• Cotons-tiges, pailles, gobelets... On a trouvé onze alternatives durables pour se passer de ces produits jetables

    Afin de réduire notre production de déchets, l'association Zero Waste France milite pour l'utilisation de produits réutilisables.

    Des dizaines d'éponges, des centaines de gobelets en plastique, des milliers de cotons démaquillants… Chaque année, les Français consomment d'énormes quantités de produits à usage unique qui viennent alimenter les 590 kg de déchets produits par an et par personne dans notre pays, selon l'Ademe. Il existe pourtant des alternatives simples et respectueuses de l'environnement. Selon l'organisation de la COP24, une seule paille lavable en inox permet ainsi de remplacer 540 pailles en plastique jetées tous les ans. Franceinfo a comparé ces produits jetables du quotidien avec leurs alternatives durables.

    De la salle de bain, à la cuisine, toutes les pièces de la maison peuvent être revues pour consommer moins de produits jetables et ainsi, réduire ses déchets. L'enjeu est de taille. "La manière d'agir la plus efficace sur la question des déchets, ce n'est pas le recyclage, assure Julie Sauvêtre, chef de projet de l'association Zero Waste France, à franceinfo. Ce qui nous sauvera, c'est de fermer le robinet en amont, en produisant et consommant moins de produits jetables."

    "Des investissements rentables à moyen terme"

    Pour y parvenir, des alternatives durables ont été mises au point : un gobelet en inox pour remplacer le plastique, des couches lavables pour les bébés, des cotons-tiges en bambou réutilisables, des couverts en inox pour les pique-niques, des serviettes hygiéniques lavables en coton... 

    Reste que certaines de ces alternatives peuvent avoir un coût important à l'achat par rapport à leurs versions jetables. "Ce sont des investissements qui deviennent rentables à moyen terme, insiste Julie Sauvêtre. Un coton-tige en bambou, c'est seulement le prix d'un paquet de cotons-tiges classiques, mais ça dure toute une vie !" Certains substituts peuvent même s'avérer très économiques, comme les couches lavables, bien moins onéreuses que les centaines de couches jetables nécessaires pour un bébé.

    L'association Zero Waste France insiste aussi sur l'avantage des produits durables, même lorsqu'il faut les laver fréquemment. "Les analyses de cycles de vie, de la production au déchet, montrent que les produits durables, même lavables, permettent une diminution de l'utilisation des ressources non renouvelables de l'ordre de 90%", note Julie Sauvêtre. 

    franceinfo

    Les gobelets en plastique, c'est pour ceux qui n'ont pas le courage de laver les verre !


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  •  Strasbourg: Cherif Chekatt, abattu à Neudorf, soldat de Daech

    Le tireur a été abattu à 21h par la BST de Strasbourg, rue du Lazaret à Neudorf. Le ministre de l'Intérieur vient de détailler l'opération.

     

    22h50. Le tireur de Strasbourg était un «soldat» de l’Etat islamique (agence de propagande citée par SITE).

    22h25. Christophe Castaner sur place. Les forces de l'ordre ont tenté d'interpeller le suspect "dans les règles de l'art", selon le ministre de l'Intérieur, mais ont essuyé un ou plusieurs tirs et ont été obligés de riposter.

    22h20. C'est une femme qui a donné l'alerte au 17, après avoir été abordée par le tueur.

    22h15. Roland Ries, maire de Strasbourg, se réjouit que cette "épée de Damoclès qui pesait sur la ville" ne soit plus. Cela est de nature à "favoriser un retour à la vie normale", même si "de toute façon nous avions prévu de reouvrir le marché de Noël vendredi à 11h". Selon lui, cette décision a été prise "au moment où nous ne savions pas encore ce qui allait se passer". Rappelons que le tireur a été abattu en pleine conférence de presse du ministre à 21h.

    22h12. Christophe Castaner confirme l'usage d'un hélicoptère. A 21h, un équipage de trois fonctionnaires de la police nationale ont croisé la route du suspect au 74 rue du Lazaret, qui déambulait et qui correspondait au signalement. Ils l'ont interpellé, à ce moment il s'est retourné, a fait face au fonctionnaire de police en tirant, ceux-ci ont immédiatement riposté et ont neutralisé l'assaillant.

    22h10. Il a été abattu à environ 800 mètres de la rue d'Epinal, où les forces de l'ordre ont perquisitionné mardi soir.

    21h45. Cherif Chekatt a été abattu au pistolet mitrailleur par la BST sud (Meinau-Neudorf)

    Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner tiendra un point presse à la préfecture à 22h.

    21h. Selon nos informations, le tireur a été abattu par la BST (brigade spécialisée de terrain) de Strasbourg, rue du Lazaret à Neudorf. Il avait sur lui une arme de poing et un couteau. Il aurait mis en joue les policiers. C'est lui qui aurait tiré en premier sur une voiture de police.

    Selon France Info, le suspect de l’attaque de Strasbourg de mardi soir, en plein centre-ville, s’était réfugié dans un entrepôt situé à la Plaine-des-Bouchers, dans le quartier de la Meinau non loin de Neudorf, le secteur où il a été vu pour la dernière fois après l’attentat. 

     

    Le 11 12 2018 :

    Le revolver sur le front: il abat le père mais épargne la mère, devant leurs enfants

    Après avoir froidement abattu Kamal Nagchchband, un Franco-Afghan de 45 ans, rue des Grandes-Arcades, l’assaillant a braqué l’épouse de ce dernier. Il a posé le canon de son revolver sur le front de la femme qui maintenait auprès d’elle ses trois enfants. Cherif Chekatt a crié « Allahou Akbar » mais il a épargné la mère de famille. Il a ensuite poursuivi son périple meurtrier dans les rues du centre-ville de Strasbourg.

    DNA Dernières Nouvelles d'Alsace

    Ainsi, les gilets jaunes vont pouvoir manifester samedi !!!


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  • "Tu sais ce que j’ai fait ? J’ai tué des gens !" : ce que Cherif Chekatt a dit à un chauffeur de taxi après l'attentat à Strasbourg

    Le chauffeur de taxi s'est rendu dans un commissariat de Strasbourg après avoir déposé le tireur dans le quartier du Neudorf.

    Il a croisé la route de Cherif Chekatt juste après l'attentat de Strasbourg. Mardi 11 décembre, le tireur présumé est monté dans un taxi pour quitter le centre historique où il venait d'ouvrir le feu, tuant et blessant plusieurs passants. Dans la voiture, la conversation s'engage. "Tu sais ce que j’ai fait ? J’ai tué des gens ! (...) Pour nos frères morts en Syrie", aurait déclaré Cherif Chekatt au chauffeur de taxi, selon des déclarations rapportées par une source proche de l’enquête à France 2.

    La discussion dure environ 3 minutes. "La police a perquisitionné chez moi ce matin, ils ont trouvé une grenade", poursuit l'auteur présumé de l'attentat, toujours selon le témoignage du taxi. Ce dernier s'est rendu dans un commissariat de Strasbourg après avoir déposé l'homme dans le quartier du Neudorf. Le chauffeur pense avoir la vie sauve parce qu’il est musulman et qu’il y avait des signes religieux dans sa voiture, notamment un collier de prière accroché au rétroviseur.

    Il raconte qu’il a tout de suite vu que l'homme qu'il a pris en charge était blessé au bras parce que le fugitif lui a montré sa blessure. Il dit que l’homme était très pâle et avait l’air à la fois calme et très stressé. Le chauffeur de taxi affirme aussi qu’il connaissait très bien les rues de Strasbourg mais n’avait pas l’air de trop savoir où aller. C’est le chauffeur qui l’a convaincu rapidement de sortir du taxi. La course a duré très peu de temps.

    France info


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  • "Mon frère s'est radicalisé en prison, nous l'avons signalé mais tout le monde s'en fout"

    Cherif Chekatt, suspect numéro 1 de l'attentat du marché de Noël de Strasbourg est toujours en fuite. L'homme de 29 ans se serait radicalisé en prison. Oussmane, auditeur de RMC, témoignait ce jeudi chez les GG de la difficulté de signaler aux autorités un proche radicalisé.

    Il a un nom, un visage, mais il court toujours: la chasse à l'homme se poursuit jeudi pour arrêter Cherif Chekatt, le suspect numéro 1 de l'attentat du marché de Noël de Strasbourg. La police nationale a lancé mercredi soir un appel à témoins pour retrouver l'homme le plus recherché de France, après une attaque qui a fait trois morts et une dizaine de blessés. Né à Strasbourg, Cherif Chekatt se serait radicalisé en prison, côtoyant des membres strasbourgeois de la mouvance salafiste.

    Une forme de radicalisation qu'a pu observer Oussmane, un auditeur de RMC. Son frère a passé 5 ans dans la prison de Villepinte "pour braquages, vols, agressions". C'est là qu'il s'est radicalisé.

    "Mon frère est radicalisé, il est dehors"

    "Il s'est rapproché de gens de la mouvance d'Al-Qaïda donc mon frère est sorti de prison avec plus de 80.000 euros en liquide. Lorsqu'il est rentré à la maison, il a commencé à agresser mes sœurs, à leur parler du voile. Il a commencé à presque insulter ma mère parce qu'elle faisait regarder des dessins animés à mes neveux", a-t-il raconté sur RMC.

    "Suite à ça, on a fait un signalement à la mairie et à la police et il ne s'est absolument rien passé. Tout le monde s'en fout. Au commissariat d'Epinay, ils rigolaient. Mon père a viré mon frère de la maison il y a 5 mois. Maintenant on ne sait pas où il est. Donc mon frère se balade du côté d'Epinay et de Villetaneuse, complètement radicalisé. Il parle de Ben Laden 24h/24, il justifie les attentats et il est dehors", a-t-il aussi déploré.

    RMC


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  • "Gilets jaunes" : "Je ramasse le truc, ma main explose" raconte Antoine, amputé après la manifestation à Bordeaux

    "Je regarde ma main et à la place il y a un moignon avec des lambeaux de chair qui pendent et un morceau d'os déformé", raconte Antoine au micro de France Inter lundi 10 décembre, après avoir eu la main droite arrachée par l’explosion d’une grenade qu’il a ramassée lors de la mobilisation des "gilets jaunes" à Bordeaux samedi. Ce militant de gauche, un Bayonnais de 26 ans, a été hospitalisé et amputé. Il n’a plus de main mais un moignon bandé et le haut des jambes criblés de morceaux de plastique et de métal qui pourraient avoir été causés par une grenade de type GLI-F4 (une grenade lacrymogène assourdissante qui contient une charge de TNT).

    "On lance des œufs, on se fait gazer"

    "Au début la manif se passait bien", raconte Antoine à France Inter, mais vers la place de la mairie, "les échauffourées commencent. Il y a des fumigènes, on lance des œufs, on se fait gazer. Moi, à un moment je recule parce que les charges ont commencé. Avec les gars, on se dit qu'on va se poser dans un bar à côté, se reposer les yeux. J'ai pris des bières assez fortes, mais je n'étais pas très alcoolisé", poursuit le jeune homme. Et puis, "on a décidé d’y retourner".

    Selon des journalistes de l'AFP qui ont assisté à la scène, les projectiles lancés contre les forces de l'ordre ne consistaient pas uniquement en "oeufs" et "cailloux".

    Ils ont ainsi pu voir durant ces affrontements que quelques 200 manifestants venus en découdre lançaient des pavés déterrés dans une petite rue adjacente, des fusées d'artifice, des fumigènes, de la peinture, des aérosols, des balles de plomb, des cartouches de fusil, et aussi des bombes artisanales d'acide.

    Antoine raconte : "Il y avait un feu au niveau du tram 'hôtel de ville', j'ai essayé de voir ce qui se passait et là un truc roule à mes pieds. Je n'ai pas réfléchi, je ne savais pas ce que c'était, je décide de le prendre à la main et de le relancer".

    Le truc explose, ma main explose, je ne me rends pas tout de suite compte que ma main a explosé, je pense que quelque chose m'a tapé et que la main est engourdie.

    Antoine à France Inter

    "Je cours vers les manifestants pour qu'ils s'occupent de ça mais je vois les regards horrifiés, tout le monde me dit qu'il faut aller voir les pompiers, faut aller à l'hôpital. Là, je regarde ma main et à la place il y a un moignon avec des lambeaux de chair qui pendent et un morceau d'os déformé. J'ai encore l'image dans ma tête. À partir de là, je hurle. Les manifestants ont été géniaux, ils m'ont emmené vers les pompiers le plus vite possible", ajoute le militant de gauche.

    "Dans le camion on allait très vite, on me tenait la tête pour que je ne vois pas ma main, j'ai eu qu'un vague aperçu", témoigne Antoine alors qu'une vidéo du moment où sa main est arrachée tourne sur les réseaux sociaux.

    Porter plainte pour ne plus que ça se reproduise

    Ce militant assure qu'il "n'en veut pas forcément aux flics" qui ont reçu des ordres, mais "c'est tout un système, c'est le gouvernement qui envoie des grenades sur des gamins qui lancent des œufs". Il annonce qu'il va porter plainte, "parce que pour pouvoir passer à autre chose, j'ai besoin d'un minimum de justice et savoir quelle est l'arme qui m'a fait ça et que vont-ils faire pour éviter que d'autres subissent ça."

    "C'est extraordinaire, je ne suis même pas en colère, je suis effaré, halluciné par la violence avec laquelle ils répondent à des œufs et des cailloux en face en envoyant des explosifs. Un caillou ça peut blesser si ça atterrit mal, un œuf ça peut aveugler, mais ça c'est une bombe", martèle le jeune homme. "Je lançais des œufs. Comment j'aurais pu imaginer qu'on me lancerait des grenades", insiste-t-il.

    "C'est David contre Goliath"

    "Ils ne peuvent pas nous envoyer ça dans la gueule, nous on n'est pas armés, au mieux les gars ils ont des masques à gaz ou de peinture ou des lunettes de plongée, ils se débrouillent comme ils peuvent pour s'armer contre des gens en face qui ont des gilets blindés, des casques et des matraques, des boucliers et des lance-lacrymos, des lance-grenades. Je savais qu'ils avaient des flash-ball et des lacrymos mais ça je n'imaginais même pas qu'ils avaient ça. C'est horrible", témoigne le jeune blessé.

    Au moins six autres victimes, blessées ou mutilées par des grenades pendant les premières manifestations des "gilets jaunes", souhaitent comme Antoine porter plainte. Lors du quatrième acte de mobilisation des "gilets jaunes" samedi, 264 personnes ont été blessés en France dont 39 policiers. La semaine précédente, 229 personnes ont été blessées dont 28 policiers.

    franceinfo


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  • Gilets jaunes: 400 manifestants à Bruxelles, une centaine d'arrestations

    Alors que 8.000 gilets jaunes défilent dans les rues de Paris, plus de 400 manifestants protestent à Bruxelles où le quartier des institutions européennes a été entièrement bouclé.

    Une centaine de personnes ont été arrêtées samedi à Bruxelles à l'occasion d'une manifestation de "gilets jaunes", qui réunissait environ 400 manifestants en début d'après-midi. "Il y a eu une centaine d'arrestations", dont la plupart en amont de la manifestation, lors de contrôles préventifs, a confirmé Ilse Van De Keere, porte-parole de la zone Bruxelles-Capitale-Ixelles.

    Certains "gilets jaunes" ont jeté des projectiles sur les forces de l'ordre à hauteur du quartier des institutions européennes, entièrement fermé à la circulation des véhicules et des piétons, mais la situation s'est rapidement calmée après des arrestations, a-t-elle ajouté.

    300 manifestants fin octobre

    Les manifestants défilaient en début d'après-midi sur la "petite ceinture", une autoroute urbaine qui encercle le centre historique de Bruxelles. Selon l'agence Belga, des "gilets jaunes" bloquent par ailleurs l'autoroute E17 vers Rekkem, une ville de Flandre occidentale, située près de la frontière avec la France. ,Un barrage a également été mis en place tôt ce matin sur la E40, au niveau de la frontière franco-belge, à hauteur d'Adinkerque (nord), toujours selon Belga.

    Le mouvement des "gilets jaunes", apparu en France, s'est exporté en Belgique, en particulier dans la région francophone de Wallonie. Le 30 novembre, une manifestation de 300 personnes avait dégénéré à Bruxelles, où deux véhicules de police avaient été incendiés.

    BFM.TV


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  • États-Unis : l’affaire Khashoggi, le scandale saoudien de trop pour les Républicains ?

    © Jonathan Ernst, REUTERS Le sénateur républicain Lindsay Graham parle à des journalistes le 4 décembre 2018 à la sortie d'une réunion avec la directrice de la CIA, Gina Haspel.

     

    Fait rare aux États-Unis, des voix républicaines s’élèvent pour dénoncer l’Arabie saoudite, dans le sillage de l’affaire Khashoggi. Une prise de distance avec un allié de poids de Donald Trump devenu de plus en plus embarrassant.

    Au printemps dernier, le sénateur républicain Lindsay Graham faisait des courbettes au prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane, dit MBS, lors de sa visite à Washington. Cette semaine, il figure au premier rang des républicains qui tape un lourd poing sur la table contre le jeune dirigeant. MBS est "complice du meurtre de Jamal Khashoggi au plus haut niveau possible", a affirmé Lindsay Graham, fervent supporter de Donald Trump, lui-même fervent supporter de MBS.

    Si l’affaire Khashoggi, bombe diplomatique internationale, n’a pas coûté à Riyad le soutien du président américain, elle a fissuré les rangs du parti républicain, tant lallié saoudien est devenu embarrassant.

    "Je n'ai aucun doute sur le fait que le prince héritier a ordonné le meurtre et a été maintenu au courant de la situation tout le long", a déclaré à des journalistes le sénateur Bob Corker, en sortant d'une réunion à huis clos sur les conclusions de l’enquête avec la directrice de la CIA, Gina Haspel.

    Selon des médias américains, le rapport de la CIA démontre que MBS a commandité l'assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, à Istanbul le 2 octobre. Riyad rejette catégoriquement ces accusations.

     

    De mémoire d’expert, on ne se souvient pas d’une seule autre occurrence récente lors de laquelle des membres du parti républicain se sont insurgés contre les Saoudiens. Pas même après les attentats du 11-Septembre, perpétrés par 19 jihadistes, dont 15 Saoudiens. Il fut en effet un temps pas si lointain où les républicains regardaient leurs chaussures lorsqu’un scandale impliquant l’Arabie saoudite éclatait sur la scène internationale.

     

    "Cette relation est au mieux inutile, au pire contre-productive”

    Début 2016, alors que le régime saoudien venait d’exécuter le leader chiite et opposant phare Nimr al-Nimr, condamné pour terrorisme après avoir été accusé sans preuves d'avoir prôné la violence contre l’État, les réactions des conservateurs avaient été très frileuses. “Nous devons soutenir notre allié”, avait notamment déclaré Marco Rubio, l’un des candidats républicains pour la présidentielle qui se dessinait alors.

     

    Trois ans plus tard, le contexte est différent. Au cœur des relations entre Washington et Riyad se trouve à présent le désastre de la guerre au Yémen, où l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis mènent depuis 2015 une coalition militaire, soutenue par Washington. Des dizaines de milliers de morts et une grave crise humanitaire salissent ainsi de plus en plus les mains de l'Amérique.

    “Personne ne peut regarder ce qui se passe au Yémen et penser que c’est positif”, commente Steven Cook, spécialiste Moyen-Orient et Afrique au sein du Council on Foreign Relations de New York. “Les États-Unis sont inquiets car ils ont été embarqués par Riyad dans cette mésaventure funeste, et cela ne peut que leur faire du tort.”

    Ce partenariat est ainsi une source de "problèmes inutiles” pour les États-Unis, selon Steven Cook. “Certes, les Saoudiens utilisent leur influence pour modérer les prix du pétrole, ce qui n’est pas négligeable, mais leur politique de ces dernières années n’a pas été à l’avantage des États-Unis, quoi qu’on en dise. Cette relation est au mieux inutile, au pire contre-productive.”

     

    L’assassinat de Jamal Khashoggi, un éditorialiste du Washington Post qui vivait aux États-Unis et évoluait dans les cercles washingtoniens, serait donc l’événement de trop.

    “Le sentiment d’horreur au Congrès après l’assassinat de Khashoggi est bipartisan”, estime Simon Henderson, expert au Washington Institute for Near East Policy. “Il y a une unanimité qui consiste à dire que des mesures doivent être prises envers l’Arabie saoudite si elle doit rester notre partenaire et notre alliée. Les républicains ne sont pas forcément plus pro-saoudien que les démocrates.”

     

    Le 28 novembre, lors du vote d’une résolution visant à stopper tout soutien militaire à l’Arabie saoudite dans le cadre de la guerre au Yémen, cette unanimité n’est pourtant pas paru si évidente que cela. Si les votes en faveur ont bien rassemblé des démocrates et des républicains (respectivement au nombre de 47 et 14),la totalité des 37 sénateurs qui s’y sont opposés étaient quant à eux conservateurs.

     

    Détourner l’attention

    Car, même si certains républicains se sont positionnés contre l’Arabie saoudite, la majorité restent conformes à la ligne directrice de Donald Trump, qui rappelle à l’envi l’importance du partenariat avec ce pays – ce que nombre d’éditorialistes met toutefois en doute.

     

    La photo officielle reste donc belle. L’ambassadeur saoudien à Washington, frère de MBS, vient de reprendre du service, après être rentré en Arabie saoudite lorsque l'affaire Khashoggi à éclaté. Et le ministre des Affaires étrangères Adel al-Joubeir était bien présent aux funérailles nationales de l’ancien président américain George Bush. En d’autres termes, les relations sont au beau fixe, et, semble-t-il, inchangées.

     

    Qui plus est, dans les couloirs de la Chambre des représentants, la rumeur venue du côté républicain se veut rassurante quant au scandale Khashoggi. “‘Ce genre de choses arrive tout le temps’, ‘les journalistes sont menacés de toute façon’ : voilà les phrases que j’entends", raconte Steven Cook. “Un certain nombre de membres conservateurs de la Chambre ont aussi suggéré que Jamal Khashoggi était islamiste, anti-Américain ou encore qu’il soutenait les Frères musulmans. Beaucoup de personnes essaient de détourner l’attention et un effort a clairement été fait au sein du parti républicain pour protéger les Saoudiens des critiques.”

     

    Tirer un trait sur MBS serait un déchirement pour certains membres du Congrès, estime encore l’expert. Arrivé sur le devant de la scène comme un souverain moderne avide de réformes, le prince saoudien a ébloui la classe politique américaine en accordant par exemple plus de libertés aux femmes, dont le droit de conduire une voiture. Ce partenaire de poids au Moyen-Orient coche par ailleurs plusieurs bonnes cases : opposé aux extrémismes, enclin à développer de meilleures relations avec Israël, et farouche ennemi de l’Iran. “Ce sont des points jackpot pour le Congrès. Sur ces questions-là, on ne fait pas dans la nuance”, dit encore Steven Cook.

     

    Lindsay Graham faisait partie jusqu’à récemment de ceux qui étaient éblouis. Les espoirs nourris en la personne du prince héritier n’ont fait qu’accentuer le sentiment de trahison. “Il se sent maintenant exposé car il s’est affiché aux côtés de MBS, explique encore le spécialiste. Les gens comme lui ont le sentiment d’avoir été manipulés.”

    France 24


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  • Le Gilet jaune, Éric Drouet, visé par une enquête après son appel à «rentrer» dans l'Élysée

    Mercredi soir, sur BFMTV, le Gilet jaune avait appelé à entrer d’autorité dans le palais présidentiel. Il sera prochainement convoqué par les policiers.

    « Si on arrive devant l’Élysée, on rentre dedans. […] C’est le symbole de ce gouvernement, donc oui, les gens veulent y aller. » C’est pour ces phrases prononcées mercredi soir, sur le plateau de BFMTV, qu’Éric Drouet est visé par une enquête préliminaire ouverte pour « provocation à la commission d’un crime ou d’un délit ». Les investigations ont été confiées à la police judiciaire de Versailles. Il devrait être prochainement convoqué pour être entendu.

     

    Son intervention sur BFMTV

    Les policiers cherchent à savoir si les propos tenus par ce porte-parole des Gilets jaunes, âgé de 33 ans et domicilié à Melun (Seine-et-Marne), ne sont pas une incitation à la violence contre les institutions et à l’émeute. Dès le lendemain de son intervention télévisée, Éric Drouet a assumé sa sortie sur sa page Facebook : « Vous trouvez que j’ai été trop trash en disant qu’on irais à l’élysse (sic) ».

     

    À l’initiative du premier appel à manifester

    Avant de finalement se reprendre ce vendredi matin, sentant probablement que ses paroles pouvaient tomber sous le coup de la loi. « Nous allons aller sur le périphérique pour leur montrer que les casseurs viennent d’eux, nuance ainsi le chauffeur routier, passionné d’automobile. Si une institution, un monument, un magasin est pris pour cible, ça ne sera pas les Gilets jaunes. Ce sont les forces de l’ordre qui créé le ko (sic), là ils seront tout seul » !

    Les explications d’Éric Drouet sur Facebook 

    Dans une note du 29 octobre, le Service central du renseignement territorial (SCRT) notait que le trentenaire, père de famille, était l’un des huit administrateurs de la page Facebook appelant au tout premier rassemblement des Gilets jaunes. « Le contenu du profil des créateurs de l’événement est pour l’essentiel à caractère familial. »

    La note précisait : « Aucune proximité avec des groupes à risques n’a, jusqu’à présent, été détectée », notaient les agents, précisant toutefois : « Seul le nommé Éric Drouet est connu de la documentation opérationnelle dans le cadre de sa co-administration du groupe Facebook fermé Muster Crew. » Un groupe qui rassemble des organisateurs de rassemblements automobiles.

     

    Un groupe à 235 000 membres

    Depuis, Éric Drouet a pris de l’épaisseur médiatique et a été désigné officiellement porte-parole du mouvement né contre la hausse de la taxe sur les carburants et la baisse du pouvoir d’achat. Se distinguant par ses propos durs, il a refusé de se rendre à une invitation à Matignon le 30 novembre pour discuter avec Édouard Philippe.

    En revanche, le 27 novembre, il avait été reçu par François de Rugy, ministre de la Transition écologique, en compagnie de Priscilla Ludosky, autre figure du mouvement de qui il est proche. Expliquant ne plus croire « en la République », Éric Drouet anime une page Facebook liée aux Gilets jaunes appelée « La France en colère ». Très populaire, celle-ci regroupe 235 115 membres. Il en anime une autre « La France énervée ».

    Le Parisien


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  • Deux lycéens gravement blessés par des tirs de flashball

    Deux enquêtes ont été confiées à l'IGPN et des parents d'une troisième lycéenne ont porté plainte à Grenoble.

     

    La réponse policière au mouvement des lycéens est-elle disproportionnée ? Deux jeunes ont été gravement blessés au visage mercredi par des tirs de lanceur de balle de défense (LBD), le successeur du flash-ball, lors de blocages à Saint-Jean-de-Braye, dans la banlieue d'Orléans (Loiret) ainsi qu'à Garges-lès-Gonesse (Val-d'Oise).

    Le procureur de la République d'Orléans Nicolas Bessone a saisi l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices, dans le cadre d'une enquête ouverte après le tir qui a blessé l'adolescent de 16 ans dans le Loiret. 

    L'enquête "devra déterminer si l'usage de l'arme a été conforme ou pas à la loi", a précisé Nicolas Bessone. "Les premières investigations ont été menées par la sûreté départementale. En l'état des éléments, aucune mesure conservatoire n'a été prise à l'encontre du policier qui a effectué le tir", a ajouté le procureur.

    Transporté au centre hospitalier d'Orléans, le lycéen "a pu quitter les urgences mais il est toujours hospitalisé. Son état est jugé sérieux mais il est hors de danger", a annoncé le procureur dans la soirée de mercredi.

    Colère du personnel à Garges-lès-Gonesse

    A Garges-lès-Gonesse, c'est un élève de terminale du lycée Simone de Beauvoir qui a été blessé. Il a été transporté à l'hôpital, puis "opéré", a fait savoir l'inspection académique au Parisien. Il devrait sortir ce jeudi. Selon le récit d'une enseignante, des élèves bloquaient l'entrée de l'établissement quand une poubelle a été incendiée. Des CRS sont intervenus en pointant leur LBD en direction des élèves, selon ce témoignage. Quelques cailloux ont été lancés avant que les policiers ne chargent et tirent.

    Une source policière jointe par le journal nie qu'il s'agisse d'un "tir tendu", c'est-à-dire un tir à l'horizontale, normalement proscrit, et affirme que le projectile a "involontairement touché la tête". Choqués par ce qu'ils dénoncent comme la réaction disproportionnée des forces de l'ordre, les professeurs du lycée vont s'associer aux élèves ce jeudi matin pour un rassemblement devant l'établissement, poursuit Le Parisien.

    Des parents portent plainte à Grenoble

    A Grenoble (isère), les parents d'une lycéenne ont porté plainte après que leur fille a été selon eux gravement blessée au visage par un tir de LBD au cours d'une manifestation mardi, a fait savoir le parquet mercredi. Selon la famille de l'adolescente, qui a témoigné de l'incident au Dauphiné Libéré, la lycéenne âgée de 16 ans aurait été atteinte "par un tir de flash-ball venant d'une unité de CRS" aux prises avec de jeunes manifestants sur un carrefour du centre-ville.

    Suite à la déposition du père de la jeune femme mardi soir au commissariat de Grenoble, le parquet a indiqué avoir saisi l'IGPN pour mener une enquête de flagrance et déterminer les circonstances de l'incident. "La jeune fille présente des blessures graves au visage qui vont occasionner une incapacité de travail supérieure à trois mois", a précisé Jean-Yves Coquillat, le procureur de la République de Grenoble.

    Scolarisée en classe de première dans un lycée grenoblois, la jeune fille a été hospitalisée mardi soir pour de "sérieuses lésions à la mâchoire inférieure, avec des fractures et des dents cassées", ont précisé ses proches au quotidien régional.

    L'Express


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  • "Gilets jaunes" : un syndicat de police appelle à une grève illimitée par solidarité

    Le syndicat de police Vigi a rejoint, mercredi 5 décembre, le mouvement des "gilets jaunes". Il appelle à une grève illimitée des fonctionnaires exerçant des missions supports à partir de samedi 8 décembre, date de l'"Acte IV" de la mobilisation.

     

    Le préavis déposé par ce syndicat minoritaire concerne "les personnels administratifs, techniques, scientifiques et ouvriers d'état/cuisiniers du ministère de l'Intérieur", dans la mesure où "les personnels actifs n’ont pas le droit de se mettre en grève", comme le souligne Alexandre Langlois, le secrétaire général du syndicat, auprès de 20 Minutes

    Droit de retrait

    "Les revendications portées par le mouvement des 'gilets jaunes' nous concernent tous. Il est temps de s'organiser légalement et d'être solidaire avec eux, pour l'avantage de tous", peut-on lire dans un communiqué diffusé par le syndicat Vigi-Ministère de l'Intérieur.

    Vigi dénonce par ailleurs la façon dont la crise est gérée par la hiérarchie et le gouvernement, alors que la mobilisation de samedi a été émaillée de nombreuses violences. Il appelle donc les fonctionnaires de police "qui n'ont pas reçu de formation en maintien de l'ordre (à) faire valoir leur droit de retrait".

    franceinfo


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  • Manifestation d’ambulanciers à Paris contre la réforme du financement des transports sanitaires

    Les ambulanciers dénoncent l’« ubérisation » de leur profession et réclament l’abrogation du nouveau système de financement entré en vigueur en octobre.

    Toutes sirène hurlantes, des ambulances étaient stationnées lundi 3 décembre au matin sur le pont de la Concorde, devant l’Assemblée nationale, d’autres bloquaient complètement l’accès à la place depuis la rue de Rivoli… Au moins une centaine d’ambulanciers manifestent à Paris pour réclamer la suspension d’une réforme du financement des transports sanitaires.

    Depuis une dizaine de jours, des réunions ont lieu un peu partout en France, à l’initiative de la toute jeune Association pour la défense des transporteurs sanitaires (ADTS), pour préparer le rassemblement.

    Les grands groupes favorisés

    Cette réforme menace, selon les manifestants, les petites et moyennes entreprises du secteur. En ligne de mire : l’article 80 du projet de budget de la Sécurité sociale 2017, entré en vigueur le 1er octobre 2018. Cette mesure a renversé les règles des transports entre établissements de santé. Désormais, hôpitaux et cliniques choisissent leurs ambulances par appel d’offres, à la place des patients, et en assument directement le coût.

    Depuis, la filiale de la SNCF « Keolis a acheté deux sociétés », s’indigne Hakim, propriétaire d’une société d’ambulances des Hauts-de-Seine interrogé par l’Agence France-Presse (AFP). « Plusieurs artisans ont acheté des structures, des autorisations de mise en service jusqu’à 200 000 euros, ils vont tout perdre », dit-il, dénonçant « l’“ubérisation” du travail et la fermeture des petites structures ». « Les grands groupes veulent casser les prix », abonde Annie, qui exerce à Paris.

    Le 5 novembre, 700 à 1 200 véhicules sanitaires avaient bloqué le périphérique parisien pendant près de trente-six heures, provoquant des centaines de kilomètres de bouchons. Comme pour la manifestation précédente, les fédérations représentatives du secteur n’ont pas appelé à manifester.

    Le Monde.fr


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  • Les gilets jaunes en route vers l'acte 4 du mouvement

    Plusieurs appels à manifester le 8 décembre sont publiés sur Facebook, et des milliers de personnes disent vouloir y participer.

     

    Pas de pause pour les gilets jaunes. Le bilan de la journée de mobilisation de samedi, émaillée de nombreuses violences, à peine tiré, les appels à organiser l'"acte 4" du mouvement samedi 8 décembre pullulent déjà sur Facebook. Et ils fédèrent.

    Un événement intitulé "Acte 4 Paris Insurrection !" appelle à un blocage des raffineries et des ports dès mardi, et à une manifestation à Paris samedi pour "continuer le combat" en l'absence de "réponse satisfaisante de la part du président et du Premier ministre". Le lieu de ce rassemblement, initié par le compte "gilets jaunes officiels", ne serait communiqué qu'au "dernier moment". Ce lundi matin, 2500 personnes avaient annoncé leur participation, et 14 000 se disaient intéressées.

    86 000 intéressés pour un appel "pacifique"

    Un événement appelé "Macron démission" prévoit également une manifestation à Paris samedi pour tous ceux qui en auraient "marre [du] gouvernement et de Macron qui font les sourds", avec également 2500 participants et 15 000 intéressés. Des chiffres similaires à ceux de l'appel à manifester pour la "dissolution de l'Assemblée nationale".

    Mais l'événement qui agrège le plus de personnes sur les réseaux sociaux reste un appel à manifester "pacifiquement" dans un cortège au départ de la place de la Bastille à 14h. Il compte 12 000 participants et 86 000 intéressés. Peu de doute, donc, sur le fait que le gouvernement aura à composer avec une nouvelle journée de mobilisation, dont la forme reste encore inconnue.

    L'Express


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  • Les images de destructions, d’échauffourées ou de voitures enflammées s’affichaient samedi soir en « une » de nombreux sites d’actualité internationaux.

    « Paris brûle » : les médias étrangers relatent le « chaos » en marge des défilés des « gilets jaunes »

    « Escalade de la violence à Paris » (Die Welt), « La manifestation des gilets jaunes sème le chaos à Paris » (El Pais), « Gilets jaunes, l’heure de la violence : Paris brûle entre agressions et pillages » (Corriere della Sera), « L’une des manifestations antigouvernementales les plus violentes à frapper Paris depuis des décennies » (The Wall Street Journal). La presse internationale décrivait avec des titres percutants, samedi 1er décembre, les affrontements survenus dans la journée dans la capitale française, en marge des défilés.

    Des incidents qui ont fait une centaine de blessés, ont conduit à 287 interpellations, selon un bilan de la préfecture de police de Paris, ont été fermement condamnés depuis Buenos Aires par le président de la République, Emmanuel Macron, et ont conduit le premier ministre, Edouard Philippe, à annuler un déplacement en Pologne.

    Les mots « gilets jaunes » – « yellow vests » (en anglais), « gelbwesten » (allemand), « gilet gialli » (italien), « chalecos amarillos » (espagnol), etc. – s’affichaient en « une » de nombreux sites étrangers, tout comme les images de destructions, d’échauffourées ou de voitures enflammées.

    « Pelles », « haches », « marteaux », « fusil d’assaut »…

    Les médias étaient nombreux à s’attarder sur les scènes de violence. A l’instar de l’Allemand Die Welt, listant les « voitures qui brûlent », les « pierres qui volent ». Ou de l’Américain The Wall Street Journal, qui raconte : « Des groupes de manifestants – certains portant des gilets jaunes, d’autres pas – ont été vus en train d’utiliser des pelles pour casser des vitrines de magasins et de voitures le long de l’avenue Kléber, où se trouvent certains des hôtels les plus prestigieux de la capitale française. Certains des gilets jaunes applaudissaient, tandis que d’autres regardaient en secouant la tête. »

    En Espagne, El Pais dressait le même funeste inventaire. « A la tombée de la nuit, plusieurs véhicules ont brûlé sur l’avenue Kléber, qui mène à Charles de Gaulle, également connue sous le nom de Place de l’Etoile. Il y a eu des incendies dans des immeubles et des magasins vandalisés. (…) Un journaliste de BFM-TV a vu des hommes violents armés de haches. La police parle aussi de marteaux. Les télévisions projetaient l’image d’une ville en guerre », écrit le quotidien. « Des manifestants ont volé un fusil d’assaut dans un véhicule de police dans le centre de la ville », complète la BBC.

    La chaîne de télévision britannique, comme bon nombre de ses confrères étrangers, prend cependant soin de rappeler que ces débordements ont eu lieu à la marge. « La plupart des manifestants sont restés pacifiques », explique-t-elle. « Il est clair qu’il y avait des agitateurs ou casseurs à l’extrémité des affrontements avec la police. Nous avons vu des groupes de gens de l’extrême gauche anarchiste et de l’extrême droite nationaliste, équipés et prêts à se battre. La grande majorité des gilets jaunes” (…) n’étaient pas dans cette catégorie », insiste Hugh Schofield, reporter de la BBC à Paris.

    Ce flou est dû au caractère hétéroclite du mouvement, analyse El Pais, qui permet aux éléments les plus violents de l’infiltrer : « Le problème est que, s’agissant d’un mouvement aussi hétérogène et sans l’organisation d’un syndicat ou d’un parti, toute personne violente peut prétendre en faire partie. Pour être un gilet jaune, vous n’avez besoin que d’en porter un. »

    « Tentation révolutionnaire »

    La radiotélévision publique allemande Deutsche Welle souligne de son côté que les manifestations des « gilets jaunes » « bénéficient d’un large soutien en France » évoquant la publication mercredi d’un sondage d’opinion montrant que deux personnes sur trois soutiennent les rassemblements.

    Pour El Pais, Emmanuel Macron est « confronté au moment le plus compliqué de son mandat ». « La France, pays où la tentation révolutionnaire n’est jamais loin et fait partie de l’identité au même titre que drapeau et l’hymne national, flirte avec la crise politique », est-il encore écrit. « Ceux que l’on nomme gilets jaunes ont une fois de plus défié le gouvernement français hier », « un sentiment de perte de contrôle inhabituel » flotte « dans la capitale française » et « le président français n’a toujours pas trouvé la formule pour désamorcer une révolte dont le cri le plus répandu lui est opposé : “Macron, démission” », argumente le quotidien, soulignant que l’un des graffitis tagués sur l’Arc de triomphe était « Pour moins que cela, nous avons coupé des têtes. »

    Outre-Atlantique, le Washington Post estime que la tendance, dans l’histoire, « des Français à se retourner généralement contre leurs présidents à ce stade du mandat » peut en partie expliquer la chute « à des creux records », de la popularité du chef de l’Etat. Mais cite des sociologues et des experts de la pauvreté, qui soulignent la frustration qui sous-tend les manifestations, « résultat inévitable de décennies de fracture sociale entre la France rurale, de plus en plus dépourvue de ressources, et les grandes villes prospères de la France », écrit le journal. Le « Post » relève que « la douleur derrière le gilet jaune se fait surtout sentir en dehors de Paris », dans les régions où avoir une voiture est indispensable pour aller travailler.

    « Dans ces territoires marqués par l’absence de lendemain, décrypte Niels Planel, un consultant en réduction de la pauvreté, il y a une forme de désespoir postindustriel qui ronge maintenant les classes moyennes et ouvrières qui ont le plus souffert de la crise brutale de 2008 et des coupes budgétaires qui ont suivi. »

    Le  Monde.fr


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