• Mort de Jamal Khashoggi : les doutes sur la crédibilité de la version saoudienne

    © Metafora Production/AP Jamal Khashoggi en mars 2018. 

    L'Arabie saoudite a admis samedi, 17 jours après la disparition de Jamal Khashoggi, que le journaliste saoudien avait été tué à l'intérieur du consulat du royaume à Istanbul.

    Il aura fallu dix-sept jours - et de nombreuses incohérences dans sa défense - pour que l'Arabie saoudite reconnaisse enfin que Jamal Khashoggi est mort, le 2 octobre, dans son consulat à Istanbul à la suite d'une «rixe à coups de poings» entre le journaliste dissident et des officiels qui le recevaient.

    Cette version, donnée dans la nuit de vendredi à samedi par le procureur général saoudien, a été peu après démentie par le directeur d'un centre de réflexion considéré comme proche de la direction du royaume, Ali Shihabi, qui impute la disparition de Khashoggi à «un étranglement et pas à une rixe à coups de poings». Bref, avant comme après cette reconnaissance saoudienne, la cacophonie persiste. 

    Trois jours après la disparition de l'opposant, le prince héritier et l'homme fort à Riyad, Mohammed Bin Salman (MBS), affirmait pourtant à l'agence Bloomberg qu'il ne connaissait pas le sort de Jamal Khashoggi, mais que, d'après ce qu'il en savait, il était sorti du consulat, quelques heures après y être entré ! 

    Si le journaliste est bien mort d'une bagarre, qui a mal tourné, pourquoi alors ne pas avoir donné le corps à sa famille? Ou est-il d'ailleurs? Il aurait été donné à un «opérateur local», selon un représentant saoudien cité par l'agence Reuters.

    Au-delà de l'enquête, d'autres questions se posent. Sur les premières sanctions prises par Riyad. Le général Ahmad al-Assiri, numéro deux des services de renseignements, et Saoud al-Qahtani, sorte d'éminence grise de MBS dont Le Figaro avait annoncé mardi qu'il était dans le collimateur, ont été destitués. Dix-huit autres personnes ont également été arrêtées. 

    Les lampistes suffiront-ils à éteindre l'incendie? Grand allié de l'Arabie, Donald Trump estime «crédible» la version saoudienne mais il précise que ce n'est qu'un «pas» vers l'établissement de la vérité. Y-en-aura-t-il d'autres? Il avait promis de «sévères conséquences», si Riyad est impliqué !

    Ahmad al-Assiri, francophone, ancien de Saint-Cyr, et Saoud al-Qahtani, qui rappelait l'an dernier dans un Tweet qu'il ne prenait pas ses décisions seul, peuvent-ils avoir agir sans feu vert de leur chef MBS? Les spécialistes du royaume conduit depuis un an d'une main de fer par le jeune prince n'y croient pas. Aux Etats-Unis, de nombreux sénateurs, ont déjà mis en doute la version officielle. De même qu'Antonio Guterres, le secrétaire-général de l'ONU, qui réclame «une enquête rapide, approfondie et transparente sur les circonstances du décès». Mais l'investigation va-t-elle se poursuivre? C'est l'une des principales inconnues de ce samedi.

    Une autre concerne l'avenir de MBS. «Renvoyer Saoud al-Qahtani et Ahmad al-Assiri, c'est aller aussi près qu'il est possible de MBS, souligne l'analyste Kristian Ulrichsen. Il sera intéressant de voir si ces mesures s'avèrent suffisantes. Si le goutte-à-goutte de détails supplémentaires (sur la mort de Khashoggi) continue, il n'y a plus de tampon pour protéger MBS», prévient-il.

    Depuis une semaine, comme nous le révélions mardi, le roi Salman a consulté et écouté les «Sages» de la famille régnante, où la cote du jeune prince héritier a encore baissé. Selon une enquête de Reuters, le roi n'a été informé de cette affaire que quelques jours après son déclenchement. Une affaire qui a considérablement terni l'image de son pays. Va-t-il continuer d'absoudre son fils préféré ?

    Le monarque a annoncé la création d'une commission ministérielle présidée par MBS pour restructurer les renseignements saoudiens.

    Une source officielle citée par Reuters affirme qu'il n'y avait pas d'ordre explicite de tuer Khashoggi, simplement une «consigne générale de ramener les opposants dans le royaume». Mais qui peut sérieusement croire que le problème vient uniquement d'un mauvais fonctionnement des grandes oreilles saoudiennes?

    Depuis des décennies, Salman était l'arbitre des bisbilles entre princes au sein de la famille régnante. À 83 ans, le monarque, dont la santé laisse à désirer, se retrouve à gérer un problème, cette fois, autrement plus dangereux, qui touche à la crédibilité internationale de celui qui dirige au quotidien un royaume, acteur de premier plan pour la régulation du marché pétrolier et pièce maîtresse pour la stabilité du Moyen-Orient.

    Vendredi, le roi a appelé le président turc Recep Tayyip Erdogan. Les deux pays ont promis de continuer de travailler ensemble. Le prince Khaled al-Faysal, demi-frère du roi et son homme de confiance, s'était rendu en Turquie négocier avec Erdogan. Ankara va-t-il se satisfaire de cette reconnaissance saoudienne? Si oui, quelles en sont les contreparties, voire les bénéfices que la Turquie en retirera?

    La même question se pose en Europe, en Grande-Bretagne et en France en particulier, les principaux alliés de Riyad sur le vieux Continent. Lundi soir, Emmanuel Macron confiait au Figaro son «attente exigeante» des résultats de l'enquête sur la mort de Khashoggi. L'habillage saoudien donné ce samedi matin répondra-t-il aux «exigences» de vérité affichées par Paris et Londres.

    L'affaire Khashoggi n'est pas terminée !

    Le Figaro.fr

    Si Trump se contente de ces explications, c'est qu'il s déculotte !


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  • Face à une nouvelle caravane de migrants, Trump menace de fermer la frontière

    © Esteban Biba/EFE/SIPA Des migrants honduriens au Guatemala, le 17 octobre 2018. 

    Ils étaient 200 il y a une semaine. Mais le bouche-à-oreille et les appels sur les réseaux sociaux aidant, la nouvelle « caravane » de migrants honduriens fuyant pour la plupart les violences et la pauvreté est désormais estimée à au moins 4.000 personnes. Fracturés en petits groupes, ils marchent en direction de la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis, où ils espèrent obtenir l’asile politique. Mais Donald Trump compte tout faire pour les en empêcher, menaçant, jeudi, de fermer la frontière, cinq mois après la politique de séparation des familles qu’il avait été contraint d’arrêter.

    « Je dois, dans les termes les plus forts, demander au Mexique de stopper cet assaut - et s’il n’en est pas capable, je ferai appel à l’armée américaine et FERMERAI NOTRE FRONTIERE DU SUD !…», a-t-il tweeté, renouvelant ses menaces de couper les aides financières aux pays d’Amérique centrale concernés. Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo doit se rendre jeudi et vendredi au Panama puis au Mexique.

    A trois semaines des midterms

    2.000 migrants ont quitté samedi San Pedro Sula, au Honduras, après un appel sur les réseaux sociaux. Ils ont ensuite franchi la frontière avec le Guatemala à Esquipulas, et certains avaient atteint jeudi la capitale guatémaltèque. Un autre millier de Honduriens ont franchi mercredi la frontière avec le Salvador avec l’intention de traverser le pays pour rejoindre la marche au Guatemala.

    Ensuite, c’est un voyage de près de 3.000 km qui les attend à travers le Mexique, à pied, en train et en bus. Ils espèrent arriver dans trois mois au Texas. Si la police mexicaine ne les expulse pas avant.

    « Des délinquants »

    Donald Trump enfourche de nouveau l’un de ses principaux chevaux de bataille – qui a contribué à sa victoire présidentielle en 2016 – à trois semaines de législatives à l’issue desquelles les républicains pourraient perdre leur majorité au Sénat et/ou à la Chambre des représentants. Selon le président américain, cette marche est « aiguillée » par les démocrates.

    Le milliardaire républicain accuse le parti d’opposition d’être en faveur de l’ouverture des frontières et à l’origine de lois qu’il juge laxistes. Les leaders du Guatemala, du Honduras, et du Salvador « font très peu pour stopper le vaste afflux de personnes, DONT BEAUCOUP DE DELINQUANTS », a-t-il également dénoncé.

    20 Minutes


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  • Migrants en Méditerranée : deux instituts préconisent d'ouvrir un centre d'accueil en France

    Cela s’inscrirait dans une vaste refonte de l’accueil des demandeurs d’asile dans l’Union européenne.

    Ouvrir un centre en France pour les demandeurs d'asile arrivés par la Méditerranée. C'est l'une des 16 propositions lancées ce jeudi par deux instituts, alors que la France a refusé cet été de laisser accoster les navires remplis de migrants.

    «Le droit d'asile dans l'Union européenne est en danger», affirment dans un rapport conjoint le think tank Terra Nova (centre-gauche) et un autre laboratoire d’idées, l'Institut Montaigne (libéral), qui juge «urgent d'accélérer la refonte» d'un système «aussi injuste qu'inefficace».

     

    «Une charge disproportionnée» sur la Grèce et l’Italie

    Le rapport préconise ainsi «la suppression de la règle du pays de première entrée» instaurée par le règlement de Dublin (Irlande). Cette règle régit le dépôt des demandes d'asile. Il doit être fait dans le pays où les demandeurs sont arrivés dans l’Union européenne (UE). Ce mécanisme fait peser sur la Grèce et l'Italie «une charge disproportionnée». A la place, chaque demandeur pourrait solliciter l'Etat de son choix.

    A l'heure où la crise se focalise sur la Méditerranée, le rapport préconise d'ouvrir des «Centres européens d'accueil et de traitement» des demandes d'asile sur les côtes des pays européens «ayant une façade sur la Méditerranée». A titre expérimental, «l'Espagne, la France, l'Italie et Malte seraient sollicitées» pour ouvrir «au minimum» un centre. La France a refusé cet été d'accueillir les navires humanitaires de migrants dont l'Italie n’a pas voulu, arguant du principe de «port sûr le plus proche».

     

    La menace de pénalités financières

    L'idée rappelle le projet européen de «centres contrôlés», où un premier tri serait fait entre demandeurs d'asile légitimes et migrants économiques à expulser. Sauf qu'il ne s'agirait pas de centres «fermés», précise le rapport. Chaque Etat y dépêcherait des agents pour examiner «en moins d'un mois» les demandes d'asile. A défaut, il s'exposerait à des pénalités financières. La mise en place serait financée par l'UE, «ainsi que les retours des déboutés», ajoute le rapport, qui chiffre à 57 millions d'euros ses propositions pour la France.

    Le rapport préconise aussi de conclure avec les pays de transit des accords «pour faciliter un accueil des migrants respectueux de la dignité humaine», mais il met en garde contre toute «sous-traitance» des demandeurs d'asile à des pays tiers sûrs, qui «augmenterait considérablement les risques de chantage» envers l'Europe.

    Il plaide enfin pour la création d'un «Office européen du droit d'asile» qui s'appuierait «sur des autorités nationales indépendantes», avec un «mécanisme de solidarité» pour répartir les demandeurs en cas de surcharge d'un pays, et suggère d'accorder aux réfugiés «un socle commun de droits», notamment celui de séjourner dans un autre pays de l'UE.

    Le Parisien - 18 10 2018


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  • 22.724 infractions ont été enregistrées entre août 2017 et 2018.

    Les forces de police britanniques enregistrent de plus en plus d'infractions liées à la prise, possession ou diffusion d'images pédopornographiques. 22.724 infractions ont été enregistrées entre août 2017 et 2018 –soit en moyenne une infraction toutes les vingt-trois minutes– une augmentation de 23% par rapport à l'année précédente. 

    Ces chiffres ont été réclamés par la NSPCC, la société nationale de prévention contre la cruauté envers les enfants, qui a lancé une nouvelle pétition pour lutter contre la diffusion d'images pédopornographiques sur les réseaux sociaux, titrée «Wild West Web» («L'internet sauvage»). Chaque image vue «représente un enfant qui a été forcé et abusé pour répondre à la demande de ce marché», a insisté Tony Stower, responsable du programme de sûreté des enfants en ligne à la NSPCC, auprès du magazine Metro. Il dénonce notamment le manque de protection sur les réseaux sociaux qui «donnent aux criminels un accès bien trop simple aux enfants pour les cibler et en abuser». 

    En 2017, la fondation Internet Watch avait déjà identifié plus de 78.000 URL dans le monde contenant des images pédopornographiques. 

    À LIRE AUSSI YouTube, eldorado des prédateurs sexuels

    La pratique du grooming 

     Peter Wanless, le directeur de la NSPCC, veut s'attaquer en particulier à ce que les Anglo-Saxons appellent le «grooming», pratique qui consiste à amadouer et abuser de la confiance d'un enfant pour lui soutirer des images à caractère pornographique: «Cela arrive maintenant, à tous les jeunes enfants, cela arrive tellement que la pratique se normalise, et cela ne vient pas seulement d'adultes étrangers à l'enfant mais aussi d'adultes qu'il connaît.»

    Les abuseurs menacent les enfants et ados de diffuser leurs photos sur les réseaux et les font chanter pour en obtenir davantage. De nombreuses victimes s'en remettent à la ligne d'appel d'urgence de la NSPCC, dont certains messages anonymisés ont été transmis à la presse. «J'ai pris une photo de moi nue et je l'ai envoyée à un homme plus âgé. Maintenant, il me menace et m'insulte. Il me dit qu'il va dire à tout le monde ce que je suis vraiment. J'ai vraiment peur que ma famille l'apprenne», témoigne une adolescente de 16 ans. 

    La NSPCC a bien peur que la pratique d'échanges d'images à caractère sexuel ne soit en train de s'intensifier. Un sondage de l'organisme datant du mois d'août et portant sur 40.000 jeunes de 7 à 16 ans a révélé qu'en moyenne un ou une sur 50 avait déjà envoyé une image de nudité partielle ou complète à un adulte.

    À LIRE AUSSI La France a un problème de prise en charge de la pédophilie

    Légiférer

     L'augmentation du nombre d'infractions recensées ne signifie pas nécessairement une augmentation du nombre de crimes, mais possiblement une augmentation de celui des rapports rédigés par les géants d'internet, de l'efficacité des enquêtes et d'une meilleure prévention. La police reste malgré tout débordée par le nombre d'affaires et réclame aux réseaux sociaux d'aller plus loin, de ne pas se contenter de signaler les crimes mais aussi de s'attaquer à leurs sources. Elle souhaiterait que les réseaux eux-mêmes prennent des mesures pour empêcher la diffusion de ces images et qu'ils s'attaquent aux comptes d'adultes qui demandent beaucoup d'enfants en amis sans avoir de liens de proximité avec eux. Elle réclame également au gouvernement une facilitation des procédures judiciaires pour pouvoir agir plus rapidement. 

    Sajid Javid, secrétaire d'État britannique à l’Intérieur a prévu d'affronter le problème; une loi serait déjà en cours de préparation et devrait être présentée vers la fin de l'année. «Si les géants du web ne prennent pas plus de mesures pour retirer ce type de contenu de leur plateformes, alors je n'aurais pas peur d'agir, a-t-il menacé. Notre degré d'intervention sera déterminé par l'action et l'attitude de cette industrie.»

    Slate.fr


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  • Cet épisode de Cash Investigation qui fait trembler la famille Pinault

    Cash Investigation s'est penché sur notamment sur la méthode d'optimisation fiscale du groupe Kering. A la clé 2 milliards d'euros d'impôts volatilisés. LVMH n'est pas oublié non plus avec une enquête très fouillée sur les sous-traitants du cuir. 

    Cash Investigation a enfin décidé de s’intéresser à l’industrie du luxe, un secteur très difficile à percer qui nécessite des moyens et du temps d’enquête ce dont, à priori, ce format d’émission dispose. Le résultat est à la hauteur d’une année d’enquête même si les trois sujets traités n’ont pas la même consistance. Les équipes d’Elise Lucet se sont penchées sur trois thèmes avec plus ou moins de pertinence : la sous-traitance du cuir en Italie, la fraude fiscale du groupe Kering et le sourcing de la fourrure en Asie.

    Le sujet le plus fouillé est sans aucun doute celui sur Kering (Gucci, Yves Saint Laurent, Balenciaga…), propriété de la famille Pinault. L’émission décortique avec un luxe de détails les montages mis en place par le numéro deux français du luxe pour éviter de payer des impôts notamment en Italie et en France. L’enquête a été conduite en partenariat avec Mediapart qui n’a pas attendu la diffusion de Cash pour sortir son enquête au printemps dernier. Les chiffres sont donc pour la plupart déjà sortis et le parquet financier italien s’est déjà saisi de l’affaire et a lancé un certain nombre de perquisitions. Mais une piqure de rappel n’est jamais inutile dans pareille situation : d’après Cash, le manque à gagner fiscal s’élèverait à 2,5 milliards d’euros depuis 2002. Rien que pour la marque française Yves Saint Laurent, le manque à gagner pour Bercy se chiffrerait à 180 millions d’euros. Cash nous emmène à Lugano, en Suisse à la découverte des entrepôts très discrets du groupe. Cette plateforme logistique placée sous la holding LGI serait la clé de voute depuis des années utilisées par Kering pour y transférer les profits record de ses marques européennes. Tous les produits de luxe devaient transiter par la Suisse y compris les articles saisonniers et peu importe si ce transfert prend du temps l’optimisation fiscale prime sur la stratégie commerciale, explique le documentaire.

     

    1,49 million de profits par an et par salarié

    Car dans ce canton Suisse du Tessin, le taux d’imposition des entreprises y est limité à hauteur de 8% contre 33% à Paris et 25% à Milan. Quelle aubaine ! Résultat : cet entrepôt de 600 salariés annonce des performances absolument exceptionnelles de 900 millions d’euros de profits, soit 70% du montant total des profits du groupe. Un salarié de LGI génèrerait donc à lui seul 1,49 million de profits par an contre seulement 13 000 euros en moyenne dans les autres pays du groupe.

    Cash dispose du témoignage musclé d’un ancien cadre du groupe, évidemment anonyme. Il faut l’entendre nous expliquer que « l’éthique fiscale n’était pas un sujet, la seule préoccupation des dirigeants de Kering était le risque d’un contrôle fiscal et le risque d’image pour le groupe ». C’est comme souvent, à l’occasion de l’assemblée générale annuelle de Kering, que Cash obtient des réponses à ses questions auprès des dirigeants. François-Henri Pinault, PDG de Kering joue le jeu et répond assez longuement aux questions de la journaliste. Droit dans ses bottes, il estime que « tout est parfaitement légal, LGI n’est pas seulement une plateforme logistique, cette entreprise a une vraie activité commerciale, 600 personnes y travaillent ». Mais dès que les questions se précisent, notamment sur le fait que LGI ait salarié des top manageurs du groupe, les réponses se font plus évasives : « nous répondrons à la justice italienne », se contente François-Henri Pinault. Pour le commissaire européen, Pierre Moscovici interrogé sur ce montage hors norme, il n’y a pas de doute, « cela s’assimile à un montage d’optimisation fiscale ». Pour l’ancien ministre Français de l’Economie, « il faut que la richesse produite soit taxée là où elle est produite ». 

     

    Un parquet financier toujours pas saisi

    A ce stade du reportage, il manque à l’évidence une réaction des autorités Françaises. Ni le ministre des Comptes Publics, Gérald Darmanin, ni son administration ne sont interrogés sur cette affaire qui concerne un groupe Français. On a connu Elise Lucet plus pugnace en la matière. De même, on ne comprend pas bien pourquoi le parquet Français ne s’est toujours pas saisi d’un morceau de cette affaire. Après tout l’entreprise française Yves Saint Laurent est aussi pointée du doigt également pour évasion fiscale. Un manquement passé sous silence par Cash. « Nous avons compris que le fisc français attendait que le fisc italien avance dans sa procédure pour se prononcer sur ce dossier », se défend Zoe de Bussière, l’auteur du documentaire.   

     

    13 heures de travail sans pause

    Les caméras de Cash investigation ont également choisi de se pencher sur les sous-traitants en cuir des grands groupes de luxe. A quelques jours de la présentation par LVMH de ses « Journées Particulières », les images des chaines de sous-traitants de Kenzo, maison du groupe, vont faire désordre. Alors que LVMH se targue, dans son propre code de conduite d’interdire le travail illégal, d’obligation à travailler dans un environnement sain, on découvre les méthodes de l’entreprise Termoplak fournisseur de Zabri, lui-même sous-traitant de Kenzo. Les témoignages des travailleurs de cette entreprise, pour l’essentiel des immigrés sans papier, sont accablants : doigts coupés par les machines, travail sans pause de 13 heures par jour, des mois entiers de salaires non versés, multiplication des accidents de travail… et une inspection du travail local qui ferme les yeux. Quant au numéro un mondial du luxe, il s’en sort avec une excuse en béton : « nous n’avons que de minuscules volumes sous contrat chez Zabri ». Cash Investigation a bien essayé d’en savoir un peu plus auprès du groupe de luxe et n’a trouvé comme interlocuteur que le directeur de la communication. Pourtant Bernard Arnault multiplie les sorties publiques (assemblée générale, défilés de mode, inauguration). Là encore on aurait aimé qu’Elise Lucet tente sa chance auprès de la première fortune mondiale pour obtenir des réponses plus précises. 

     

    Fourrure de lapin

    Le dernier sujet abordé par Cash concerne les fourrures. L’émission d’investigation remonte toute la filière chinoise de fabrication de la fourrure de lapin pour la marque Max Marra. Les images des élevages de lapin sont certes choquantes mais est-ce vraiment le bon sujet et la bonne cible ? La fourrure est de plus en plus délaissé par les groupes de luxe, en revanche il y a sans doute beaucoup à redire sur les élevages de crocodiles d’Hermès ou de LVMH. Et plutôt que Max Marra, petite maison de luxe, il eut été plus pertinent de s’intéresser aux fourrures de la maison itialienne de LVMH Fendi (qui s’en est fait une spécialité) pour voir si cette filiale respecte à la lettre le code éthique du groupe.

    Challenges


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  • Le pourquoi il a fait sa fameuse lettre !

    A écouter attentivement jusqu'au bout !

    Vive Onfray, vive Zemmour !


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  • Trafic d'héroïne : 230 kilos de produits de coupe saisis, un réseau d'approvisionnement démantelé

    Saisie record pour les policiers du groupe stupéfiants de la sûreté urbaine du commissariat d'Annecy. Le mercredi 3 octobre dernier, suite à l'interpellation, à Annemasse, de cinq individus d'origine albanaise identifiés comme les membres d'un réseau d'approvisionnement en héroïne des équipes de revendeurs du département, ce sont 230 kilos de produits de coupe servant à la fabrication de l'héroïne inondant la Haute-Savoie qui ont été saisis.

    C'est une grande première. Après l'interpellation en janvier et en mars dernier de deux équipes de revendeurs d'héroïne, les policiers annéciens ont neutralisé le mercredi 3 octobre dernier, sur la base des éléments collectés, le premier réseau d'approvisionnement en héroïne de Haute-Savoie.

    Une grande première en Haute-Savoie, un véritable coup d'arrêt pour le trafic

    Interpellés dans deux pavillons localisés à Annemasse et Gaillard, quatre des cinq individus âgés entre 30 et 40 ans ont été placés en détention, dans l'attente de leur jugement qui ne devrait pas intervenir avant fin 2019. Le cinquième homme, propriétaire de la maison dont le garage servait à la confection du mélange des produits de coupe, a quant à lui été placé sous contrôle judiciaire.

    "Le démantèlement d'un réseau d'approvisionnement des équipes de trafiquants qui sévissent sur le département, et même au-delà sur le bassin lémanique et le canton de Genève, est une première. Il est certain que c'est un coup d'arrêt pour le trafic, la marchandise va manquer dans les prochains mois, une pénurie est en perspective", a confirmé le commandant de police Jean-Philippe Charvet, chef de la sureté urbaine du commissariat d'Annecy.

    Soit 325 kilos d'héroïne à la vente, pour une valeur de 6,5 millions d'euros

    La perquisition du laboratoire des trafiquants a permis aux policiers de mettre la main sur 230 kilos de produits de coupe, un record qui prouve l'ampleur du trafic inondant la Haute-Savoie. Ces 230 kilos de produits de coupe, nécessitant environ 95 kilos d'héroïne pure, correspondent, après coupe, à une quantité à la vente de 325 kilos d'héroïne, représentant une valeur marchande de 6,5 millions d'euros. Trois véhicules ont été saisis ainsi que 4000 euros en liquide.

    La saisie record des produits en provenance de Belgique acheminés par la route jusqu'en Haute-Savoie découlait de plusieurs mois d'enquête et de surveillance des protagonistes par les policiers du groupe stupéfiants qui signent sans aucun doute la plus belle affaire de l'année.

    Le Dauphiné.com - Par Vincent BOUVET-GERBETTAZ | Publié le 08/10/2018 à 15:15


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  • Allemagne: forte hausse des expulsions vers les pays du Maghreb

    Le nombre des expulsions d'Allemagne vers les pays du Maghreb est en forte hausse depuis 2015, du fait notamment des progrès en matière d'identifications biométriques, selon une étude publiée lundi.

    "Amélioration de la coopération"

    Le nombre d'expulsions vers le Maroc est ainsi passé de 61 en 2015 à 634 en 2017, précise le rapport, révélé par le quotidien populaire Bild. Sur les huit premiers mois de 2018, 476 personnes ont déjà été expulsées vers ce pays.

    La tendance est la même vers la Tunisie (17 expulsions en 2015, 251 l'an dernier, 231 cette année) et l'Algérie (57 en 2015, 504 en 2017, contre 400 à la fin août de cette année).

    Le ministère de l'Intérieur a "confirmé" lundi cette tendance, qui s'explique selon un porte-parole par une "amélioration de la coopération avec ces pays".

    Identification 

    Le rapport publié par Bild met l'accent en particulier sur "des progrès significatifs dans l'identification des personnes potentiellement obligées de quitter le pays".

    Les trois pays d'Afrique du Nord ont désormais la possibilité d'identifier leurs ressortissants "sur la base d'un échange de données biométriques sous forme électronique". Cela a "entraîné une forte augmentation du nombre d'identifications", précise l'étude. 

    Le gouvernement allemand avait pris en juillet des dispositions pour accélérer encore les renvois de demandeurs d'asile originaires des trois pays, en les inscrivant comme "pays sûrs". Un projet de loi en ce sens avait été adopté en Conseil des ministres le 18 juillet.

    Sujet sensible

    Le sujet est très sensible depuis les agressions commises sur des femmes le soir du Nouvel An 2015 à Cologne, attribuées par la police à des hommes originaires d'Afrique du Nord et, surtout, depuis l'attentat perpétré en décembre à Berlin (12 morts) par le Tunisien Anis Amri. Celui-ci avait été débouté de sa demande d'asile mais n'avait jamais été expulsé d'Allemagne en raison de quiproquos administratifs.

    Les associations de défense des droits de l'homme s'opposent elles à l'inscription des pays maghrébins sur cette liste de pays sûrs en raison notamment des discriminations visant les homosexuels, les atteintes à la liberté d'expression et les cas de torture qui y sont recensés.

    BFM.TV


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  • La Chine garde le silence sur la disparition du président chinois d'Interpol

    Meng Hongwei fait l’objet d’une enquête en Chine et aurait été « emmené » par les autorités « dès son atterrissage » dans son pays la semaine dernière pour des motifs encore flous, selon un quotidien de Hong Kong...

    La Chine garde le silence, ce samedi, à propos de la disparition de Meng Hongwei, le président chinois de l’organisation de coopération policière Interpol, également vice-ministre chinois de la Sécurité publique. Le ministère chinois des Affaires étrangères n’a pas répondu aux demandes de l’AFP.

    Meng Hongwei fait l’objet d’une enquête en Chine et aurait été « emmené » par les autorités « dès son atterrissage » dans son pays la semaine dernière pour des motifs encore flous, a affirmé vendredi le quotidien de Hong Kong en langue anglaise South China Morning Post citant une source anonyme.

    Menaces

    Une enquête pour disparition a été ouverte en France vendredi - le siège d’Interpol se trouve à Lyon - et Paris a fait part de son « interrogation » sur la situation de Meng Hongwei, âgé de 64 ans, se disant « préoccupée » par des menaces reçues par son épouse. « Interrogées par le bureau de liaison d’Interpol à Pékin, les autorités chinoises n’ont pour l’heure pas apporté de précisions », a ajouté le ministère français de l’Intérieur. « Les échanges se poursuivent avec les autorités chinoises ».

    L’épouse de Meng Hongwei a informé jeudi soir la police de Lyon, où réside le couple, de la disparition « inquiétante » de son mari se disant sans nouvelles de lui depuis le 25 septembre. Quelques jours auparavant, selon des sources concordantes, il avait rejoint la Chine en avion depuis Stockholm.

    Pour sa part, Interpol s’est borné à indiquer que « cette affaire concerne les autorités compétentes en France et en Chine ». C’est l’Allemand Jürgen Stock, son secrétaire général, et non Meng Hongwei, qui est chargé de la conduite de l’organisation au quotidien, a souligné Interpol.

    1,5 million de responsables chinois poursuivis

    Il s’agit de la dernière disparition en date d’un haut responsable en Chine où plusieurs dirigeants gouvernementaux, magnats et même une star se sont évanouis des semaines, voire des mois durant.

    Des interrogations se multipliaient pour savoir si Meng Hongwei, élu fin 2016 à la tête d’Interpol, aurait été victime de la campagne anticorruption lancée par le président Xi Jinping depuis son arrivée au pouvoir en 2012. Selon des chiffres officiels, 1,5 million de responsables ont déjà été poursuivis dans le cadre de cette campagne soupçonnée de viser aussi des opposants.

    Pourquoi une enquête ?

    Les raisons d’une enquête visant Meng Hongwei ne sont pas claires. Il a gravi les échelons de l’appareil sécuritaire du pays au temps où celui-ci était dirigé par un rival de Xi Jinping, Zhou Yongkang, qui purge depuis juin 2015 une peine de prison à perpétuité pour corruption, abus de pouvoir et divulgation de « secrets d’Etat ».

    Personnage le plus haut placé du régime chinois victime de la campagne anticorruption, son fils et sa femme ont également été emprisonnés pour corruption en 2016 et les autorités ont ensuite continué à vouloir éradiquer son influence.

    « Chasse aux renards »

    Son élection à la tête d’Interpol pour quatre ans avait provoqué les craintes de dissidents de voir Pékin utiliser l’organisation pour traquer ses opposants réfugiés à l’étranger. Interpol avait minimisé ces inquiétudes, soulignant que l’article 3 de ses statuts stipule que l’organisation « s’interdit absolument toute intervention à caractère politique, militaire, religieux ou racial ».

    La Chine mène depuis 2014 une vaste traque internationale baptisée « Fox Hunt » (« Chasse aux renards ») visant des fugitifs soupçonnés d’avoir commis des malversations financières. Selon le site d’Interpol, 44 « notices rouges » sont actuellement diffusées à la demande de Pékin, la plupart liées à des meurtres, blessures volontaires et trafic de drogue.

    Sous la présidence de Meng Hongwei, Interpol a publié une « notice rouge » visant le milliardaire chinois exilé aux Etats-Unis, Guo Wengui. Cet ex-magnat de l’immobilier chinois accusé de blanchiment livre une guérilla sans merci sur les réseaux sociaux au régime de Pékin, menaçant de révéler de supposées turpitudes de l’élite politique.

    20 Minutes

    Pourquoi avoir mis un communiste chinois à la tête d'Interpol ?

    C'est comme l'Arabie Saoudite à l'ONU à la tête des Droits de l'homme !


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  • Le projet fou d'Auchan: des potagers géants autour de ses magasins

    Auchan va lancer d'ici à 2020 un immense projet de fermes urbaines autour de 50 de ses magasins qui les fourniront de produits de saison.

    Auchan n'aura jamais aussi bien porté son nom. L'enseigne créée en 1961 dans le quartier des Hauts-Champs à Roubaix va en effet selon le site LSA se lancer dans un très vaste chantier agricole. Le groupe veut en effet implanter des fermes urbaines autour de ses magasins. Une première devrait sortir de terre en 2020.

    Et ce ne serait pas un projet isolé puisque le distributeur nordiste vise au total pas moins de 50 implantations. "Nous possédons, via notre foncière Ceetrus, des centaines d’hectares de terres agricoles autour de nos sites en dehors de Paris et de sa région que nous comptons mettre en valeur sous forme de ferme urbaines étroitement reliées à nos magasins", explique un dirigeant d'Auchan dans LSA. La région parisienne ne serait par contre pas concerné du fait de la rareté et du prix du foncier.

    L'idée est donc de proposer à la vente dans les magasins des produits agricoles cultivés à côté du magasin. Le véritable kilomètre zéro en quelque sorte. "Le principe est d’être 100% local avec une ferme à côté du magasin, qui proposera des variétés locales de produits de saison, cultivés sur place par et pour des gens du coin", détaille le responsable de l'enseigne. une marque spécifique serait créée pour l'occasion pour mettre en valeur cette production.

    Les petits potagers de Carrefour et du BHV

    Et il ne s'agirait pas de micro-fermes puisque sur chaque site ce serait une centaine d'hectares qui seraient consacrés à la production agricole dont une partie en bio lorsque cela sera possible. Et si les terres appartiendront à Auchan, le groupe veut y impliquer les producteurs locaux avec des aides à l'installation et éventuellement des prises de participation dans les sociétés pour les riverains et les clients qui voudraient s'impliquer dans le projet.

    Ce projet s'il se concrétise serait un "virage radical pour les hypers", assure LSA car il serait alors bien plus ambitieux que les petits potagers sur les toits ou les parkings qui fleurissent ci et là depuis quelques années. Carrefour avait ainsi inauguré en 2017 un potager de 1200 m² sur le toit de son hypermarché de Villiers-en-Bière en Seine-et-Marne. LE BHV du Marais à Paris avait fait de même avec un jardin potager de 1500 m². Mais leurs productions sont anecdotiques et sont plus des compléments que de véritables nouvelles manières de se fournir en fruits et légumes. Ce qu'ambitionne Auchan avec son projet de fermes.

    BFM.TV


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  • Le Nobel de la paix au Congolais Denis Mukwege et à la Yazidie Nadia Murad

    Le prix Nobel de la paix a été attribué vendredi au médecin congolais Denis Mukwege et à la Yazidie Nadia Murad, ex-esclave du groupe Etat islamique, qui oeuvrent à "mettre fin à l'emploi des violences sexuelles en tant qu'arme de guerre".

    Le prix Nobel de la paix a été attribué vendredi au médecin congolais Denis Mukwege et à la Yazidie Nadia Murad, ex-esclave du groupe Etat islamique, deux champions de la lutte contre les violences sexuelles employées comme "armes de guerre" dans les conflits.

    L'un gynécologue, l'autre victime devenue porte-parole d'une cause, Denis Mukwege (63 ans) et Nadia Murad (25 ans) incarnent une cause planétaire qui dépasse le cadre des seuls conflits, comme en témoigne le raz-de-marée planétaire #MeToo déclenché il y a un an jour pour jour par des révélations de press esur le comportement du producteur américain Harvey Weinstein.

    Ils ont été récompensées "pour leurs efforts pour mettre fin à l'emploi des violences sexuelles en tant qu'arme de guerre", a déclaré la présidente du comité Nobel norvégien, Berit Reiss-Andersen.

    "Denis Mukwege est quelqu'un qui a dédié toute sa vie à la défense des victimes des violences sexuelles perpétrées en temps de guerre. Sa colauréate Nadia Murad est le témoin qui relate les abus perpétrés à son encontre et d'autres", a souligné Mme Reiss-Andersen.

    "On ne s'habitue jamais"

    Femmes, enfants et même bébés de quelques mois... Denis Mukwege a soigné quelque 50.000 victimes de viols à l'hôpital de Panzi qu'il a fondé en 1999 à Bukavu, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC). "L'homme qui répare les femmes" --titre d'un documentaire qui lui a été consacré-- dit voir en ces violences sexuelles des "armes de destruction massive".

    "Nous avons pu tracer la ligne rouge contre l'arme chimique, l'arme biologique, l'arme nucléaire. Aujourd'hui, nous devons aussi mettre une ligne rouge contre le viol comme arme de guerre", déclarait-il à l'AFP en 2016. Sa colauréate irakienne Nadia Murad, issue de la minorité yazidie, a elle-même véco de telles horreurs.

    Comme des milliers de filles et femmes de sa communauté, la jeune femme a été réduite en esclavage sexuel par le groupe jihadiste État islamique (EI) pendant trois mois à Mossoul en 2014, avant de parvenir à s'évader. "La première chose qu'ils ont faite, c'est de nous forcer à nous convertir à l'Islam", confiait-elle à l'AFP il y a deux ans. "Après, ils ont fait ce qu'ils ont voulu".

    Ambassadrice de l'ONU pour la dignité des victimes du trafic d'êtres humains depuis 2016, Nadia Murad, dont six frères et la mère ont été tués par l'EI, milite désormais pour que les persécutions commises contre les Yazidis soient considérées comme un génocide.

    "On ne s'habitue jamais à raconter son histoire. On la revit chaque fois", confie-t-elle dans son livre "Pour que je sois la dernière". Mais "mon histoire, relatée honnêtement et prosaïquement, est l'arme la plus efficace dont je dispose pour lutter contre le terrorisme, et j'ai bien l'intention de m'en servir jusqu'à ce que ces criminels soient traduits en justice".

     

    Arme "pas chère et efficace"

    Sur tous les continents, le viol fait des centaines de milliers de victimes dans les conflits ou les campagnes d'oppression de minorités.

    Cette arme "pas chère et efficace" détruit non seulement les femmes physiquement et psychologiquement, mais aussi les stigmatise, ainsi que les enfants qui peuvent en naître, souligne Denis Mukwege. "Les victimes sont condamnées à perpétuité mais leurs bourreaux?", s'indigne-t-il. La prise de conscience internationale progresse mais lentement.

    Adoptée en 2008 par le Conseil de sécurité de l'ONU, la résolution 1820 stipule que les violences sexuelles en temps de conflit "peuvent constituer un crime de guerre, un crime contre l'humanité ou un élément constitutif du crime de génocide". Dans la sphère civile, le tsunami #MeToo a aussi contribué à une prise de conscience internationale.

    "#MeToo et les crimes de guerre, ce n'est pas la même chose", a commenté Mme Reiss-Andersen. "Mais ils ont en revanche un point commun: c'est qu'il est important de voir la souffrance des femmes, de voir les abus et de faire en sorte que les femmes renoncent à la honte et osent parler".

    Depuis les premières révélations visant Harvey Weinstein en octobre 2017, le mouvement a fait tomber de nombreuses célébrités et hommes de pouvoir. L'onde de choc s'est propagée jusqu'à l'institution Nobel puisqu'un scandale de viol a poussé l'Académie suédoise à reporter d'un an le Nobel de littérature 2018.

    Denis Mukwege et Nadia Murad se partageront le Nobel qui consiste en un diplôme, une médaille d'or et un chèque de 9 millions de couronnes suédoises (environ 863.000 euros). Il leur sera remis à Oslo le 10 décembre, date-anniversaire de la mort de son fondateur, l'industriel et philanthrope suédois Alfred Nobel (1833-1896).

    Challenges


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  • Aux Invalides, Emmanuel Macron rend hommage à Aznavour, "l'un des visages de la France"

    "Ils sont venus, ils sont tous là..." : politiques, personnalités et anonymes célèbrent la mémoire de Charles Aznavour, vendredi matin. La cérémonie d'hommage national au chanteur, décédé dans la nuit de dimanche à lundi à l'âge de 94 ans, a débuté à 10 heures, avec le passage en revue des troupes.

     

    Les informations à retenir :

    L'hommage binational à Charles Aznavour a commencé peu après 10 heures aux Invalides

    Le Premier ministre arménien et Emmanuel Macron ont successivement salué la mémoire d'un "grand maître de la chanson française" 

    Les plus grands succès du chanteur doivent être interprétés au cours d'une cérémonie sobre, comme le souhaite sa famille

     

    Une cérémonie binationale.

    Arrivé dans la cour des Invalides peu après 10 heures, Emmanuel Macron a été accueilli par le président et le Premier ministre arméniens, Armen Sarkissian et Nikol Pachinian. Ce dernier est resté aux côtés du président de la République pour une cérémonie binationale, qui a commencé par la diffusion des deux hymnes, avant la revue des troupes. 

     

    Des dizaines de personnalités sont présentes, dont l'ensemble des corps constitués et la famille du chanteur, mais aussi les anciens présidents Nicolas Sarkozy et François Hollande et de nombreuses personnalités du monde du spectacle comme Eddy Mitchell, Dany Boon ou Jean-Paul Belmondo. Beaucoup d'anonymes se sont également massés pour rendre hommage au "Grand Charles", à l'image de Patricia, une admiratrice du chanteur. "Je suis très émue, on est dans la douleur quand on perd quelqu'un qu'on a aimé", a-t-elle témoigné au micro d'Europe 1. Au total, près de 2.000 personnes se recueillent dans la cour des Invalides. 

    "Un grand maître de la chanson française".

    Couvert d'un drapeau tricolore, le cercueil de Charles Aznavour est entré dans la cour des Invalides au son du duduk, un instrument traditionnel arménien. Le premier éloge funèbre a ensuite été prononcé par Nikol Pachinian, qui a commencé par saluer "un grand maître de la chanson française". "Les ancêtres de Charles Aznavour, rescapés du génocide, ont erré dans le monde et ont trouvé refuge en France", a-t-il rappelé. "Les soucis de l'Arménie étaient les siens." 

    "On dit que les années d'exil comptent double. Chez Aznavour, la douleur et l'espoir comptaient doubles", a poursuivi le président Français Emmanuel Macron dans un discours empreint d'émotion. "Charles Aznavour aurait voulu vivre un siècle, il se l'était promis, il nous l'avait promis, comme un ultime défi lancé à la vie. (...) Mais à quelques encablures du seuil, la mort est venue le cueillir sans bruit. Nous avons été surpris, et nous avons été tristes." 

    "Un conteur fraternel qui chantait à hauteur d'homme".

    Saluant "ce conteur fraternel qui chantait à hauteur d'homme la vérité de nos existences", "l'un des visages de la France", Emmanuel Macron est ensuite longuement revenu sur la portée universelle des chansons du "Grand Charles" et son amour pour la langue française. "Il savait, dans sa chair, que la France véritable est celle qui accueille", a souligné le président de la République. "Il a tendu, entre tant de générations, un fil incassable. Telle était sa conception de la France." 

     

    "Dans le cœur de chacun il poursuivra son chemin, marchant en se tenant droit, une main dans la poche, avec ce demi-sourire que nous lui connaissions", a conclu le chef de l'Etat. "Alors, avec nous, il franchira fièrement le seuil de ce siècle. Parce qu'en France, les poètes ne meurent jamais." Le cercueil de Charles Aznavour a ensuite quitté la cour des Invalides tandis que la Garde républicaine interprétait l'un de ses titres phares, Emmenez-moi, accompagnée d'un simple piano. 

    Des funérailles prévues samedi.

    Cet hommage est organisé avec l'accord de la famille du chanteur, comme cela avait été le cas pour de grandes personnalités françaises comme Simone Veil ou Jean d'Ormesson en 2017. Charles Aznavour sera enterré samedi en début d'après-midi "dans la stricte intimité" à Montfort-l'Amaury où repose une partie de sa famille. L'artiste reposera dans son caveau familial, aux côtés de ses parents et de son fils Patrick, décédé à l'âge de 25 ans. Le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, a aussi annoncé sa volonté d'organiser "un jour de deuil national" le jour des funérailles du chanteur. 

    Europe 1

    Jupiter a beaucoup insisté sur le fait que la France est un pays d'accueil, sous-entendu, accueillons les migrants !


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