• Allemagne : au moins 547 enfants victimes de maltraitances dans un chœur catholique

    Soixante-sept de ces enfants ont été victimes d'agressions sexuelles, dont des viols, dévoile un rapport d'enquête publié mardi 18 juillet.

    L'affaire a commencé à éclater en 2010. Au moins 547 enfants du choeur catholique de Ratisbonne ont subi des maltraitances physiques, y compris des viols, entre 1945 et les début des années 1990, révèle un rapport d'enquête mardi 18 juillet.

    67 de ces enfants du choeur des "Regensburger Domspatzen" ("les Moineaux de la cathédrale de Ratisbonne") ont été victimes d'agressions sexuelles, dont des viols, a dévoilé Ulrich Weber, un avocat chargé par l'Eglise de faire la lumière sur cette affaire.

    Ces chiffres sont largement supérieurs à ceux connus jusqu'ici. En janvier 2016, un rapport intermédiaire faisait état de 231 victimes. Un an auparavant, les autorités catholiques locales parlaient de seulement 72 enfants victimes d'abus.

     

    "Une prison, un enfer et un camp de concentration"

    Les faits couvrent des délits et crimes allant de la privation de nourriture au viol, en passant par des coups ou des agressions sexuelles. Pour les victimes d'abus, leur passage dans le choeur catholique de Ratisbonne - un choeur millénaire et mondialement connu - a été "une prison, un enfer et un camp de concentration". "Le pire moment de leur vie, marqué par la peur, la violence et la détresse", a déclaré Ulrich Weber.

    La majorité de ces cas sont cependant prescrits. Les 49 auteurs présumés des violences identifiés dans le rapport ne devraient donc pas être poursuivis ! Chacune des 547 victimes devrait cependant recevoir jusqu'à 20 000 euros d'indemnisation.

     

    Nouveau scandale pour l'Eglise catholique

    L'affaire porte entre autres sur des maltraitances ayant eu lieu entre 1964 et 1994. A l'époque, Monseigneur Georg Ratzinger, frère de l'ancien pape Benoit XVI, dirigeait le choeur de Ratisbonne. Ce dernier, aujourd'hui âgé de 93 ans, a assuré n'avoir pas eu connaissance d'abus sexuels au sein de cette chorale fondée au Moyen-Âge, en 975.

    Pour l'avocat Ulrich Weber, Monseigneur Ratzinger savait et aurait au contraire "détourné les yeux", dans un choeur où la "culture du silence" régnait.

    Un ancien membre de la chorale, le chef d'orchestre et compositeur allemand Franz Wittenbrink, a témoigné en 2010 de la violence dont était capable Georg Ratzinger, auprès du magazine allemand Der Spiegel. Il y évoquait un "système de punitions sadiques relié au plaisir sexuel".

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    Ce scandale est l'un des nombreux qui ont ébranlé l'Eglise catholique ces dernières années. Benoît XVI ainsi que son successeur François ont demandé pardon pour les affaires de pédophilie ayant secoué le clergé. En Allemagne, une école des Jésuites de Berlin a également été au coeur d'un scandale de pédophilie. Elle avait reconnu des abus sexuels systématiques commis sur des élèves par deux prêtres dans les années 1970 et 1980.

    Franceinfo

    La honte !


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  • À Calais, un curé permet la distribution de repas aux migrants sur le terrain de son église

    À Calais, un curé permet la distribution de repas aux migrants sur le terrain de son église

    Depuis le 6 juin, l’église Saint-Joseph de Calais accueille les associations humanitaires tous les jours, à midi !!!

    Elles se tournent désormais vers les églises de Calais. Chassées par les forces de l’ordre devant l’église Sainte-Marie-Madeleine le 5 juin, des associations d’aide aux migrants assurent la distribution de nourriture dans une église voisine, Saint-Joseph, dans le centre de Calais, depuis mardi 6 juin.

    Tous les jours vers midi, elles apportent des repas préparés par les bénévoles du Refugee Committee Kitchen et de l’Auberge des migrants à l’aide de camions. Les véhicules peuvent stationner sur le terrain de la petite église jusqu’à 14 heures, après nettoyage des lieux.

    « Nous apprécions beaucoup l’aide apportée par l’Église, confie Loan Torondel, coordinateur de terrain au sein de l’association l’Auberge des migrants. Ce sont les belles valeurs de solidarité chrétienne qui s’expriment ». Les repas – entre 50 et 300 selon les jours – peuvent ainsi être distribués « en toute tranquillité ». « C’est un soulagement, pour les migrants comme pour les associations. Cela fait deux semaines que nous sommes en” guerre” avec la police, qui nous empêche d’assurer correctement la distribution du repas de midi. »

    La préfecture du Pas-de-Calais a confirmé, mardi 6 juin, le caractère privé de la distribution des repas sur le terrain, propriété de l’association diocésaine. Pourtant, la police municipale est intervenue le jour même, lors de la distribution, avant d’être renvoyée par les bénévoles.

     

    Un arrêté municipal décrié

    Depuis la mise en place de l’arrêté municipal du 2 mars, qui concerne la zone industrielle des Dunes occupée par une majorité de migrants et qui avait été cassé par le tribunal administratif de Lille trois semaines plus tard, les forces de l’ordre continuent à perturber les opérations de distribution de nourriture.

    La maire LR de Calais, Natacha Bouchart, avait justifié sa décision au motif que les rassemblements de migrants « sont de nature à engendrer des tensions permanentes entre les ethnies en présence et ont par le passé dégénéré en rixes (…) mais également provoqué des incendies et des explosions. »

    Depuis deux semaines, la police intensifie ses interventions en interdisant l’accès à de nouveaux sites. Alerté par le Secours catholique, le Père Jean-Marie Rauwel, curé de Saint-Joseph, a autorisé les associations d’aide aux migrants à utiliser le terrain de Saint-Joseph.

    « On ne peut pas laisser ces gens mourir de faim alors qu’ils n’ont plus rien, même pas un accès à l’eau courante », explique-t-il. Selon lui, la police interviendrait aussi le matin dans certaines zones pour empêcher la distribution des petits-déjeuners.

    Lire aussi : À Calais, le Secours catholique met en place des douches pour les migrants

    « Une situation inhumaine préoccupante »

    La situation préoccupe les responsables d’Église sur place. Le Père Philippe Demeestère, un jésuite collaborateur de la paroisse du Père Rauwel, accueille les associations, à midi, à Saint-Joseph et assiste à chaque distribution de repas. « Il est important que l’Église apporte son aide et son soutien dans cette crise. Nous prions également beaucoup avec les migrants », indique-t-il.

    Le jésuite évoque aussi la nécessité d’ouvrir le dialogue avec les membres de l’église Saint-Joseph. « Tout s’est fait très vite sous la pression des événements. Il est donc important de rendre compte de la situation aux paroissiens et d’écouter leur avis. C’est pour cela que, le 9 juin, le Père Rauwel et moi-même avons organisé une réunion au doyenné de Calais », précise le Père Demeestère.

    Le même jour, une dizaine de doyens du diocèse d’Arras ont évoqué les événements au cours d’une rencontre. « La situation à Calais est inhumaine et préoccupante, déclare Stéphane Leleu, délégué diocésain chargé de l’Apostolat des laïcs et de la pastorale des migrants. L’évêque Jean-Paul Jaeger a fait parvenir un mot de soutien au Père Rauwel ».

    Une autre réunion au diocèse d’Arras, en présence des membres de la pastorale des migrants, s’est tenue dès le lendemain de la rencontre, dans le but de mener des « discussions utiles autour de cette situation de crise ». Selon les associations, entre 300 et 400 migrants seraient revenus à Calais depuis le démantèlement de la « jungle » en octobre 2016.

    Julianne Paul
    La Croix
    Le Secours catholique et l'église Saint-Joseph ont oublié le père Hamel qui avait été assassiné et les catholiques massacrés par les musulmans dans leurs pays !
    Et comment ces migrants peuvent-ils manger des repas préparés par des mécréants !
    Je pense qu'on ne leur donne pas de porc !

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  • Canada : deux polygames, dont l'un revendique 24 femmes et 146 enfants, devant les juges

    © Capture d'écran YouTube Winston Blackmore, membre de l'Église mormone, est marié à 24 femmes et aurait 146 enfants selon l'acte d'accusation.

    Depuis deux décennies, deux membres d'une secte mormone radicale échappent à la loi interdisant la polygamie au Canada.

    Le procès de deux membres d'une secte mormone radicale qui cautionne la polygamie s'est ouvert mardi, à Cranbrook, en Colombie-Britannique, une province de la côte ouest du Canada. Un des deux membres de cette secte revendique, selon l'acte d'accusation, un nombre incroyable de 24 femmes et 146 enfants... 127 ans après l'interdiction de la polygamie au Canada.  

    Winston Blackmore et James Marion Oler, qui ont respectivement 24 et 4 épouses, selon l'acte d'accusation, ont plaidé non coupables à l'ouverture d'un procès prévu sur deux semaines. En réalité, Winston Blackmore serait marié à 27 femmes depuis juillet 2016 ! Les deux hommes, habitués des prétoires, dirigent des branches dissidentes de l'Eglise de Jésus-Christ des Saints des derniers jours, autre nom de l'Église mormone et dont le siège est à Salt Lake City (Utah). 

    La bataille judiciaire dure depuis deux décennies

    Les deux hommes suivent à la lettre les enseignements de Joseph Smith, le fondateur du mormonisme, selon lesquels la polygamie est assimilée au «principe de mariage céleste». La secte est installée depuis près de 60 ans dans le village de Bountiful, à 700 km à l'est de Vancouver (ouest) et à 20 km au nord de la frontière avec les Etats-Unis.

    Plusieurs experts sont attendus au tribunal afin de statuer sur des documents comme des certificats de mariage récupérés dans un coffre-fort lors d'un raid de la police américaine en 2008 dans un ranch du Texas. Au cours des deux dernières décennies, trois procureurs ont été en charge de cette affaire sans poursuivre les deux hommes au motif que la loi interdisant la polygamie enfreignait le droit constitutionnel des Canadiens à la liberté de religion. La Cour suprême de la Colombie-Britannique avait finalement statué en 2014 que cette interdiction de la polygamie était constitutionnelle, précise le site de Radio-Canada.

    Le Parisien


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  • De nouveaux gardes suisses, armés d'hallebardes et de plus de 500 ans d'histoire, jurent ce samedi de se sacrifier si besoin pour leur Souverain pontife.

    Alors que la présidente de la Confédération Doris Leuthard et le pape François se sont entretenus samedi matin durant une demi-heure au Vatican, 40 nouveaux gardes suisses, stoïques soldats du pape, armés d'hallebardes et de plus de 500 ans d'histoire, ont prêté serment dans l'après-midi. Ils ont juré de se sacrifier si besoin pour le souverain pontife.

    «Il y a deux façons de défendre le pape: avec les armes et avec la foi», a résumé, comme une évidence, le commandant de la Garde suisse pontificale, le Lucernois Christoph Graf. L'hallebarde, qui aiguise la curiosité des visiteurs au Vatican, reste une pure arme de représentation. Le corps de garde de 110 hommes, parfois en civil, dispose d'armes plus modernes dont l'emplacement reste «un secret».

    Le commandant exhibe plus volontiers une protection papale plus insolite à l'ère des menaces terroristes planétaires: «le rosaire». «Chaque garde en reçoit un», a-t-il précisé samedi, en vantant sa qualité indestructible. «Les gardes suisses doivent se dédier comme des missionnaires!», a encore souligné Christoph Graf à l'intention des quarante nouvelles recrues qui ont prêté serment samedi après-midi (23 Alémaniques, 13 Romands et 4 Tessinois).

    La plus ancienne armée du monde est née en 1506 avec le recrutement de mercenaires helvètes, réputés invincibles, par Jules II (le pape de Michel-Ange). Elle est ouverte uniquement aux catholiques.

    Nombreux critères

    Samedi, les nouvelles recrues ont prêté serment de fidélité au pape après avoir écouté le texte immuable d'un serment lu par l'aumônier: «Je jure de servir fidèlement, loyalement et de bonne foi le Souverain pontife et ses successeurs légitimes, de me dévouer pour eux de toutes mes forces, sacrifiant, si nécessaire, ma vie pour leur défense».

    Les recrues ont arboré le célèbre uniforme bouffant jaune-bleu-rouge, inspiré de la Renaissance, des couleurs des Médicis et des fresques de Raphaël. Avec pour cette cérémonie d'apparat un casque de métal garni de plumes d'autruche.

    Pour entrer dans cette famille, en général pour deux ans, il faut être Suisse, catholique-romain pratiquant, célibataire, avoir entre 19 et 30 ans, et mesurer au moins 1,74 mètre. Comme chaque année, la cérémonie d'assermentation a eu lieu un 6 mai, jour de la commémoration de leur résistance pour la défense du pape Clément VII lors du sac de Rome par les troupes de mercenaires de Charles Quint (le 6 mai 1527). Ils furent 147 à y perdre la vie.

    Une demi-heure d'entretien

    Les familles des gardes se sont mêlées aux représentants politiques et militaires de la Confédération, ainsi qu'à des cardinaux samedi à Rome. La présidente de la Confédération Doris Leuthard était de la partie. L'Argovienne a commencé sa journée au Vatican par un entretien avec le pape durant une demi-heure et sans interprète.

    L'audience, jugée «cordiale» par le Vatican, a eu lieu en privé. Elle a duré 27 minutes exactement d'après les services du Vatican. Le pape et Mme Leuthard ont discuté de «l'avenir du continent européen, l'accueil des migrants, le défi du monde du travail pour les jeunes, la lutte contre le terrorisme et l'engagement pour la protection de l'environnement», selon le Vatican, cité par Ansa.

    Ils ont aussi souligné «la volonté commune de renforcer davantage les bonnes relations qui existent entre le Saint-Siège et la Suisse». Doris Leuthard était accompagnée de sa maman Ruth Leuthard, à laquelle le pape a montré toute son affection, toujours selon l'agence de presse italienne Ansa.

    Un «cordial salut»

    Le pape François, qui a ensuite reçu en audience la garde pontificale, a relevé l'importance que représente à ses yeux la présence de ces «soldats du Christ» au sein de l'Eglise. Il leur a adressé «un cordial salut».

    Avec ce souverain pontife peu sensible au protocole, le dévoué corps de garde jouit désormais d'une reconnaissance plus personnelle. «Le pape salue tout le monde, avant ce n'était pas comme ça», a apprécié le commandant Graf en se souvenant de son expérience de jeunesse lorsque «la garde ne parlait jamais avec le pape».

    20 Minutes.ch


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  • L’étrange silence autour de la mort de Lucie Halimi

    L’étrange silence autour de la mort de Lucie Halimi

    Toutes les victimes se valent-elles?

    Si l’affaire Al-Dura a marqué une étape importante dans la fabrication par les médias français d’un récit mythique du conflit israélo-arabe, dans le cadre duquel les Palestiniens ont été érigés en victimes absolues, l’affaire Lucie Halimi marquera peut-être une étape supplémentaire dans l’exclusion concomitante des Juifs (et plus seulement des Israéliens) du statut de victimes par ce même récit médiatique.

    Dans l’affaire Al-Dura, rappelons-le, un enfant palestinien soi-disant tué par des balles de soldats israéliens, mourrait « en direct » devant les yeux des téléspectateurs français du Journal de 20 heures, convoqués par Charles Enderlin et par France 2 à assister à ce spectacle diffusé en boucle, offert par la suite aux téléspectateurs du monde entier, puis recyclé par la propagande arabo-musulmane et palestinienne à travers d’innombrables discours et sous-produits de ce récit, servant de prétexte et de justification à des attentats, des manifestations anti-juives, etc. Il a fallu l’opiniâtreté de Philippe Karsenty et de quelques autres pour établir que ce « reportage » était une manipulation, voire une pure et simple mise en scène.

    Doublement victime

    Quinze ans plus tard, l’assassinat de Lucie (Sarah) Halimi atteste que la situation des Juifs en France, qui avait commencé à se dégrader de manière significative à l’époque de la « Deuxième Intifada » – les images de l’agonie de Mohamed Al-Dura ayant largement contribué à importer dans les banlieues françaises le conflit entre Israël et les Palestiniens – a atteint un nouveau stade. Cette femme juive, défenestrée par un voisin musulman après des années de persécutions antisémites à l’encontre de sa famille de la part de son assassin, est en effet doublement victime. Non seulement elle est assassinée de manière particulièrement horrible, mais on lui refuse ensuite le statut de victime, sa mort étant reléguée, comme celle du jeune Sébastien Sellam il y a quelques années, au rang de fait divers ou plutôt de non-événement.

    Le procureur de la République déclare immédiatement que les mobiles du crime ne sont apparemment pas antisémites, en contradiction avec les témoignages explicites de membres de la famille de la victime, déclaration répercutée par les institutions juives officielles pour « calmer l’atmosphère ». L’attitude des institutions juives, dans le contexte pré-électoral potentiellement explosif que traverse la France, alors que les candidats des deux extrêmes ont de bonnes chances d’arriver au second tour, s’explique par la volonté de « ne pas jeter de l’huile sur le feu » et de ne pas introduire dans la campagne électorale un élément juif qui la rendrait encore plus explosive (élément qui a été entretemps apporté par la candidate Marine Le Pen, en utilisant la question de la responsabilité de la France dans la déportation des Juifs à des fins politiciennes).

    Mais la réalité est plus profonde et plus dramatique encore : dans la nouvelle configuration médiatique créée depuis le début des années 2000, dont l’affaire Al-Dura a été le point culminant, les Juifs n’ont quasiment plus droit au statut de victimes, sauf lorsque ce statut est conforme à l’idéologie dominante partagée par la plupart des grands médias. On imagine aisément quelle place l’affaire Lucie Halimi aurait pu occuper dans les médias si l’assassin, au lieu d’être un musulman « radicalisé », avait été un militant d’extrême-droite. On aurait alors assisté à une manifestation comme à l’époque de Carpentras, tous les candidats de la gauche à l’extrême-gauche défilant en tête de cortège, de la Nation à République…

    Un tabou électoral ?

    Ce qui est en jeu dans l’affaire (ou la non-affaire) Halimi, c’est évidemment l’antisémitisme musulman, nouveau grand tabou de la société et de la politique française. Il n’est pas anodin à cet égard que la sortie de Marine Le Pen sur le Vel’ d’Hiv surgisse précisément au moment où les médias français refusent de parler de l’assassinat de Lucie Halimi. Le message est clair : alors que l’antisémitisme nazi et ses collaborateurs en France font aujourd’hui l’objet d’un consensus, grâce aux efforts de nombreux historiens, militants de la mémoire et au revirement opéré par le président Chirac, rompant avec la tradition instaurée par De Gaulle et perpétuée jusqu’à Mitterrand, l’antisémitisme musulman, lui, demeure un sujet tabou.

     

    Le récent procès intenté à l’historien Georges Bensoussan, spécialiste reconnu de la Shoah, a illustré de manière éclatante l’existence de ce tabou, au moins aussi prégnant – et plus lourd de conséquences – que ne l’a été autrefois celui de la collaboration des gendarmes de Vichy à la déportation des Juifs de France. Si le procureur (c’est-à-dire le représentant de l’Etat) a jugé utile de traîner en justice un historien respecté, avec le soutien des associations antiracistes, c’était tout autant pour punir des propos considérés comme « coupables », que pour dissuader d’autres historiens d’aborder le sujet de l’antisémitisme musulman… Dans le procès Bensoussan, comme dans l’assassinat de Lucie Halimi, les médias et la justice ont consacré, chacun à sa manière et dans son ressort de compétence, l’existence de ce nouveau tabou de la vie politique française.

    La boucle est ainsi bouclée. Après avoir construit un récit mythique du Palestinien victime et d’un Israël toujours coupable, récit dont Mohamed Al-Dura était une des icônes les plus visibles, les médias français ont progressivement et totalement exclu les Juifs du statut de victimes. Le jeune Al-Dura, mort à Gaza dans des circonstances non élucidées, est devenu la victime par excellence, figure mythique et quasiment christique de la « Nouvelle Passion » racontée par France 2 et par son apôtre Charles Enderlin. Lucie Halimi, assassinée par un voisin musulman au cœur de Paris, est une victime inexistante, comme les Juifs expulsés des pays arabes. Elle a été tuée deux fois : la première par son voisin, la seconde, lorsque les médias ont recouvert ce crime d’une chape de silence.

    CAUSEUR.fr


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  • Je ne trouve pas qu'ils soient plus en sécurité en Israël


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  • Voilà 4 articles intéressants à regarder sur les religions !


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