• Le gaz des recharges de siphon à crème chantilly, la drogue qui fait fureur

    Inhaler le protoxyde d'azote contenu dans ces petites capsules a un effet hilarant mais n'est pas sans danger.

     

    Sur Internet, les vidéos de ce genre se comptent par centaines. Des gens respirent du gaz dans un ballon de baudruche, avant de finir hilares devant leur caméra. Le phénomène n'est pas nouveau mais prend de l'ampleur, et pour cause : ce gaz est bon marché, très facile à trouver, légal... et se trouve dans les recharges de siphons à crème chantilly.

    "On rigole bêtement".

    Il s'agit en réalité de protoxyde d'azote, originellement utilisé en médecine comme léger anesthésiant. "Je perce le bout du siphon avec un couteau suisse par exemple, et je récupère l'air qui s'échappe dans un ballon de baudruche", explique Matthieu, un étudiant strasbourgeois de 21 ans adepte de ce gaz hilarant. "Une fois que j'ai fait ça, j'inhale avec la bouche." Les effets sont ensuite immédiats. "J'ai l'impression de flotter. Les copains sont à un mètre de moi et en même temps j'ai l'impression d'être à deux kilomètres. Tu leur parles et tu as l'impression que ça met trois jours à arriver. On rigole bêtement de tout et rien", raconte Matthieu.

    "Comparé au cannabis, c'est peu cher".

    Pour le jeune homme, l'un des principaux avantages reste l'accessibilité du produit et son prix imbattable. "On s'en procure dans les magasins qui vendent de l'électroménager, des piles, des ampoules. Un paquet de capsules coûte 8 à 9 euros et il y a une dizaine de doses dedans. Comparé au cannabis, c'est très peu cher."

    Effets secondaires.

    Et si des médecins commencent à publier des études qui mettent en avant les risques encourus, notamment cardiaques et neurologiques, Matthieu ne s'en préoccupe guère. "Je n'ai jamais eu d'effets secondaires avec ça, je n'en ai pas bien conscience." On compte pourtant au moins un décès en France et une dizaine en Angleterre liés à l'absorption de protoxyde d'azote.

    Europe 1


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  • CHANTOUVIVELAVIE : BONSOIR - 21 04 2019

     

    Je vous souhaite une bonne soirée


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  • Dioxyde de titane : l’additif E171 sera interdit dans les denrées alimentaires en France à partir du 1er janvier 2020

    Le gouvernement a décidé d'interdire "par précaution" la mise sur le marché français des denrées alimentaires contenant du dioxyde de titane (TiO2, un additif connu sous le nom d'E171) dès le 1er janvier 2020, annonce un communiqué conjoint des ministères de l'Ecologie et de l'Economie, mercredi 17 avril. Le texte évoque notamment les "incertitudes résiduelles pour garantir la sécurité de l'utilisation de cet additif". Il ajoute qu'"aucune dose journalière admissible n’a pu être fixée pour cet additif, en raison du manque de données".

    Un arrêté a été signé et sera publié "dans les meilleurs délais", précise encore le communiqué. "L’additif E171 bénéficiant d’une autorisation délivrée au niveau de l’Union Européenne, cet arrêté sera notifié dès signature à la Commission européenne et aux autres États-membres, qui se réuniront dans un délai de 10 jours pour examiner cette mesure", précisent encore les ministères. Ce colorant est présent dans de nombeux produits, comme les confiseries, les dentifrices, les cosmétiques ou les médicaments.

    Cette substance contient des nanoparticules – d'une taille inférieure à 100 nanomètres facilitant leur pénétration dans l'organisme – ce qui soulève l'inquiétude depuis plusieurs années des associations de défense des consommateurs et de l'environnement.

    Cette décision fait suite à un rapport de l'Anses

    Dans un rapport remis lundi, l'Anses avait recensé 25 nouvelles études publiées depuis 2017 dont certaines ont fait état de "modification de mécanismes biologiques cellulaires chez la souris ou des anomalies du développement chez des invertébrés", provoqués par l'additif E171. Selon l'Anses, il fallait donc "limiter l'exposition des travailleurs, des consommateurs et de l'environnement" à cet additif en le remplaçant par "des produits dépourvus de nanomatériaux, sûrs et équivalents, en termes de fonction et d'efficacité".

    L’ANSES souligne dans son avis que l’évaluation des risques liés à l’emploi de cet additif souffre toujours d’un manque de données.

    Communiqué des ministères de l'Ecologie et de l'Economie

    La date du 1er janvier 2020 pour une interdiction laisserait un peu moins de 9 mois aux industriels pour trouver des alternatives au dioxyde de titane. Même si le délai peut être considéré comme court, la loi alimentation prévoyait déjà à-peu-près la même chose. Depuis 6 mois d'ailleurs certains professionnels ont pris les devants. Les confiseurs ont retiré l'additif douteux de leurs chaînes de production. C'est le cas aussi de Casino du côté des distributeurs.

    franceinfo


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  • Allergènes, cancérogènes… "60 millions de consommateurs" dénonce la toxicité des principaux produits ménagers

    Dans un numéro hors série consacré à la pollution de l'air intérieur, le magazine décortique la composition de 60 produits ménagers. Et le verdict est inquiétant.

     

    Ils vous promettent un intérieur impeccable, aux douces senteurs florales et à la propreté éclatante. Mais la plupart des produits ménagers que nous utilisons au quotidien sont en réalité dangereux pour notre santé ou notre environnement, dénonce 60 millions de consommateurs dans un hors-série consacré à la pollution de l'air intérieur. "C'est le paradoxe de ces produits : on les utilise pour assainir sa maison et on obtient l’effet inverse", commente Christelle Pangrazzi, rédactrice en chef adjointe du magazine.

     

    Pour dresser ce constat, le magazine a décortiqué la composition de 60 produits ménagers, en scrutant leurs étiquettes mais aussi les fiches de données de sécurité que doivent remplir les fabricants. Le résultat est édifiant : "la très grande majorité" de ces "stars du ménage" "n'a pas trouvé grâce" aux yeux de 60 millions de consommateurs. "Beaucoup contiennent une ou plusieurs substances toxiques, nuisibles à notre santé ou à l’environnement", écrit le magazine. Voici les grandes lignes de cette enquête.

    Quels sont les ingrédients problématiques ?

    Parmi les composés problématiques figurent les isothiazolinones, des conservateurs toxiques retrouvés dans 67% des produits examinés, des parfums "extrêmement" allergisants et des ammoniums quaternaires notamment présents dans les produits censés "tuer 99,9% des bactéries" ou "détruire tous les virus, champignons et bactéries". Ces biocides utilisés jusqu'ici à l'hôpital sont "reconnus comme l'une des premières causes d'asthme professionnel chez le personnel soignant" et sont soupçonnés de favoriser la résistance bactérienne, à l'instar des antibiotiques, explique 60 millions de consommateurs.

     

    Acaricides, désodorisants, liquides vaisselle, lessives, tablettes pour lave-vaisselle, arbres magiques pour voiture, encens ou bougies parfumées… Aucune catégorie de produit n'est épargnée.

    Le spray Febrèze antitabac contient par exemple du benzisothiazolinone, un conservateur toxique et allergisant, le nettoyant désinfectant en spray de Briochin est fabriqué avec trois allergènes et deux solvants et on trouve du benzalkonium, un ammonium quaternaire, dans les lingettes désinfectantes Saint-Marc. L'eau de Javel, que l'on retrouve dans de nombreux produits, est pointée du doigt pour ses propriétés irritantes pour la peau et les poumons.

    Le magazine épingle enfin des produits présentés comme fabriqués avec des produits naturels, mais dont les "ingrédients vertueux" sont souvent présents en très petite quantité, aux côtés de conservateurs toxiques. "Dans cette catégorie 'greenwashing', vous avez onze produits à proscrire et un passable sur douze", résume Christelle Pangrazzi.

    Dans les publicités, il suffit d'un pschitt pour que tout brille. Monsieur Propre ne vous dit pas tout ce que vous mettez dans vos poumons, dans ceux de vos enfants et de la planète.

    Christelle Pangrazzi, rédactrice en chef adjointe de "60 millions de consommateurs" à franceinfo

    Quel impact sur l'air de votre maison ?

    Comme les meubles, les vernis ou les peintures, les produits ménagers émettent en outre des COV, des composés organiques volatils qui peuvent provoquer des maladies respiratoires et déclencher des allergies. "Le premier de ces polluants est la fumée de tabac, puis viennent les produits ménagers, en particulier ceux en sprays, ou les liquides de rinçage pour lave-vaisselle", détaille dans le magazine le docteur Jean-Philippe Santoni, pneumologue à la Fondation du souffle.

    Notre but n’est pas d’alarmer à tout prix, mais de faire prendre conscience du danger de ces substances que l’on juge encore trop souvent inoffensives.

    "60 millions de consommateurs" 

    Derrière le sigle COV se cachent pas moins de 150 substances différentes, plus ou moins dangereuses. L'une d'entre elles, le formaldéhyde (notamment émis par des bougies ou de l'encens), est classée substance cancérogène avérée depuis 2004. D'autres, les phtalates, sont classées cancérogènes possibles et sont également considérées comme reprotoxiques et perturbateurs endocriniens.

    Que faire pour "nettoyer sans polluer" ?

    • Scruter la liste des ingrédients.

    "Plus la composition est simple, mieux c’est, comme pour les aliments", résume Christelle Pangrazzi. Le magazine milite pour la mise en place d'un "Ménag'Score", qui classerait les produits ménagers de A ("aucune substance indésirable pour la santé") à E ("quantité importante de substances irritantes") sur le modèle du Nutri-Score pour les produits alimentaires. "Il faut un système lisible et clair pour le consommateur, pour qu'il achète en rayon en toute connaissance de cause", estime Christelle Pangrazzi. Si ce dispositif existait, aucun des produits testés par 60 millions de consommateurs ne serait classé A.

    • Fabriquer vos propres produits ménagers.

    "Il faut utiliser des solutions naturelles, comme le savon noir ou le bicarbonate", recommande la rédactrice en chef adjointe. On peut également citer le vinaigre blanc, qui lutte contre le calcaire, la terre de Sommières pour absorber liquides, graisses ou même odeurs, ou encore les cristaux de soude et le percarbonate, détartrants, dégraissants et blanchissants.

    • Aérer.

    L'air de nos maisons est aujourd'hui "sept fois plus pollué que l'air extérieur", explique 60 millions de consommateurs. Le magazine recommande donc d'aérer son intérieur dix minutes par jour, été comme hiver, de veiller à la ventilation des pièces humides, où peuvent se développer des moisissures, d'entretenir son système de chauffage (pour éviter l'intoxication au monoxyde de carbone) et d'activer la hotte aspirante lorsque l'on cuisine.

    franceinfo


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  • "C'est une décision historique" : après sa victoire face à Monsanto, Paul François y voit "un signal fort" pour les politiques

    "On peut être fier de notre justice en France", a réagi jeudi sur franceinfo l'agriculteur, après sa victoire face à Monsanto. La firme américaine a été une nouvelle fois reconnue responsable de son intoxication en 2004 par un désherbant.

     

    L'agriculteur Paul François, à qui la justice a pour la troisième fois donné raison jeudi 11 avril face au fabricant de produits phytosanitaires Monsanto (Rhône), a salué sur franceinfo "une décision historique", et voit dans la décision de la cour d'appel de Lyon un "signal fort" envers les responsables politiques.

    "C'est une décision très, très forte, j'ai même envie de vous dire que c'est une décision historique, qui vient d'être prise par la cour d'appel de Lyon", a réagi l'agriculteur, très ému, après "douze ans de combat, douze ans d'une vie."

    On peut être fier de notre justice en France, et on n'a pas travaillé pour rien.

    Paul François

    à franceinfo

    "Je pense à tous ceux qui nous ont aidés (…), qui ont été là depuis douze ans, et c'est grâce à ce travail collectif qu'aujourd'hui on fait condamner Bayer-Monsanto", poursuit Paul François. L'agriculteur reste toutefois prudent : "On garde de l'énergie parce qu'on pense que Bayer-Monsanto va encore intenter des recours pour m'épuiser encore financièrement et moralement. 

    Un "signal fort pour les politiques"

    "Ça amènera peut-être d'autres combats, puis, plus largement ça va peut-être aussi être un signal fort pour les politiques et le pouvoir actuel pour prendre conscience, aujourd'hui, du fait que si un simple citoyen comme moi a pris ses responsabilités, il va peut-être falloir que le gouvernement et le président actuel prennent aussi leurs responsabilités, parce que je ne suis pas un cas isolé", a-t-il réagi.

    Maintenant, la justice et de simples citoyens vont plus vite que le courage des hommes politiques, donc c'est un signal fort aussi pour eux et j'espère qu'ils vont en tenir compte pour toutes les autres victimes.

    Paul François

    à franceinfo

    "Il faut qu'il y ait une prise de conscience collective du monde agricole et des consommateurs : il faut sortir de ce système des pesticides, parce que les conséquences pour nous, utilisateurs, et pour la santé publique, sont réelles", prévient l'agriculteur.

    Il poursuit : "Donc ce ne sont pas, aujourd'hui, des hurluberlus écolo qui alertent, aujourd'hui les cas concrets sont là. Nous devons tous tenir compte de ce qui est en train de se passer et sortir de ce système des pesticides, parce qu'on voit bien que ce gouvernement est plus proche des industriels et des intérêts industriels que de la santé des agriculteurs et de la santé publique."

    franceinfo

    "C'est une décision historique" : après sa victoire face à Monsanto, Paul François y voit "un signal fort" pour les politiques


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  • Loire-Atlantique : ce que l'on sait des neuf cas de cancers pédiatriques à Sainte-Pazanne

    Les familles évoquent neuf cas recensés depuis 2015

     Parmi les neuf enfants et jeunes adultes, âgés de 3 à 19 ans, recensés par des familles pazenaises, deux sont en rémission, quatre suivent un traitement lourd et trois sont morts. Elouan allait avoir 12 ans quand il est décédé en mai 2018. "Il était atteint d'un lymphome, explique à franceinfo sa mère Séverine Ragot. Au début, on pensait que c'était un cas isolé. Puis en regardant de plus près, j'ai compris qu'on n'était pas tous seuls. Une deuxième famille, puis une troisième, puis une quatrième... A un moment donné, ça ne relève plus du simple hasard."

    Autant de cas de cancers d'enfants dans une commune aussi petite, ça pose forcément des questions. Nous, parents, sommes en droit d'avoir des réponses.

    Séverine Ragot

    à franceinfo

    Marie Thibaud, elle aussi, veut savoir. En décembre 2015, on diagnostique une leucémie à son fils Alban, alors âgé de 4 ans. Alors qu'il est en rémission, c'est au tour d'un de ses camarades de classe d'être touché. "C'est Alban qui me dit : 'maman, c'est pas vrai, il est pas malade lui aussi ?'", confie-t-elle à France 3 Pays de la Loire.

    A Sainte-Pazanne, depuis 2015, un enfant est atteint de cancer tous les six mois, c'est supérieur à la moyenne nationale et nous avons besoin de savoir pourquoi.

    Marie Thibaud

    à France 3 Pays de la Loire

    L'Agence régionale de santé (ARS) Pays de la Loire, saisie dès avril 2017 de six cas de cancers pédiatriques, avait "conclu à un excès de cas de leucémies sur deux ans parmi les enfants de moins de 15 ans, par rapport aux données observées au cours des années précédentes sur ce même secteur".

     

    Une étude épidémiologique a été lancée

     Mi-mars, les familles ont décidé de se rassembler au sein d'un collectif. Son nom : "Stop aux cancers de nos enfants". Leur détermination a fini par payer. L'ARS Pays de la Loire a annoncé, vendredi 29 mars, qu'une étude épidémiologique allait "immédiatement" être menée par Santé publique France, un organisme qui dépend du ministère de la Santé. Les premières conclusions sont attendues à l'automne prochain. "Cette fois, on a le sentiment d'être pris au sérieux, témoigne, soulagée, Séverine Ragot. C'est une première victoire, il va y avoir des enquêtes de terrain, ça avance dans le bon sens."

    La première enquête de l'ARS en 2017 n'avait rien donné. Il s'agissait à l'époque d'une "analyse que l'on peut qualifier d'administrative, sans aller sur le terrain", a expliqué le maire de Sainte-Pazanne, Bernard Morilleau, sur Europe 1. "Il n'y avait pas eu de conclusion tirée." Mais depuis l'apparition de nouveaux cas, "on a retiré la sonnette d'alarme auprès de l'ARS, qui accepte aujourd'hui d'aller vers un deuxième niveau d'investigation de terrain, beaucoup plus approfondi".

     

    Aucun "facteur de risque environnemental" n'a pour l'heure été détecté

     A ce jour, personne n'est en mesure d'expliquer ces cas de cancers pédiatriques développés localement. "On ne comprend d'où cela peut venir, observe le maire Bernard Morilleau à franceinfo. Les habitants s'interrogent, téléphonent à leurs médecins. C'est compliqué à gérer car on n'a pas les éléments scientifiques pour répondre à leurs questions." Sainte-Pazanne se situe dans une zone rurale, majoritairement agricole, sans site Seveso ni industrie lourde. "L'analyse des facteurs de risque environnementaux n'a pas montré de cause prédominante", concluait l'ARS après ses premières recherches.

    En attendant les conclusions de Santé publique France, le maire de Sainte-Pazanne répète à franceinfo qu'il faut "absolument éviter les supputations car on ne sait rien, et qu'on risque de se tromper". Le collectif "Stop aux cancers de nos enfants" l'a bien compris : lui aussi ne s'avance pas sur les éventuelles causes du phénomène. "Je m'attends à tout, explique à franceinfo Séverine Ragot. Il se peut qu'on ne trouve rien. Mais il se peut qu'on trouve des débuts de réponses. Dans tous les cas, on ne peut pas rester les bras croisés."

    Santé publique France et l'ARS organisent une réunion publique, jeudi 4 avril, dans une salle municipale de Sainte-Pazanne. Initialement prévue début mai, la date a été avancée d'un mois. "C'est la preuve qu'on est enfin écoutés", se réjouit Séverine Ragot qui sera "évidemment" présente ce soir-là.

    franceinfo


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  • L’additif E171 ne sera pas retiré du marché

    Alors que depuis deux ans, la dangerosité de l’additif E171 est discutée par les scientifiques, Bruno Le Maire a affirmé qu’il ne serait pas retiré du marché dans l’immédiat.

    Blanchir ou opacifier les aliments : c'est l'action de l’additif E171 qui est aujourd'hui largement utilisé. Pourtant, une équipe de chercheurs de l’Inra (Institut national de la recherche agronomique) a montré en 2017 qu’il favorise la croissance de lésions précancéreuses chez les rongeurs. Alors que plusieurs associations réitéraient en décembre la demande de retrait du marché, le ministre de l’économie Bruno Le Maire a affirmé, dans l’émission ”C à vous”, qu’aucune interdiction ne serait faite dans l’immédiat, car ” des évaluations différentes ” de sa dangerosité ont été faites. Une décision qui vient s’ajouter aux multiples rebondissements à propos de l’utilisation de cet additif. Pour le chercheur qui a mis en évidence la potentielle dangerosité, un grand plan de recherche sur le sujet est nécessaire.

    De nombreux rebondissements

     En janvier 2017, l’équipe d'Eric Houdeau, à l’INRA Toulouse, publie dans Scientific Reports une étude sur cet additif. Il aura fallu 4 ans au laboratoire pour produire des résultats significatifs. L'étude met en évidence son effet initiateur et promoteur des stades précoces de la cancérogénèse colorectale chez les rongeurs. Eric Houdeau, Directeur de recherche au centre Toxalim, centre de recherche en toxicologie alimentaire à l’INRA de Toulouse, qui a dirigé les recherches, rappelle cependant que son équipe a uniquement donné la preuve que ”des nanoparticules sont absorbées par la paroi, et donc qu’elles sont présentes dans l’organisme. Cela s’associe ensuite à un défaut du système immunitaire, puis à des lésions précancéreuses. Mais c’est un modèle animal, nous ne pouvons pas encore conclure pour l’Homme. De même, nous ne parlons pas de tumeurs, mais de stade précoce de la maladie, qui n’évoluera pas forcément en cancer”. Mais ces recherches montrent bien que la substance n’est ”pas inerte pour l’organisme”. Il faut donc que les recherches aillent jusqu’au stade de développement de la tumeur, mais ”regarder l’impact sur les stades précoces est extrêmement important” pour comprendre le processus.

    En mai 2018, la secrétaire d’Etat à la Transition écologique, Brune Poirson, annonce la volonté du gouvernement de suspendre ”d’ici la fin de l’année” l’utilisation dans tous les produits alimentaires de l'additif. Pour l’occasion, elle fait le déplacement dans l’usine d’un confiseur à Tourcoing (Nord). Le mois suivant, les confiseurs s’engagent à le bannir de leurs bonbons avant fin 2019. La suspension de l’additif est votée par les parlementaires.

    6 mois plus tard, en décembre, des associations publient une tribune dans Le Monde : ils demandent au ministère de l’Economie la suspension de l’additif. ”Rien ne se passe […] Bercy refuse de rédiger cet arrêté, au motif qu’il n'y aurait pas de danger suffisamment +grave ou immédiat+ pour activer la clause de sauvegarde au niveau européen”, écrivent les nombreuses associations, dont la Ligue contre le cancer, Greenpace, Foodwatch, ou encore l’Alliance pour la santé et l’environnement, qui rassemble elle-même plusieurs dizaines d’ONG et instituts de recherche européens.

    L’E171, c’est quoi ?

    L’E171, ou dioxyde de titane, est un additif utilisé dans l’alimentation, pour les cosmétiques et les médicaments. Confiseries, plats cuisinés, pâtisseries industrielles, crèmes glacées mais aussi dentifrice, maquillage, crèmes solaires, vaccins, et quelques 4 000 médicaments : il est couramment utilisé. Comme tous les additifs, il n’a pas de valeur nutritionnelle, son usage étant donc optionnel.

    Si l’utilisation de ce dioxyde de titane (TiO2) est controversée, c’est qu’il est en partie composé de nanoparticules, dont les effets sanitaires sont méconnus. Celles-ci mesurent moins de 100 nanomètres, soit 10 000 fois plus petites qu’un cheveu. Cependant, selon l’Efsa (Autorité européenne de sécurité des aliments), il n’est pas considéré comme un nanomatériau. En effet, cette appellation impose un minimum de 50% de particules de dimensions comprises entre 1 et 100 nm, alors qu’elle ne dépasse pas 45% dans l’E171. Chiffre qui, selon certaines ONG, sous-évalue le taux réel. De manière générale, les nanoparticules, du fait de leur minuscule taille, sont plus susceptibles de traverser certaines parois. ”On commence à peine à faire des recherches sur les nanoparticules”, rappelle le chercheur de l’Inra. ”Maintenant que nous avons identifié la question qui se pose [sur les nanoparticules], on sait où chercher, ça ira plus vite”.

    La nécessité d'un ”plan de recherche de grande envergure”

    Le ministre de l’économie assure que ”dans le doute, c’est aux industriels de s’abstenir” car ”la cohérence, c’est d’avoir une évaluation qui soit partagée sur les dangers du dioxyde de titane”. De nouvelles évaluations sont donc en cours par l’Efsa et l’Anses et devraient être terminées dès la rentrée 2019. Les associations mettent en avant, en plus des suspicions d’effets indésirables de l’additif, son caractère optionnel dans l’alimentation.

    Eric Houdeau insiste sur le fait que les chercheurs ”apportent des données scientifiques précises, mais ne font pas d’évaluation. Il faut maintenant aller plus loin, multiplier des données. Un laboratoire hollandais a poussé l’étude jusqu’à l’apparition de tumeurs. Selon leurs travaux, le E171 augmente bien l’occurrence de cancers”. Ces études sont selon lui un ”faisceau d’indices”, qui montre la nécessité d’études plus poussées, auxquelles appellent les autorités sanitaires. Au printemps 2018, le HSCP (Haut Conseil de la santé publique) souligne que des travaux allemands menés l’année précédente confirment le résultat de traversée de la barrière intestinale par l’INRA. ”Il faut maintenant mener des tests de sécurité adaptés, et donner les moyens aux chercheurs de mettre en place un grand plan de recherche, de plus grande envergure. Ce n’est pas encore prévu”.

    franceinfo

    La santé est le dernier souci de Le Maire !


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  • Le dioxyde de titane présent dans deux tiers des dentifrices

    Le dioxyde de titane, controversé car il contient des nanoparticules, est largement présent dans les dentifrices, dénonce jeudi l'association Agir pour l'environnement, qui demande que ce produit ne soit plus utilisé dans les dentifrices et les médicaments.

    L'association a étudié 408 dentifrices dont 59 pour enfants vendus dans les grandes surfaces, pharmacies, parapharmacies et magasins bio. Il en ressort que "deux tiers des dentifrices (271 dentifrices sur 408) contiennent du dioxyde de titane" "un dentifrice pour enfants sur deux en contient (29 dentifrices sur 59)" et "aucun des 271 dentifrices ne précise sur son emballage si le dioxyde de titane présent est à l'état nanoparticulaire", selon un communiqué de l'association.

    En mai dernier, la secrétaire d'Etat à la Transition écologique Brune Poirson avait annoncé la suspension de l'utilisation du dioxyde de titane (indiqué sur les étiquettes comme TiO2 ou E171) dans les produits alimentaires d'ici fin 2018 - suspension et non interdiction qui dépend de l'Union européenne. Cette substance contient des nanoparticules - d'une taille inférieure à 100 nanomètres facilitant leur pénétration dans l'organisme - ce qui soulève l'inquiétude depuis plusieurs années des associations de défense des consommateurs et de l'environnement. Mais le ministre de l'Economie Bruno Le Maire avait refusé de signer l'arrêté de suspension, mettant en avant des "évaluations différentes" sur la dangerosité potentielle du produit. Il aurait ensuite fait machine arrière, selon des associations, et se serait engagé à suspendre cette substance à la mi-avril.

    Agir pour l'environnement, qui doit être reçue jeudi après-midi par le cabinet de Bruno Le Maire, demande "l'élargissement de l'arrêté de suspension du dioxyde de titane à tous les produits qui peuvent être totalement ou partiellement ingérés: dentifrices et médicaments (le TiO2 est présent dans les excipients de 4.000 médicaments)".

    L'association réclame aussi "une enquête de la DGCCRF (direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) pour vérifier si l'absence de la mention +nano+ sur l'étiquetage des dentifrices est justifiée, ainsi que des sanctions dissuasives pour les fraudeurs". Elle a mis en place un site dédié dentifrice.infoconso.org.

    Paris Match


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  • Un adolescent diagnostiqué schizophrène à cause d'une bactérie transmise par un chat

    Un adolescent diagnostiqué comme schizophrène souffrait en réalité de symptômes psychotiques liés à une infection bactérienne transmise par les chats.

    Une piste infectieuse pour expliquer des cas de schizophrénie ? Des chercheurs de la North Carolina State University rapportent le cas d’un jeune Américain de 14 ans diagnostiqué schizophrène qui présentait en réalité une infection liée à la bactérie Bartonella henselae. Son histoire médicale est détaillée dans un article paru le 18 mars 2019 dans le Journal of Central Nervous System Disease.

     

     

    Hallucinations, délires, idées suicidaires

    En octobre 2015, l’adolescent âgé de 14 ans déclare un ensemble de symptômes psychiatriques : hallucinations, délires, idées suicidaires et homicidaires. Le garçon est hospitalisé à plusieurs reprises en unité psychiatrique et reçoit un diagnostic de schizophrénie. Plusieurs médicaments sont testés : antipsychotiques, antidépresseurs, stabilisateurs d’humeur et benzodiazépines, sans effet positif sur ses symptômes. Les médecins soupçonnent alors une encéphalite auto-immune et testent un traitement contre cette inflammation, ce qui n’aboutit à aucune évolution positive sur les troubles comportementaux quotidiens, même si une diminution de la durée et de la fréquence des épisodes psychotiques est observée.

    En mars 2017, soit 18 mois après l’apparition des premiers symptômes, les médecins remarquent des lésions cutanées ressemblant à des vergetures sur les cuisses et les aisselles du garçon. Ces signes dermatologiques peuvent être des marqueurs d’une infection et les médecins décident donc de conduire plusieurs tests bactériologiques. Le verdict tombe lorsque la sérologie révèle la présence d’une Bartonella, bactérie probablement transmise via une griffure de chat – la famille du garçon en possède deux - et responsable d’une infection appelée bartonellose. Les symptômes de l’adolescent disparaissent alors après l’administration d’un traitement antibiotique adapté.

     

    D’autres agents infectieux déjà identifiés en psychiatrie

    "Cette bactérie est impliquée dans ce que les médecins appellent les maladies des griffes du chat" nous explique le docteur Guillaume Fond, psychiatre à l'AP-HM, chercheur à l’université Aix-Marseille et Coordinateur du Centre Expert Schizophrénie et Dépression Résistante. "Ces infections revêtent différentes formes et ne présentent pas de symptômes caractéristiques. Dans le cas de ce garçon, il a fallu attendre la survenue de manifestations dermatologiques après une errance diagnostique de 18 mois pour qu’un médecin pense à la piste infectieuse" ajoute le spécialiste.

    "Il s’agit à ma connaissance du premier cas qui associe une bartonellose et une psychose" dévoile le docteur Fond. Mais d’autres agents infectieux avaient déjà été associés à la survenue de symptômes psychiatriques : c’est le cas notamment du virus Herpes simplex 2, des virus de la maladie de Borna, du Chlamydophila pneumoniae, du Chlamydophila psittaci ou encore du Toxoplasma gondii, le parasite de la toxoplasmose transmis, comme la Bartonella, par les chats.

     

    Mettre en place "un bilan sérologique standardisé"

    Comment expliquer que ces agents infectieux puissent être impliqués dans des manifestations psychiatriques ? "Une des pistes repose sur un mécanisme inflammatoire : l’infection déclenche une réaction immunitaire complexe, dont des possibles réactions auto-immunes : le corps produit alors des anticorps* à la fois contre les pathogènes mais aussi contre certaines de ses propres structures situées dans le cerveau" dévoile le docteur Fond. "Ainsi, 1% des premiers épisodes de psychose seraient liés à la présence de ces anticorps qui seraient donc à dépister au moindre doute" ajoute le psychiatre.

    Un dépistage serait donc à généraliser en psychiatrie, selon le docteur Fond : "un bilan sérologique standardisé devrait être mis en place de façon systématique pour toute personne qui démarre un épisode psychotique anormal de façon à repérer la présence d’un agent infectieux." Et bien que le lien entre la bartonellose et les symptômes psychiatriques n’ait pas encore été démontré, le cas de l’adolescent américain plaide en faveur de l’inscription de Bartonella henselae à la liste des pathogènes à dépister.

    *Anticorps : molécule fabriquée par le corps pour neutraliser et éliminer un agent considéré comme étranger à l'organisme.

    franceinfo


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  •  Alerte aux faux kiwis français

    Une gigantesque arnaque vient d’être dévoilée par la répression des fraudes : 12% des kiwis vendus comme français sont en fait italiens. Les consommateurs en sont de leur poche.

     

    Le kiwi. Les Français en raffolent. Il fait même partie du « top 10 » des fruits les plus consommés en France : chaque année, nous en dégustons 2,8 kg par habitant. Cette star des marchés et des supermarchés est aujourd’hui au cœur d’un scandale que Le Parisien-Aujourd’hui en France vous révèle : 12 % des kiwis estampillés « origine France » vendus depuis trois ans sont en fait… produits en Italie.

     

    Un bénéfice estimé à 6 millions d’euros

    Au total, 15 000 tonnes de fruits faussement français ont ainsi été écoulées sur cette période. C’est ce qu’a découvert la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) qui publie ce lundi son bilan 2018. Après un an d’enquête, ces gendarmes de la consommation ont initié plusieurs procédures judiciaires à l’encontre de sept entreprises prises la main dans le panier. Leur bénéfice illicite total est estimé à 6 millions d’euros (M€).

    Ce « kiwigate » a un impact sur le pouvoir d’achat des Français. Aujourd’hui, les kiwis français se vendent beaucoup plus chers que leurs concurrents italiens. Ainsi, il faut débourser environ 0,70 € pièce pour s’offrir ce fruit d’origine française au marché de la rue des Pyrénées (XXe) à Paris, contre seulement 0,50 € pour son homologue italien.

    En cause, des coûts de production moindres de l’autre côté des Alpes, liés notamment à l’utilisation d’une main-d’œuvre moins chère, mais aussi à l’emploi de produits phytosanitaires (qui permettent de meilleurs rendements) interdits en France. L’intérêt de « franciser » des kiwis italiens saute aux yeux : les fraudeurs gonflent artificiellement leurs marges.

     

    Dix fois plus de kiwis produits en Italie à moindre coût

    Les consommateurs ne sont pas les seuls à subir les conséquences de cette fraude. Pour la plupart basés dans le sud-ouest du pays - 77 % de la production française est concentrée en Midi-Pyrénées et en Aquitaine -, les 1 200 kiwiculteurs français souffrent eux aussi de cette tromperie sur l’origine. Selon le bureau interprofessionnel du kiwi, la filière française produit en moyenne 45 000 tonnes de ce fruit par an. Les concurrents italiens, eux, arrivent à mettre sur le marché 400 000 tonnes chaque année.

    Le kiwi français est une denrée rare. En fin de saison, en mars/avril, au moment où il commence à manquer, son prix devrait monter en flèche. Et bien non : les « faux » kiwis français inondent alors les étals, et bloquent l’envolée des prix.

     

    Des traces de produits phytosanitaires interdits en France

    C’est d’ailleurs en partie ce qui a mis la puce à l’oreille des producteurs français. « On s’est dit : de si gros volumes en fin de saison, ce n’est pas possible », raconte Adeline Gachein, la directrice du bureau interprofessionnel du kiwi. Son organisation a alerté la DGCCRF. Les agents publics ont fait le recoupement avec d’étranges relevés sur des fruits : ils avaient constaté la présence de résidus de produits phytosanitaires interdits en France sur des kiwis officiellement fabriqués dans l’Hexagone.

    Les enquêteurs ont remonté le fil, identifiant sept entreprises accusées d’avoir « francisé » des kiwis italiens, certaines par le biais de montages extrêmement complexes, mis au jour par les enquêteurs. « Notre enquête n’aurait pas eu de tels résultats s’il n’y avait pas eu une bonne collaboration entre la France et l’Italie, notamment grâce au réseau Food Fraud, créé après la crise de la viande de cheval », précise-t-on à la direction de la répression des fraudes.

    En cas de tromperie, les entreprises incriminées risquent jusqu’à deux ans de prison et 300 000 euros d’amende.

    Le Parisien


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  • Les députés repoussent de trois ans l'interdiction de la fabrication en France de certains pesticides

    Ce que la loi agriculture a fait, la loi Pacte le défait.

    Vendredi soir, les députés ont repoussé de 2022 à 2025 la mise ne place de l'interdiction de la fabrication sur le sol français de pesticides vendus en dehors de l'Union européenne, en ajoutant une dérogation pour certaines entreprises, ce qui a suscité des divergences jusque dans la majorité. La mesure a été votée dans le cadre de l'examen en nouvelle lecture du projet de loi Pacte sur les entreprises. Et la précédente mesure, qui fixait le début de cette interdiction à 2022, avait été votée dans le cadre de la loi agriculture et alimentation (Egalim), promulguée en novembre.

    Après de vifs débats, l'Assemblée a voté par 27 voix contre 3 et 7 abstentions ce que le rapporteur Roland Lescure (LREM) a qualifié de "compromis", salué par la secrétaire d'État à l'Économie Agnès Pannier-Runacher. L'ex-secrétaire d'État à la Biodiversité et députée LREM Barbara Pompili, qui s'est abstenue, ainsi que les socialistes et Insoumis, ont réclamé en vain de revenir à 2022. "On ne peut pas défaire ce que l'on a fait", a défendu Barbara Pompili, en s'insurgeant contre "le chantage à l'emploi" de certaines entreprises "cyniques".

    Des dérogations, sans date limite

    "Si on supprime du jour au lendemain la production", le danger c'est que celle-ci "se déplace de quelques centaines de kilomètres et que l'impact pour l'environnement soit nul", a plaidé Roland Lescure. Un argument également défendu par Bercy, pour qui cette nouvelle mouture du texte permet "de donner une échéance claire aux industriels" afin de faire "en sorte qu'il n'y ait pas un effet couperet brutal".

    L'amendement adopté décale ainsi à 2025 l'entrée en vigueur de l'interdiction et propose aussi des dérogations, sans date limite, aux entreprises qui s'engagent, dans un délai de six mois après la publication de la loi, dans un partenariat avec l'État, via la signature d'une convention de transition. Cette convention précisera les investissements à fournir dans des solutions de substitution, notamment dans le biocontrôle et la recherche. "Il a été convenu qu'il fallait engager une action à l'échelle européenne, et que cette échelle était le bon niveau pour que cette interdiction se fasse", a ajouté Bercy, pour qui l'échéance de 2025 "permet aussi d'avancer à cette échelle".

    "Pendant que les citoyens marchent, les lobbys des pesticides avancent"

    "Je ne crois pas que (cet amendement) aurait eu un grand succès auprès des lycéens qui manifestent en ce moment pour le climat", a raillé l'Insoumis Éric Coquerel. "Pendant que les citoyens marchent, les lobbys des pesticides avancent et le gouvernement recule", a renchéri dans un communiqué la Fondation Nicolas Hulot. De son côté, le groupe LR a indiqué qu'il aurait préféré "le pragmatisme" du Sénat.

    Les industriels des produits phytosanitaires ont d'abord fustigé le texte, estimant que "plus de 2.700 emplois directs et 1.000 emplois indirects" sont "mis en péril" en France par l'interdiction de fabrication. Puis, sur un ton plus conciliant, le président de l'UIPP (Union des industries de protection des plantes) Nicolas Kerfant, a souligné que le gouvernement avait montré qu'il est "prêt à revenir discuter avec les industriels" en accordant des assouplissements au texte initial.

    "Mais nous avons absolument besoin d'une définition européenne du biocontrôle" et d'une "vision claire" de ce que le gouvernement veut faire en matière d'agroécologie, a-t-il prévenu, sinon "nous ne pourrons pas lancer de programmes de recherche engageant nos entreprises sur 15 ans".

    Le JDD.fr


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  • Haricots contaminés par une plante toxique : d’autres produits pourraient être concernés

    Après Leclerc, c’est Carrefour qui a rappelé ce mercredi des lots de haricots verts qui auraient pu être contaminés par le datura. La Direction générale de la consommation a ouvert une enquête.

    Qui sera le prochain à retirer des boîtes de haricots verts de ses rayons ? Après Leclerc, vendredi, et Carrefour ce mercredi, d’autres distributeurs pourraient, à leur tour, rappeler des lots de légumes verts potentiellement contaminés par une plante très toxique. « L’analyse de traçabilité laisse entendre que d’autres produits devraient être concernés », nous annonce Loïc Tanguy, directeur de cabinet à la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Carrefour n’est pas nécessairement le dernier. » Si, actuellement aucun malade n’est à déplorer, comment le « datura stramonium », baptisé l’herbe du diable, a-t-il pu se retrouver dans des sachets de surgelés ?

    En février déjà, sa présence a été signalée dans les plats préparés de la marque « Comme j’aime ». La suspicion ne s’est pas arrêtée là. Il y a quelques jours, c’est au tour d’un consommateur de découvrir, avec stupéfaction, une « bogue », autrement dit la coque épineuse de cette plante, au beau milieu de ses légumes Leclerc, produits dans le sud de la France. Une fois l’alerte donnée, l’enseigne a pris la décision, vendredi, de rappeler ses haricots très fins de la marque « Notre Jardin ». Mais elle n’est pas la seule concernée. Carrefour, qui a le même fournisseur, lui a emboîté le pas par « principe de précaution », nous précise-t-il.

    Hallucinations voire problèmes cardiaques

    Le distributeur recommande aux personnes qui auraient acheté ce lot de « ne pas le consommer » et de le « rapporter au point de vente, où il sera remboursé ». En effet, cette plante si redoutable qu’on lui attribue les pires surnoms - « l’herbe aux sorciers », « la pomme épineuse », « l’herbe aux voleurs » - contient naturellement de très fortes teneurs en alcaloïdes, qui peuvent entraîner des hallucinations, des problèmes cardiaques, des troubles digestifs, même en très petites quantités. « En cas de sécheresse de la bouche, de troubles de la vue, de confusion, il faut tout de suite contacter votre médecin ou un centre antipoison », indique Loïc Tanguy.

    Si l’herbe du diable pousse d’abord sous forme de jolies fleurs blanches, elle développe ensuite des capsules avec de grosses épines et des graines noires à l’intérieur. Dans les champs de soja, de maïs, de haricots, de sarrasin, au bord des chemins, sur des terrains abandonnés, cette plante est bien connue des agriculteurs, qui s’en débarrassent à coups de désherbant. « Si des systèmes de tri mécanique sont mis en place pour éliminer d’éventuels daturas résiduels lors des récoltes de haricots, indique Leclerc, le recours à une agriculture de plus en plus raisonnée, avec un minimum de pesticides, explique le risque potentiel de retrouver un datura dans un lot. ». Voilà comment cette plante a failli atterrir dans l’assiette d’un consommateur.

    Selon la DGCCRF, une enquête est en cours pour comprendre comment la plante a pu contaminer les lots. Contactés, Intermarché et Auchan indiquent n’être pas concernés par de futurs rappels dans leurs magasins. En France, ce type d’intoxication n’est pas nouveau. Entre novembre et février, 35 personnes ont été contaminées en Martinique après avoir fait des crêpes à la farine de sarrasin.

    Le Parisien


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  • Des chercheurs développent un traitement prometteur contre la maladie d'Alzheimer

    Des chercheurs américains ont mis au point un traitement prometteur contre la maladie d’Alzheimer. Issu de composés végétaux, il n’a pour l’instant bénéficié qu’à des souris, mais pourrait un jour permettre de soigner la pathologie chez l’être humain.

    Alors que les causes de son apparition semblent s’éclaircir, voici que la maladie d’Alzheimer pourrait rencontrer un nouvel obstacle dans son pernicieux développement, en la personne d’un traitement mis au point par des chercheurs de l'Université de Californie du Sud, aux États-Unis.

    Comme elle le révèle à l’occasion de la parution d’une publication dans le Journal of Biological Chemistry, une équipe de la Keck School of Medicine est en effet parvenue à faire reculer les effets de la maladie chez des souris génétiquement modifiées pour en présenter les symptômes. Une avancée chez le rongeur, qui demande encore à être transposée à l’être humain.

    Des substances présentes dans la nature

    Gallate d'épigallocatéchine - ou EGCG - ; et acide férulique. Des termes plutôt sibyllins derrières lesquels se cachent en fait des substances que l’ont trouve respectivement dans le thé vert, et dans des légumes tels que la carotte et le tomate.

    Répartis équitablement dans quatre groupes, des souris mâles et femelles génétiquement programmées pour développer la maladie ont bénéficié - parallèlement à des congénères sains -, d’un traitement à base d’EGCG et d’acide férulique. Pour les unes, les deux substances étaient administrées en combinaison ; pour d’autres, seule la première ou la seconde leur était donnée ; certaines, enfin, ne recevaient qu’un placebo.

    Avant la phase d’expérimentation, et au cours des trois mois de l’essai, les souris ont subi une batterie de tests visant à évaluer leurs capacités neuropsychologiques. Une méthode comparable - à peu de chose près - à celle employée chez l’être humain pour détecter les troubles de la mémoire et la démence.

    Une mémoire rétablie en trois mois

    L’un de ces exercices consistait à placer les souris dans un dédale en forme de Y. Un moyen de mettre à l’épreuve leur mémoire de travail spatiale ; une capacité qui permet notamment à l’être humain de s’orienter dans un bâtiment.

    "Après trois mois, le traitement combiné a entièrement rétabli la mémoire de travail ; et les souris atteintes de la maladie d’Alzheimer se sont révélées tout simplement aussi performantes que les souris en bonne santé utilisées comme témoins", avance l’auteur senior des travaux Terrence Town, professeur de physiologie et de neurosciences à la Keck School of Medicine. Une mise en évidence des effets remarquables du traitement ; dont les origines restaient toutefois à expliquer.

    Selon Terrence Town, l’un des mécanismes qui rend le traitement si efficace pourrait être lié à son action contre une molécule impliquée dans le développement dans la maladie : la bêta-amyloïde.

    En outre, les composés administrés aux souris semblent également avoir eu des effets sur deux autres aspects liés à la pathologie : le stress oxydatif et la neuro-inflammation. Des effets bénéfiques que le chercheur et son équipe continuent d’étudier ; et dont ils espèrent un jour pouvoir faire bénéficier des êtres humains.

    GENT SIDE

    Pauvres souris !


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