• Un ex-responsable de Lafarge admet le versement de 20 000 euros par mois à l'Etat islamique

    Dans son édition datée de jeudi, "Le Monde" révèle des éléments de l'enquête judiciaire sur les agissements du cimentier franco-suisse en Syrie en 2013 et 2014.

    Les auditions sont accablantes. Dans son édition datée de jeudi 21 septembre, Le Monde (article payant) publie des extraits de l'enquête judiciaire en cours sur les agissements du groupe franco-suisse LafargeHolcim au sujet de sa cimenterie de Jalabiya, dans le nord de la Syrie.

    Neuf responsables de l'entreprise ont été entendus par les enquêteurs, qui cherchaient à déterminer les liens qu'a pu entretenir le géant du ciment avec des groupes armés, dont l'organisation Etat islamique, pour continuer à faire fonctionner son usine en 2013 et 2014, en plein conflit syrien.

    Jusqu'à 100 000 dollars par mois versés

    Face aux enquêteurs, l'ancien directeur général adjoint opérationnel de Lafarge a ainsi reconnu ainsi que le groupe s'est plié à une "économie de racket" menée par différentes milices armées dès la fin de l'été 2012 pour assurer le transit de ses marchandises dans le pays. Un intermédiaire a même été employé "pour négocier avec les groupes armés qui tiennent les checkpoints autour de l'usine", écrit Le Monde. Cet individu se voit remettre "entre 80 000 et 100 000 dollars par mois" pour monnayer des laissez-passer avec ces groupes.

    Selon les extraits de l'enquête, l'organisation Etat islamique, qui a pris le contrôle de la ville de Raqqa au milieu de l'année 2013, commence à réclamer de l'argent au cimentier à partir de l'automne. Un responsable du groupe terroriste rencontre alors l'intermédiaire mandaté par Lafarge pour négocier.

    Bruno Pescheux, PDG de la filiale syrienne de l'entreprise jusqu'en juin 2014, affirme aux enquêteurs avoir vu le nom de Daesh sur des documents internes à l'entreprise. À la question "Avez-vous une idée du montant prévu pour Daesh ?", il répond : "De l'ordre de 20 000 dollars par mois."

    La France a incité Lafarge à rester en Syrie

    Le Monde révèle par ailleurs que "la décision du leader mondial des matériaux de construction de rester en Syrie a reçu l'aval des autorités françaises, avec lesquelles le groupe était en relation régulière entre 2011 et 2014". Les responsables de Lafarge affirment ainsi à plusieurs reprises avoir consulté le ministère des Affaires étrangères ainsi que le gouvernement au sujet du maintien de leur activité dans le pays.

    Interrogé sur la situation de l'entreprise dans le pays au printemps 2013, l'ancien directeur général adjoint opérationnel de Lafarge indique ainsi que le "gouvernement français" a "fortement incité" le groupe à rester en Syrie pour préparer l'après-guerre civile. "C'est quand même le plus gros investissement français en Syrie et c'est le drapeau français."

    Franceinfo


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  • Dunkerque : ils revendaient sur Facebook les contrefaçons confisquées par la douane

    Neuf personnes ont été interpellées dans le Nord, elles sont soupçonnées d'avoir organisé un détournement massif d’objets contrefaits.

    Un détournement à l'échelle industrielle ! Neuf personnes ont été arrêtées le 11 septembre dans la région de Dunkerque. Elles sont soupçonnées d'avoir dérobé des marchandises pendant deux ans dans un dépôt utilisé par les douanes, pour ensuite les revendre sur Internet.

    De fastueuses vacances. C'est le train de vie d'un Dunkerquois qui a d'abord alerté la police judiciaire de Lille. L'homme de 28 ans, pourtant employé au SMIC, s'offrait des voyages particulièrement luxueux : le Sri Lanka pour 4.000 euros ou encore un voyage de noces en Polynésie à 24.000 euros. Le tout payé en liquide. Les enquêteurs ont fini par se rendre compte que le jeune homme avait mis en place un véritable système mafieux depuis deux ans ; il détournait des produits contrefaits, confisqués par les douanes, et stockés par une société de logistique à Dunkerque.

    Des marchandises dérobées en plain jour. Aidé de quelques salariés complices, l'individu volait des palettes complètes en plein jour, juste avant la destruction des marchandises, avec un utilitaire de location. Il revendait ensuite parfums, maillots de foot, cigarettes et alcools via des groupes Facebook.

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    Les neuf personnes interpellées dans ce trafic ont été mises en examen pour recel et vol en bande organisée. Le chiffre d'affaires de l'équipe est estimé à 40.000 euros par mois. Certains ont même pu s'acheter une maison sur cette période.

    Europe 1


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  • Les liaisons dangereuses entre la gendarmerie et un trafiquant d'armes

    © PHILIPPE HUGUEN Claude Hermant,

    Le procès de Claude Hermant, figure des milieux identitaires lillois, et trafiquant d'armes, a révélé des liens étranges de cet indicateur avec gendarmes et douaniers.

    «Sidérant.» L’adjectif a échappé à Marc Trévidic, président du tribunal correctionnel de Lille, lors du procès de Claude Hermant, cet indicateur multi-cartes, figure de l’ultra-droite lilloise, jugé pour trafic d’armes. Il n’est pas le seul impliqué, mais le plus gros poisson de l’affaire. L’enquête a dénombré 470 armes importées illégalement, en provenance des pays de l’Est. Elles étaient a priori neutralisées, en vente libre sur un site Internet slovaque, normalement destinées à des collectionneurs, en fait faciles à remettre en état. Six d’entre elles, dont cinq pistolets-mitrailleurs Skorpion, ont été retrouvés auprès d’Amedy Coulibaly, après l’attentat de l’Hyper Cacher.

    L’ancien magistrat antiterroriste a dû en voir d’autres. Mais les audiences de cette semaine laissent pantois. Elles racontent en filigrane les liaisons dangereuses entretenues par les douanes et la gendarmerie avec ce personnage trouble, grand manitou des identitaires Lillois, ancien mercenaire, fondateur de la Maison flamande, qui organisait régulièrement des week-ends d’entraînement commando dans les Ardennes. Un amoureux des armes, un indic’ tout trouvé. Mauvaise pioche, la bombe Hermant leur a explosé à la figure : il reconnaît l’importation des armes, mais affirme être alors en mission d’infiltration pour la section de recherches de la gendarmerie, un appât lancé pour remonter les filières, hors de tout cadre légal. Mais avec l’attentat de l’Hyper Cacher, il aurait été lâché en rase campagne.

    Les enquêteurs de la gendarmerie, agents traitants d’Hermant, étaient dans leurs petits souliers, mercredi dernier. Le spectacle était réservé à la presse : un huis-clos partiel avait été demandé pour préserver leur anonymat. Trous de mémoire, contradictions, grands silences. Les dépositions ont un air de sauve qui peut, au fil des questions des avocats. Car au mieux, ils n’ont pas percé à jour Claude Hermant, qui a trafiqué sous leur nez ; au pire, ils ont autorisé ces livraisons, ce qu’ils démentent. L’hypothèse médiane ? Ils savaient et ont laissé faire, sans vraiment se rendre compte de l’ampleur de la contrebande.

    L’indic’ leur montre un pistolet-mitrailleur démilitarisé, ils le laissent repartir avec. «Je pensais qu’il voulait le recycler pour le paint-ball», lâche benoîtement l’un d’eux. Claude Hermant tire en effet ses revenus légaux d’une friterie, La Frite rit, installée au cœur du quartier de la fête lillois, rue Solférino, et d’un terrain de paint-ball. Dans la chambre froide de la friterie, il stockait les kalachnikov et autres pistolets-mitrailleurs, sur le terrain de paint-ball, il recevait son pote douanier, Sébastien L. À lui aussi, il présente une arme. L’autre l’essaye, Hermant le filme, à son insu. Pendant l’instruction, l’ancien mercenaire l’accusera de l’avoir achetée, ce qui vaut au fonctionnaire une mise en examen, avant de le dédouaner à la barre. Claude Hermant aime jouer au chat et à la souris.

    «Ingérable»

    Malgré tout, c’est «une source fiable», affirme encore et toujours devant les juges un gendarme. Après tout, «Claude», comme il l’appelle, est «un ancien militaire». Ton familier, tutoiement, les avocats s’étonnent. «C’est une mine aux trésors, qui avait ses entrées partout. Par exemple au port d’Anvers, plaque tournante de la contrebande de tabac», décrit l’avocat du douanier. «Mais il est ingérable.»

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    Et il y a surtout ce trou dans la chronologie de l’enquête : en mars 2014, Claude Hermant est balancé par Christophe Dubroeucq, un de ses anciens amis, vexé qu’il ait continué le trafic d’armes sans lui, et par Antoine Denevi, un employé de la friterie licencié. La PJ le place sous surveillance. Sans avertir d’ailleurs la gendarmerie que leur source est tendancieuse. Et puis ? Rien. Pourtant, entre juillet et l’automne 2014, une dizaine de commandes Internet sont passées par Hermant et sa compagne. Trévidic interroge : «Je trouve bizarre qu’on loupe des livraisons d’armes. Vous avez une explication ?» Dubroeucq : «Moi aussi, j’essaye de comprendre. Ils savaient où Claude achetait les armes, où il les remettait en état, et il était toujours dehors. S’ils ne sont pas capables d’arrêter un gars, qu’ils changent de métier.» Et il lâche : «A mon avis, il était protégé.» Ce n’est qu’en janvier 2015, après l’attentat de l’Hyper Cacher que Claude Hermant sera placé en garde à vue. Son avocat demande sa relaxe, le ministère public 10 ans de prison ferme, la peine maximale, et 150 000 euros d’amende. Le jugement sera rendu le 9 octobre prochain.

    Libération


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  • La Corée du Sud emploie les grands moyens pour combattre la Corée du Nord. Ils ont décidé de couper la tête du serpent.

    Kim Jong-un : une unité d'assassins formés pour tuer le dictateur de la Corée du Nord

    LIEN article : http://www.msn.com/fr-fr/actualite/monde/kim-jong-un-une-unit%c3%a9-dassassins-form%c3%a9s-pour-tuer-le-dictateur-de-la-cor%c3%a9e-du-nord/ar-AArUV79?li=BBoJvSH


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  • Bientôt à la retraite, Pierre Gattaz s'offre un château à 11 millions d'euros

    C'est une information étonnante que publie le "Canard Enchaîné" alors que les négociations entres syndicats et gouvernement sur le projet de réforme du Code du Travail battent leur plein. 

    Selon nos confrères, Pierre Gattaz, président du Medef, vient de signer une promesse d'achat pour un magnifique château au cœur du Luberon. A quelques mois de la retraite et de son départ du Medef, Pierre Gattaz, via sa holding familiale, y aurait investi pas moins de 11 millions d'euros. Rien que ça.

    Retraite viticole 

    Les dimensions de la demeure ,- le château de Sannes, un domaine viticole - laissent entrevoir une retraite paisible pour le "patron des patrons" : "2.120 m2 habitables, abritant, notamment, six suites et une piscine chauffée", un pool house, une seconde piscine extérieure ainsi qu'un "vieux moulin à vent" note le "Canard". Pour ne rien gâcher, Pierre Gattaz espère rentabiliser les 73 ha de terres agricoles, dont 35 de vignes classées AOC. 

    Jamais à court d'idées, le futur ex-dirigeant du Medef pourrait également en profiter pour se lancer dans la production d'amandes et l'huile d'olive, selon l'hebdomadaire satirique. Un de ses proches résume :

    "Il s'agit d'un projet entrepreneurial, il compte bien ne pas y perdre de l'argent."

    L'opération réalisée par Pierre Gattaz, dont la fortune familiale est estimée à quelque 310 millions d'euros, le fait en tout cas rentrer dans la cour des (très) grands. Comme l'indiquent BFMTV et "le Point", le château de Sannes avait été convoité, dès 2011, par un certain Steve Jobs, fondateur et ancien patron d'Apple. Mais la vente ne s'était jamais faite, le milliardaire ayant peut-être été rebuté par le prix de vente de l'époque, environ 30 millions d'euros, soit presque trois fois plus que la promesse d'achat signée par le dirigeant du Medef. Toujours sur les bons coups ce Pierre Gattaz !

    L'OBS

    Il veut encore gagner de l'agent !


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  • Un clan de pickpockets roumains qui détroussaient des touristes devant la justice

    Ils envoyaient leurs enfants faire les poches des touristes étrangers aux abords de Disneyland Paris : sept femmes et cinq hommes, la plupart de nationalité roumaine, sont jugés à partir de mardi pour leur implication présumée dans un réseau criminel à base clanique et familiale.

    Dix des prévenus, qui appartiennent au même clan, devront répondre devant le tribunal correctionnel de Meaux (Seine-et-Marne) des faits commis entre 2014 et 2016 de vol en bande organisée, recel et blanchiment, ainsi que d'incitation de mineurs à commettre des délits et délaissement de mineurs de moins de quinze ans.

    L'enquête démarre en mars 2015 quand le commissariat de Chessy, en Seine-et-Marne, constate une forte augmentation des vols à la tire par de jeunes Roms aux abords de Disneyland Paris et dans le RER A desservant le parc d'attraction, mais aussi dans le centre commercial du Val d'Europe, une zone très fréquentée par les touristes.

    "Les mineurs agissaient en milieu d'après-midi, par groupe de trois au quatre: le premier détournait l'attention, le deuxième en profitait pour faire les poches et le troisième faisait disparaître le bien volé", avait expliqué le commissaire Jérôme Georges.

    Au total, le préjudice, constitué de devises, de maroquinerie de luxe, de téléphones et bijoux, est estimé à un million d'euros. Au bas mot, car beaucoup de victimes étrangères n'ont pas déposé plainte. Un millier de vols ont été comptabilisés sur six mois.

    La police a beau procéder à des interpellations, elles restent sans effet: les mineurs donnent à chaque fois une fausse identité, refusent d'apposer leurs empreintes et, placés dans des foyers, ont tôt fait de s'enfuir pour pouvoir recommencer à voler.

    L'Office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI), qui prend le relais des investigations avec le concours des autorités roumaines, parvient toutefois à démanteler le réseau en février 2016.

    - un patriarche craint -

    À la tête du clan, originaire de la ville roumaine de Craiova et formé de huit branches familiales, Marian Tinca, le "patriarche", 57 ans, et son ex-femme, Maria Iamandita, 51 ans, qui comparaissent détenus comme d'autres membres du clan.

    D'après les écoutes téléphoniques, le patriarche félicite ou réprimande, et peut se montrer violent quand les butins sont trop maigres. La matriarche s'occupe de réguler l'argent au profit du clan et d'envoyer des mandats cash vers la Roumanie. Sur place, l'argent est réinvesti par ses différents membres dans l'achat d'appartements, de terrains et de voitures.

    Un clan de pickpockets roumains qui détroussaient des touristes devant la justice

    Tout le clan, dont aucun membre n'a de revenu déclaré, est mis à contribution: les grands frères et grandes sœurs des mineurs voleurs sont ainsi chargés de surveiller qu'ils s'acquittent bien de leur mission et remettent l'argent volé.

    Âgés de 12 à 17 ans, les sept mineurs impliqués, qui opéraient également sur les Grands Boulevards et la ligne 9 du métro parisien, ont eux déjà été jugés par le tribunal des enfants. Parmi eux, une jeune fille décrite comme particulièrement habile, qui rapportait entre 500 et 800 euros chaque jour à sa famille. Elle avait été mise en cause 48 fois dans des procédures pour vol.

    Outre les dix membres du clan, le gérant d'un hôtel à Pantin (Seine-Saint-Denis), qui percevait des loyers en liquide, est renvoyé pour blanchiment, ainsi que son père. Un restaurateur chinois de Pigalle, à qui les enfants remettaient l'argent pour éviter de se faire prendre avec des espèces sur eux, est poursuivi pour sa part pour recel.

     

    Le jugement est attendu vendredi. Certains des prévenus risquent jusqu'à 30 ans de réclusion.

    AFP


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  • "Comment imaginer sa grand-mère se faire violer ?" : les agressions sexuelles en maison de retraite, un tabou français

    Dans l'Hexagone, la plupart des agressions sexuelles et des viols en maison de retraite n'aboutissent à aucune plainte ou sont jugées des années après les faits.

    Dans la nuit du 25 au 26 novembre 2010, Paulette, résidente d'une maison de retraite du Gard, est retrouvée "le visage marqué, très rouge, les lèvres en sang".Atteinte d'aphasie, elle est incapable de s'exprimer. Les couloirs du "cantou", ce secteur réservé aux malades d'Alzheimer, sont déserts et silencieux. "À 0h45, nous l'avons trouvée en train de se faire agresser physiquement et sexuellement" par un autre résident, écrit l'aide-soignante de garde dans une note de transmission que franceinfo a pu consulter.

    Les deux résidents sont séparés, la retraitée âgée de 70 ans est "rassurée" puis lavée. Sans ordonnance, on lui donne un Lexomil, un anxiolytique puissant, puis on la recouche, toujours selon le document rempli par l'aide-soignante. Paulette "dort bien" jusqu'au lever du jour. Cette nuit-là, ni la direction, ni la famille, ni les autorités ne sont alertées, affirment les proches de Paulette.

    Les jours suivants, toujours selon la note de transmission, le médecin de cet Ehpad qui accueille 74 résidents, prescrit une pommade pour apaiser les rougeurs sur le visage de la retraitée. Elle montre des signes de rejet lors de la toilette intime et est aperçue en train de manger ses selles. Elle souffre d'irritations à l'anus, ses couchers sont agités, détaille encore le document.

    Il faudra plus d'un an pour que la famille de Paulette soit avertie et que cette dernière soit éloignée de son agresseur. "Une personne de l'établissement m'a arrêté dans la rue et m'a dit qu'il était arrivé quelque chose de grave à ma belle-mère, se souvient David Leviez, le gendre de Paulette. Cette personne avait trop peur pour son travail, mais elle n'en pouvait plus de se taire."

     

    "On l'a traitée comme un clébard !"

    "Je me suis immédiatement rendu à l'Ehpad pour voir la directrice, elle n'arrêtait pas de me dire qu'elle n'était au courant de rien et qu'elle allait se renseigner", reprend David Leviez. Quelques jours plus tard, le médecin l'informe qu'il s'est "effectivement passé un évènement", mais que ce n'est "pas grave". Après avoir bataillé pour obtenir des précisions, il découvre dans le dossier médical de Paulette qu'il s'agit d'une agression sexuelle. "J'étais fou de rage", raconte-t-il.

    "Le médecin et la directrice ont assuré qu'ils s'étaient tus pour 'nous protéger'."

    David Leviez

    à franceinfo

     

    "Lorsque je l'ai appris, je me suis sentie vide, très mal tout d'un coup", explique Stéphanie Leviez, la fille de Paulette, en réprimant un sanglot, assise à la terrasse d'un café de Palavas-les-Flots (Hérault). "On sait qu'il se passe des choses en maison de retraite, j'y ai travaillé. Mais ce que je n'accepte pas, c'est le mensonge." "On l'a traitée comme un clébard, enrage aussi Morgan Leviez, le petit-fils de Paulette. J'ai vu un psy, je faisais des cauchemars la nuit en imaginant la scène. Ma mère a fait une dépression. Comment peut-on imaginer sa grand-mère se faire violer ?"

    La famille a porté plainte contre la directrice, lui reprochant de ne pas avoir averti les autorités. Selon l'article 434-3 du Code pénal, sauf exception, quiconque "ayant eu connaissance de privations, de mauvais traitements ou d'agressions ou atteintes sexuelles infligées à un mineur ou à une personne qui n'est pas en mesure de se protéger en raison de son âge, d'une maladie, d'une infirmité" est tenu de le faire. Sollicitée à plusieurs reprises par franceinfo, la directrice de la maison de retraite n'a pas souhaité s'exprimer. Contactée, une cadre de santé de l'époque a dans un premier temps répondu à nos questions, décrivant une situation inédite à gérer pour l'établissement, avant de refuser d'être citée dans cet article.

     

    De rares cas déclarés en France

    L'agression de Paulette est-elle un cas isolé ? Impossible de chiffrer le phénomène avec exactitude : contacté par franceinfo, le ministère des Solidarités et de la Santé n'a pas été en mesure de fournir des chiffres détaillés. Selon un rapport du ministère de l'Intérieur, paru en 2016, 0,2 % des personnes âgées de 60 à 75 ans déclarent avoir été victimes de violences sexuelles commises par une ou des personne(s) ne vivant pas avec elles au moment de l’enquête.Depuis sa création en 2008, les associations en charge du 3977, numéro national destiné à lutter contre la maltraitance des personnes âgées et handicapées, ont répertorié 84 dossiers ouverts pour violences sexuelles envers des personnes âgées en institution et autant à domicile.

    Au cours de ces deux dernières années, franceinfo a comptabilisé une quinzaine de cas médiatisés. En janvier 2017, un homme de 56 ans a écopé de six ans de prison ferme pour avoir baissé la couche d'une résidente de 82 ans à Saint-Saëns (Seine-Maritime) et lui avoir fait subir des "pénétrations digitales", rapporte Paris Normandie. En octobre 2016, un quinquagénaire est condamné à Saint-Amand (Nord) pour avoir agressé une femme de 92 ans, retrouvée "dénudée, les jambes écartées", détaille La Voix du Nord. Les équipes médicales peuvent être aussi agresseurs : en septembre 2014, un préservatif contenant l'ADN d'un aide-soignant a été retrouvé dans la couche d'une résidente grabataire d'une maison de retraite à Carcassonne (Aude), note le Midi-Libre.

    Ces affaires ont pu être jugées deux ou trois ans après les faits grâce au signalement d'autrui ou par les caméras de surveillance. Dans le cas de Paulette, sa famille a dû longuement se battre pour voir l'affaire devant les tribunaux. Du jour au lendemain, leur premier avocat ne donne pas de nouvelles, les lettres recommandées envoyées au parquet de Nîmes restent sans réponse. Il faudra attendre qu'une nouvelle avocate, Sabrina Hachouf, se saisisse du dossier et écrive au parquet pour qu'une audience soit fixée. Elle aura lieu le 24 octobre 2017, sans la présence de Paulette, morte en 2013.

     

    Des agressions difficiles à identifier

    Mais que se passe-t-il lorsque les victimes ne peuvent pas s'exprimer, quand il n'y a aucun témoin ? Pourquoi certaines agressions n'aboutissent à aucun procès ? "La sexualité des personnes âgées est taboue, bien que mieux admise depuis quelques années, justifie Caroline Lemaître, gérontopsychiatre au Puy-Sainte-Réparade (Bouches-du-Rhône). Voir des gestes intimes entre résidents n'est pas toujours accepté. Il peut y avoir une négligence à analyser les faits."

     

    "Le viol est un crime qu'on retrouve partout. L'institution doit protéger au maximum ses membres, mais il y aura toujours des failles."

    Caroline Lemaître, gérontopsychiatre

    à franceinfo

     

    Pour Caroline Lemaître, il s'agit d'abord d'évaluer s'il y a consentement et capacité à consentir. "Chez les personnes démentes, la communication passe par les émotions. Il faut donc être très vigilants, bien savoir comment chacun s'exprime pour repérer les éventuels changements." La spécialiste évoque le cas d'une femme qui, un jour, a montré son entrejambe avec des bleus en disant "là, là, là". Ou celui d'une autre résidente qui a refusé du jour au lendemain d'écarter les jambes pendant la toilette ou montré des signes de rejet à la vue d'un homme.

    Mais "si un homme atteint d'Alzheimer donne une caresse à une femme qui le rejette, qu'on lui explique qu'il n'a pas le droit, mais qu'il oublie et réitère, est-ce qu'on le poursuit ?, interroge-t-elle. C'est une agression, mais c'est compliqué au quotidien de sortir le drapeau de l'agression sexuelle tout le temps." Et puis, comment repérer un délit sexuel lorsque le rapport à l'intimité, la sexualité et la pudeur des résidents sont quotidiennement banalisés ?

     

    "Il n'est pas rare de voir des résidents nus se promener, faire caca dans les couloirs ou se masturber à table. La difficulté pour nous est d'être capable de déceler 'l'anormal' et d'en parler autour de soi."

    Christophe, aide-soignant en Nouvelle-Aquitaine

    à franceinfo

     

    L'aide-soignant dénonce également le manque de moyens humains, qui selon lui crée une opportunité d'agression. "J'ai une douzaine de résidents à gérer seul le jour et 90 la nuit, comment voulez-vous que je vois tout ?", explique-t-il.

     

    "On ne peut pas signaler tout et n'importe quoi"

    Même lorsque les violences sexuelles sont suffisamment étayées, elles ne sont pas toujours suivies de signalements auprès de l'administration ou à la justice. "Ça m'est déjà arrivé de voir un homme le slip baissé sur une femme allongée,affirme Mehdi, aide-soignant en Ardèche, à franceinfo. Lui avait envie, elle était totalement absente, je les ai séparés." Le cas a été inscrit dans la note de transmission destinée à ses collègues, mais l'affaire n'est pas allée plus loin.

    "On ne peut pas signaler tout et n'importe quoi au procureur, explique Roselyne Vasseur, responsable de la qualité des soins en Ehpad au Centre d'action sociale de Paris. On doit faire un rapport très circonstancié, interroger le personnel, recouper les faits, ça n'est pas toujours possible. Quand ça l'est, les familles n'ont pas forcément envie qu'on aille plus loin."

     

    "C'est très violent pour elles d'entendre que leur grand-mère a subi un rapport non consenti."

    Roselyne Vasseur

    à franceinfo

     

    Les enquêteurs n'ont pas non plus la formation nécessaire pour recevoir le témoignage d'une personne âgée ou handicapée. S'il existe des brigades spéciales pour les enfants, aucun service n'est spécialisé pour les personnes vulnérables et la procédure est la même que pour le reste de la population majeure. Si les enregistrements sonores et visuels sont obligatoires lors des interrogatoires des mineurs, ce n'est pas le cas pour les personnes âgées."Comme il est très difficile d'interroger une personne présentant des troubles cognitifs, les signalements que nous faisons à l'ARS [Agence régionale de santé] ou au procureur sont souvent sans suite", admet Roselyne Vasseur.

    Lorsque l'agresseur est atteint d'une maladie psychique au moment des faits, il n'est pas pénalement responsable de ses actes, selon l'article 122-1 du Code pénal, ce qui n'encourage pas à entamer les procédures. Et les affaires de viols sur personnes âgées n'échappent pas non plus à la lenteur des procédures ni à leur correctionnalisation [reclasser un crime en délit], pour désengorger les cours d'assises. En 2014 à Mulhouse, un aide-soignant de 18 ans, qui comparaissait pour le viol d'une femme de 92 ans durant sa toilette, a été jugé au tribunal correctionnel à la demande du parquet, détaille ainsi BFMTV. Il a écopé de cinq ans de prison ferme, mais aurait encouru vingt ans aux assises.

     

    Des justiciables à part ?

    Lenteur des dossiers, non-lieu, omerta.... Les personnes âgées sont-elles des justiciables délaissés ? "Cette situation n'est pas nouvelle, mais depuis quarante ans, elle s'est quand même nettement améliorée, il y a une prise de conscience, nuance une ancienne directrice de maison de retraite. Quand j'ai commencé dans les années 1970, c'était le Moyen Age. Je me souviens d'une Marie, forcée par d'autres résidents à faire des passes pour un franc dans l'indifférence générale. Les personnes vulnérables n'ont jamais été la priorité de la société. La question est : la société est-elle prête à payer pour eux ?"

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    En 2016, une loi sur l'adaptation de la société au vieillissement a pourtant été votée. Le texte stipule que "des enquêtes sont réalisées régulièrement sur les violences et les maltraitances à l'encontre des personnes âgées", sans évoquer spécifiquement les violences sexuelles. "Il faut que les familles et les soignants s'acharnent pour qu'il y ait un procès, parce que les textes existent pour les défendre", renchérit l'avocate Florence Fresnel, spécialiste de la tutelle et curatelle.

     

    "On n'a pas besoin d'une nouvelle loi, mais d'avoir les moyens de l'appliquer. La justice française, c'est 2% du budget, comment voulez-vous que tout soit bien traité ?"

    Florence Fresnel, avocate

    à franceinfo

     

    À l'étranger, la prise de conscience du problème est plus avancée dans certains pays, comme le Canada. Le ministère de la Sécurité publique du Québec élabore des statistiques très détaillées sur les différentes violences sexuelles commises sur les différents groupes de la population, comme les autochtones ou les aînés. "La police répertorie ces délits et crimes via le programme de déclaration uniforme de la criminalité. Cela permet de recenser et suivre l'évolution des infractions sexuelles au Québec", précisent les autorités de la province à franceinfo.

    Une campagne de communication spéciale sur les agressions sexuelles envers les personnes âgées a également été lancée en 2010. Rien de tel pour l'instant en France, où la lutte contre les violences envers les personnes âgées risque pourtant d'être un sujet majeur ces prochaines années. En 2050, selon les chiffres de l'Insee, un Français sur trois sera âgé de 60 ans ou plus, contre un sur cinq en 2005.

    Enquête de FranceInfo


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  • Première conférence de presse

    Pas très viril, on dirait un minet

    Et bien, il peut commencer !

     

    Depuis hier des milliers de cons se ruent dans les boutiques du Qatar-Psg pour acheter un maillot à 140€,  fabriqué en Asie par des miséreux et  floqué du nom d’un joueur brésilien de 25 ans qui n’a rien prouvé d’extraordinaire pour justifier une telle jobardise, si tant est qu’un tel délire soit justifiable.

    Ce qui me ferait marrer est qu’il se fasse dézinguer par un défenseur rugueux dès le début de la saison et soit out pendant quelques semaines, bon c’est vrai ça serait mauvais pour les audiences tv…

    EuroCalifat

    Moi aussi, j'aimerai qu'il soit mauvais et que le Qatar FC perde au 1er match avec lui !

     


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  • Saisie de cocaïne au Havre : huit personnes mises en examen, dont six placées en détention

    Huit personnes ont été mises en examen après la saisie record de cocaïne sur le port du Havre, a annoncé le procureur de la République du Havre, lors d'une conférence de presse, rapporte vendredi 4 août France Bleu Haute Normandie.

    Déjà condamnés pour des faits similaires

    Six individus ont été placés en détention, les deux autres ont été relâchés et placés sous contrôle judiciaire. Les huit suspects mis en examen, tous havrais, ne constituent pas la tête du réseau et seraient plutôt des logisticiens. Certains sont poursuivis pour importation de stupéfiants en bande organisée, un crime passible de 30 ans de prison. Deux d'entre eux avaient déjà été condamnés pour des faits similaires en 2015 et l'un des huit suspects est un docker.

     

    Au total, 1,3 tonnes de cocaïne a été saisie par la douane et la Police judiciaire depuis l'ouverture de l'information judiciaire en mars 2017 : 920 kilos dans deux conteneurs différents sur le port samedi 1 août, et 397 kilos au cours de l'enquête ces dernières semaines. Le prix de gros pour cette marchandise est estimé à 40 millions d'euros. Revendu au détail, le chiffre peut atteindre plus de 200 millions d'euros.

    FranceInfo

    Condamnés en 2015 et déjà dehors !

    Il faut construire des prisons !


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  • Un mort et plusieurs blessés dans une attaque au couteau à Hambourg

    Hambourg

    Drame dans un supermarché allemand: une attaque au couteau a fait un mort et quatre blessés. Le suspect, originaire des Emirats, a été arrêté par des passants.

    Un homme originaire des Emirats arabes unis, expulsable après que sa demande d'asile a été refusée, a tué vendredi au couteau une personne et en a blessé six autres à Hambourg (Allemagne) en criant «Allah Akbar», un acte qualifié d'«attentat» par le maire.

    Si la piste islamiste se confirmait, il s'agirait du premier attentat de ce type en Allemagne depuis décembre, lorsque le Tunisien Anis Amri avait foncé sur la foule d'un marché de Noël à Berlin, faisant 12 morts et 48 blessés.

     

    L'attaque de Hambourg rappellerait aussi par son mode opératoire celle du 3 juin à Londres : trois assaillants avaient renversé des piétons sur le London Bridge avant d'attaquer au couteau passants et fêtards dans le quartier animé de Borough Market, tuant huit personnes.

    Alors que la police allemande reste encore prudente sur les motivations de l'agression au couteau survenue dans une rue très commerçante de la ville portuaire du nord de l'Allemagne, le maire l'a qualifiée dans la soirée d'«attentat».

    «Attentat odieux»

    «Je suis scandalisé par l'attentat odieux qui a causé la mort d'au moins un habitant de Hambourg», a indiqué Olaf Scholz dans un communiqué. «Ces criminels veulent empoisonner notre société libre par la peur, mais ils vont échouer», a dit le maire.

    Il a aussi révélé qu'il avait été commis par un demandeur d'asile, un homme de 26 ans originaire des Emirats arabes unis, de surcroît en instance d'expulsion mais qui n'a pu être reconduit à la frontière faute de documents d'identité en règle.

    «Ce qui me rend encore plus en colère est que l'auteur est manifestement quelqu'un qui cherchait refuge en Allemagne et qui a détourné sa haine contre nous», a souligné le maire social-démocrate.

    Ce point risque de relancer la polémique en Allemagne sur l'accueil de plus d'un million de migrants depuis 2015, suite à l'ouverture des frontières par la chancelière conservatrice Angela Merkel, et ce à moins de deux mois des élections législatives.

    Le Tunisien responsable de l'attentat de Berlin en décembre était dans une situation juridique identique à celle l'auteur de l'attaque au couteau de Hambourg. Selon le quotidien Tagesspiegel, l'agresseur était connu de la police pour son fanatisme religieux.

    Mais selon le site internet du magazine Der Spiegel, l'homme, présenté comme Ahmad A., était aussi connu pour avoir des problèmes psychologiques et consommer de la drogue. Il vivait dans un centre de migrants de Hambourg.

    L'assaillant a fait irruption vendredi après-midi dans un supermarché d'un quartier populaire de la ville et tué un homme de 50 ans au couteau. Il a ensuite pris la fuite et blessé cinq autres personnes en frappant au hasard dans la rue sur son passage, avant d'être maîtrisé par des passants.

    Bilan : six personnes blessées, en partie «grièvement», une femme et cinq hommes âgés de 19 à 64 ans, dont l'un l'a été en tentant de maîtriser l'agresseur, selon la police.

    «Mauvais film»

    Car des passants se sont engagés dans une course poursuite, pour finalement le rattraper. Plusieurs témoins de la scène ont affirmé aux médias allemands que l'agresseur avait crié «Allah Akbar!» («Dieu est le plus grand») sur son passage.

    «On s'est levé d'un coup et on a vu passer un homme avec un énorme couteau à la main, type couteau à viande», a raconté à l'AFP Ralph Woyna, un habitant du quartier. «Des clients ont alors pris tout ce qu'il y avait de chaises dans le café et l'ont pourchassé (...) j'ai entendu au loin un cri Allah Akbar, du coup j'ai tout de suite compris que c'était un attentat», a-t-il ajouté.

    «J'ai cru que j'étais dans un mauvais film, j'ai pensé qu'il allait me poignarder», a dit une cliente du supermarché à la chaîne n-tv. Il tenait «un couteau gigantesque», a-t-elle raconté, en montrant une longueur de 50 centimètres environ.

    Le quotidien allemand Bild a publié sur son site internet une photo de l'assaillant assis sur le siège arrière d'une voiture de police, avec un sac blanc et couvert de sang posé sur sa tête.

    24 Heures.ch


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