiqué, après avoir précisé par SMS qu'un "courrier" en ce sens était "parti ce jour". "Le Premier ministre vient ce jour soutenir la candidate socialiste En Marche! sur la deuxième circonscription du Gard", poursuit-il dans le communiqué.

    "Il est inacceptable en pleine période dite de la moralisation de la vie politique qu'un Premier ministre utilise les moyens de l'État à des fins électorales." "Outre qu'un Premier ministre est payé pour remplir ses fonctions à plein temps, il n'a pas le droit de détourner les aides attachées à sa fonction pour se transformer en prospectus ambulant payé par le contribuable", ajoute le député sortant, opposé à l'ex-torera dans un duel à l'issue incertaine.

    Sollicité, Matignon a précisé qu'Edouard Philippe était venu dans le Gard avec un "petit avion loué par En Marche!", précisant qu'il n'y avait "pas d'utilisation des moyens de l'État pour les déplacements (de soutien aux candidats) aux législatives". "L'intégralité (des frais) de déplacement du Premier ministre ont été pris en charge par le mouvement", a confirmé le mouvement.

    "Un véritable détournement de fonds publics"

    Outre la question des frais de déplacement, Gilbert Collard demande également de "vérifier si M. Edouard Philippe a déduit de sa rémunération ministérielle le temps consacré à la campagne électorale de Mme Marie Sara". Il évoque aussi "l'usage des moyens de l'État" et la mobilisation de "forces de l'ordre", évoquant "un véritable détournement de fonds publics en faveur de l'élection d'une candidate appartenant au mouvement politique du Premier ministre, dont elle est recéleuse".

    Dans la 2e circonscription du Gard, Gilbert Collard et Marie Sara se livrent une bataille sans merci pour les reports de voix et les abstentionnistes. Au premier tour, Gilbert Collard a devancé Marie Sara de 48 voix avec 13.991 suffrages enregistrés (32,27% des voix exprimées) et un taux d'abstention de 50,24% dans la circonscription.

    L'Express


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  • Affaire Bayrou : Le retour de la vieille politique

    Le ministre de la Justice, François Bayrou, a appelé la cellule d'investigation de Radio France qui enquête sur les soupçons d'emplois fictifs de certains membres du MoDem. Jacky Isabello dénonce l'attitude du ministre et analyse sa stratégie de communication.

    François Bayrou sort de son rôle lorsqu'il appelle une rédaction afin de l'inciter à cesser ses investigations. Comme le rappelle Le Figaro : «quelle ne fut pas la surprise du directeur de la cellule d'investigation de Radio France, mercredi 7 juin lorsqu'il a reçu l'appel du ministre de la Justice, François Bayrou . Le fondateur du MoDem était furieux d'une enquête journalistique en cours visant des membres de son parti, à la suite des soupçons d'emplois fictifs au Parlement européen, qui ont donné lieu à l'ouverture d'une enquête préliminaire.». Et par ce simple débordement, qui pourrait s'apparenter à un excès de pouvoir, il commet une très grave erreur de communication, mais aussi des fautes politiques. En effet, le remède qu'il pense utiliser pour éteindre l'inflammation a des effets secondaires, celui d'amplifier le mal. Pire encore, son attitude provoque ce que les spécialistes de l'urgence et des catastrophes appellent le suraccident. D'une part ce qu'il a fait est contraire à ce qu'un ministre peut s'autoriser.

    D'autre part c'est inepte ; comment croire qu'un journaliste, de surcroît dans la cellule investigation d'une grande radio nationale, pourrait cesser tout travail de recherche. Enfin il agit comme un garde… un peu sot, puisque son action attire la lumière sur son cas. L'esprit de corporatisme qui anime, à juste titre, les journalistes n'a d'égal que l'indépendance consubstantielle à la détention d'une carte de presse. Je parlais de suraccident puisqu'il met de surcroît son poste en danger. Lorsque le chef du gouvernement Édouard Philippe rappelle en personne le ministre de la Justice aux impératifs de sa fonction, et ajoute sur l'antenne de France Info : «Le truc est assez simple, quand on est ministre on ne peut réagir comme quand on est un simple citoyen. Je comprends parfaitement que l'homme Bayrou ait été agacé, peut-être par la manière dont les questions ont été posées, avec beaucoup de pression, et à des gens qui ne s'y attendaient pas. Je peux parfaitement comprendre ça, et je pense que l'ensemble des Français peuvent comprendre ça… Mais il se trouve que lorsqu'on est ministre, on n'est plus simplement un homme animé par ses passions, ses humeurs ou son indignation.» Les oreilles doivent vous siffler et la raison vous ramener à vous ressaisir. L'avertissement du Premier ministre est limpide. S'il devait réitérer, Bayrou serait révoqué ad nutum ; cette expression latine caractérise le fait que celui qui a confié un mandat à une autre personne, est en droit retirer les pouvoirs qu'il lui a confiés sans avoir à justifier des motifs de ce retrait, ni observer un préavis.

    Une faute de communication doublée d'une faute politique

    S'il est clair que le Garde des Sceaux, sans jeu de mots cette fois, a perdu son sang-froid, il faut comprendre qu'il se blesse politiquement car il donne des cartes à ses opposants. Certes ils seront peu dans l'hémicycle mais sans doute deux fois plus féroces. Ces derniers ont désormais prise sur lui. Ils ont compris que M. Bayrou se sent menacé. De cet avantage tactique ils pourront tirer bénéfice et pousser leurs pions lorsqu'il s'agira de travailler le texte sur la moralisation de la vie politique et publique une fois aboutie sa rédaction et les détails de la réforme déposés à l'assemblée nationale. Quelle serait l'autorité du garant de l'indépendance de la justice s'il était souillé par des soupçons sur son ancienne vie de chef de parti sans le sou.

    Imaginez s'il s'agissait de Trump

    François Bayrou a tenté de se défendre en exposant la vision qui est la sienne de ce que peut faire ou pas la presse. Qui l'a fait roi oserais-je demander? Il précise: «Je suis un défenseur de la liberté de la presse, je l'ai été toute ma vie (…) Mais il y a aussi une autre liberté, dont les citoyens ressentent le besoin, celui de critique de la presse quand on a le sentiment de pratiques injustes». Il précise sous forme de menace: «j'étudie avec mes avocats la possibilité d'ouvrir une procédure pénale pour harcèlement». Il pourrait s'agit d'une erreur de la part d'un Garde des Sceaux de commettre une telle légèreté juridique. Quelle pourrait être la faute commise par des journalistes de poser des questions. Doublement légitimées par l'ouverture d'une enquête préliminaire par l'autorité judiciaire. La loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse qualifie très précisément les manières de mesurer les atteintes subies suite à la publication d'un article. Elle ne sanctionne nullement l'action de poser des questions. S'il s'agissait de Donald Trump que ne lirions-nous pas sur une telle tentative de museler la démocratie et par là même sa corde vocale la plus puissante, celle de la presse. Enfin permettez un peu d'insolence et de m'interroger quant à la légitimité de M. Bayrou sur la manière dont un journaliste peut ou doit faire son travail. Aurait-elle été acceptable s'il était détenteur du maroquin de ministre de la communication, je n'en suis pas certain.

    La lune de Miel pourrait s'achever rapidement

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    Loin de nous l'idée de conseiller le Garde des sceaux ni de faire de la politique-fiction. Toutefois, il apparaît nécessaire pour le Président Macron, une fois la séquence des législatives refermées, de s'interroger sur le besoin de remettre de l'ordre dans la maison du Gouvernement Philippe I. S'il comprend l'incommensurable désir exprimé par les Français de lui donner les pouvoirs nécessaires à l'application de réformes rapides, il perçoit aussi les exigences de nos concitoyens ; qu'elles s'exprimeront promptement parmi les opinions publiques. Aussi, l'accumulation de soupçons autour de M. Ferrand, de Mme de Sarnez et de M. Bayrou provoque de multiples étincelles. De celles-ci se dégage une petite fumée qui pourrait laisser penser à la France qu'un feu brûle quelque part. Ce feu de la vieille politique dont M. Macron a juré qu'elle serait exterminée sans pitié une fois son pouvoir Jupitérien installé. Dont acte!

    Le Figaro - Jacky Isabello -

    Jacky Isabello est cofondateur de l'agence Coriolink.


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  • Richard Ferrand est-il au coeur d'une nouvelle affaire immobilière ?

    Selon Mediapart, le ministre de la Cohésion des territoires se serait enrichi en revendant une partie de sa permanence parlementaire, qu'il aurait achetée avec des fonds publics.

    Deux semaines après l'ouverture d'une enquête préliminaire, Richard Ferrand se retrouve de nouveau au coeur d'une affaire, toujours sur fond d'opération immobilière trouble.

    Cette fois, les faits remontent à septembre 2016, à une époque où l'actuel ministre de la Cohésion des territoires est député socialiste du Finistère. Selon les informations de Mediapart (article payant), ce dernier, qui est alors en partance pour le mouvement En marche !, aurait décidé de revendre une partie de sa permanence parlementaire à la fédération PS du département. Coût total de l'opération : 40 000 euros.

    Ces locaux, il les avait acquis en octobre 2012, soit quatre mois à peine après son arrivée à l’Assemblée nationale. Plutôt que de louer une permanence parlementaire, Richard Ferrand aurait préféré acheter "un rez-de-chaussée de maison à Châteaulin, deuxième ville de sa circonscription, au prix de 115 000 euros pour 130 m2 environ."

     

    Une opération "légale" mais pas éthique"

    Un emprunt lui avait alors été accordé. Mais le site s'interroge : avec quel argent l'a-t-il remboursé ? "Pour régler ses mensualités, le député Ferrand a-t-il utilisé des fonds publics, en l'occurrence son IRFM (son indemnité parlementaire pour frais de mandat) ?" Si c'est le cas, le ministre "aurait ainsi réussi une sacrée culbute : acquérir un bien immobilier avec l'aide de fonds publics, en conserver une partie à la fin de son mandat, en revendre une autre à des concurrents politiques."

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    Une opération "certes légale mais pas bien éthique." En janvier 2015, franceinfo a avait enquêté sur ces députés qui deviennent propriétaires grâce à leur indemnité de frais de mandat.

    Franceinfo

    Richard Ferrand est-il au coeur d'une nouvelle affaire immobilière ?

    On peut mettre un S à affaire !!!

    Quelle différence de traitement avec Fillon et Marine,

    mais c'est vrai que c'est le bras droit du Roi macaron !

    Richard Ferrand est-il au coeur d'une nouvelle affaire immobilière ?

    Richard Ferrand est-il au coeur d'une nouvelle affaire immobilière ?


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  • Législatives. Les six ministres qui jouent leur place au gouvernement

    Six ministres jouent leur place au sein du gouvernement ce dimanche en même temps qu'un siège au Parlement.

     

     

    En 2007, cette règle avait coûté son poste de ministre de l'Ecologie à Alain Juppé, battu à Bordeaux. Six ministres jouent leur place au sein du gouvernement ce dimanche en même temps qu’un siège de député. Lors de son tout premier conseil des ministres, Emmanuel Macron avait fait savoir, comme François Hollande et Nicolas Sarkozy avant lui, que les ministres candidats aux législatives devraient démissionner s'ils étaient battus un mois plus tard.

     

    Parmi les concernés, quatre sont candidats de la République en marche. Député sortant dans le Finistère, Richard Ferrand, ministre de la Cohésion des territoires, a vu sa campagne perturbée par l’ouverture d’une enquête préliminaire par le parquet de Brest quant à de possibles conflits d’intérêts le concernant. L’ex-socialiste fait notamment face à Gaëlle Nicolas, conseillère régionale et maire LR de Châteaulin, ainsi que Christian Troadec, conseiller départemental, maire de Carhaix et ex-leadeur des Bonnets rouges.

     

    Député sortant dans la 2e circonscription des Alpes-de-Hautes-Provence, Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement et secrétaire d'Etat en charge des relations avec le Parlement, doit composer avec un FN fort et un candidat France insoumise porté par la dynamique Mélenchon, candidat le plus plébiscité lors du premier tour de l’élection présidentielle. 

    Marielle de Sarnez, ministre chargée des Affaires européennes, est elle aussi en difficulté dans la onzième circonscription de Paris. Cette proche de François Bayrou, vice-présidente du MoDem, fait face à une candidature dissidente : celle l'ex-conseillère du MoDem et adhérente de LREM Armelle Malvoisin, qui se présente sous l’étiquette «majorité présidentielle». 

    Mounir Mahjoubi, secrétaire d'Etat au Numérique, fait partie des tombeurs potentiels de Jean-Christophe Cambadélis dans la 16e circonscription de Paris. En plus du Premier secrétaire du parti socialiste, la candidate LFI, Sarah Legrain, pourrait faire vaciller le secrétaire d’Etat, ancien président du Conseil national du numérique.

    En dehors des candidats LREMP, Annick Girardin (PRG), ministre des Outre-mer, et Bruno Le Maire (LR), patron de Bercy, sont également en sursis. La première brigue un troisième mandat de députée à Saint-Pierre-et-Miquelon. Mais les quatre candidats face à elle lui reprochent d'être revenue sur son engagement de ne plus faire partie d'un gouvernement, après avoir été successivement Secrétaire d'Etat chargée du Développement et de la Francophonie et ministre de la Fonction publique. Bruno Le Maire est lui candidat à un troisième mandat dans la première circonscription de l'Eure. Son ralliement à Emmanuel Macron lui vaut notamment une candidate Les Républicains contre lui.

    Le Parisien

    C'est 18h42, on va bientôt savoir !


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