• Chine: Liu Xiaobo, Nobel de la paix mort sans avoir vu son prix

    © Liu Xia Photo non datée du poète Liu Xiaobo, avec sur l'épaule une poupée réalisée par son épouse, la photographe et plasticienne Liu Xia.

     

    Le poète et essayiste, emprisonné depuis 2009 en Chine, est mort d'un cancer du foie jeudi. Une voix pacifiste étouffée jusqu'au dernier souffle par le régime. 

    Une chaise vide pour toujours. Dans l’histoire, seuls deux prix Nobel de la paix sont morts en captivité sans avoir pu recevoir leur récompense. Le journaliste allemand Carl von Ossietzky, en 1936, interné en camp de concentration par les nazis avant de mourir à l’hôpital. Et le poète chinois Liu Xiaobo, qui purgeait en 2010 une peine de onze ans de prison pour «subversion du pouvoir de l’Etat». Sa femme ayant été interdite de faire le voyage en Norvège, le prix avait été posé sur une chaise vide. Un geste fort qui, pensait-on, allait aider à sa libération. Mais Liu Xiaobo est mort ce jeudi, à 61 ans, d’un cancer du foie, extrait in extremis de sa cellule pour une chambre d’hôpital sous haute surveillance. Pourtant, il n’était ni un dangereux terroriste, ni un opposant prêt à prendre les armes pour renverser le pouvoir. C’était un poète, essayiste et critique littéraire qui croyait que la société civile, avec des moyens légaux, pouvait desserrer la chape de plomb que le Parti communiste chinois fait peser sur un cinquième de la population mondiale.

    «Cheval noir»

    Il est né le 28 décembre 1955, d’un père professeur, qu’il disait sévère et brutal. Lorsque Mao envoie les intellectuels, la «neuvième catégorie puante», se «rééduquer à la campagne», l’adolescent suit sa famille dans les steppes de Mongolie intérieure. Déscolarisé comme tous les jeunes de sa génération, il se passionne pour Nietzsche et Kafka. A la fin de la Révolution culturelle, en 1976, les universités rouvrent et Liu, alors ouvrier dans le bâtiment, réussit l’examen d’entrée à l’université de Pékin, étudie la littérature et devient professeur de philosophie.

    Il fréquente les salons poétiques mais méprise le petit cercle d’écrivains pékinois, qu’il trouve imbus d’eux-mêmes et dociles avec le pouvoir. En 1986, dans son article Crise!, il dégomme un par un ses pairs d’une plume acerbe et brillante : «La plupart des auteurs […] exhibent la pauvreté de leur imagination artistique par manque d’une force de création ancrée dans l’impulsion de la vie elle-même», «Liu Shaotang est le chantre d’idylles pastorales d’un laboureur et d’une tisserande dont la simplicité est si classique qu’elle est déjà rouillée.» En 1988, il faut un amphithéâtre pour accueillir tous ceux qui viennent écouter le «cheval noir» de la scène littéraire soutenir sa thèse. Marie Holzman, qui a traduit et lu ses textes, explique son succès : «Il était iconoclaste et véhément, ce qui est rare en Chine, et renouait avec la tradition littéraire du 4 mai 1919, celle qui voulait secouer la poussière de quelques siècles d’empire confucianiste.»

    En tenailles à Tiananmen

    Invité à l’étranger, il passe trois mois en Norvège puis est en stage à l’université de Columbia, à New York, quand, en 1989, les étudiants chinois descendent pacifiquement dans la rue réclamer plus de liberté. «Liu Xiaobo était un peu déçu par le côté pépère et bourgeois des Occidentaux. Il avait en lui une soif d’absolu, un sens de la mission. Mais aussi une force de conviction étonnante pour un bègue, un courage exceptionnel et de grands talents d’organisateur», raconte son ami Michel Bonnin. Le jeune enseignant s’enthousiasme pour le mouvement et décide de rentrer à Pékin. Il a 33 ans et passe son temps sur la place Tiananmen avec ses étudiants, les conseillant et les morigénant. «Liu Xiaobo m’a raconté avoir été surtout touché par le rôle de la population, qui a soutenu profondément les jeunes et les intellectuels, allant jusqu’à descendre dans la rue pour bloquer les camions», se souvient l’historien. Le 2 juin, pour tenter de repousser la fin sanglante qui s’annonce, il lance une grève de la faim avec un chanteur célèbre, Hou Dejian. La nuit du 3 au 4 juin, alors que l’armée prend en tenailles la place Tiananmen, Liu et Hou se font négociateurs, et convainquent les jeunes de quitter la place avant le début du massacre.

    Comme tant d’autres, Liu Xiaobo est emprisonné. Depuis sa cellule, il répond à une interview de la télévision chinoise, où il dit qu’il n’y a pas eu de morts sur la place Tiananmen. «C’était vrai, en partie grâce à lui, précise Michel Bonnin. Mais il y a eu des centaines de morts tout autour, les tanks écrasaient les gens, les soldats tiraient au fusil-mitrailleur. Ses propos ont été manipulés, et il se l’est reproché toute sa vie. A partir de là, il a été déterminé à ne plus se laisser avoir. Et à vivre dans la vérité.» Son modèle est Václav Havel, dramaturge tchécoslovaque, opposant antisoviétique élu Président après la «révolution de velours», en 1989. Marie Holzman cite un de ses articles : «Je me moque que vous m’appeliez traître ou patriote. Si vous dites que je suis un traître, je le suis. Je suis le fils ingrat qui déterre les tombes de ses ancêtres, et j’en suis fier.»

    La philosophie du porc

    Lorsqu’il est libéré un an et demi après, l’intellectuel arrogant a disparu. Sa première femme a demandé le divorce, il voit peu son fils. Interdit d’enseigner et de séjourner à Pékin, il vit clandestinement dans la capitale et publie ses articles et poèmes à l’étranger, aux Etats-Unis ou à Hong Kong, en utilisant ce qu’il appelle «les zones grises de la liberté» pour faire passer ses idées. «C’était un fin analyste du système politique chinois, explique Jean-Philippe Béja, qui a publié en 2011 sous le titre la Philosophie du porc un recueil de ses articles. Ce n’était pas un radical, même s’il exprimait ses idées de manière radicale. Il était convaincu que le développement de la société civile finirait par éroder le pouvoir du Parti et aboutir à la démocratie. Mais pour cela, il fallait que les Chinois ne succombent pas à ce qu’il appelait la "philosophie du porc", c’est-à-dire la frénésie de consommation.» Chaque 4 juin, en mémoire de Tiananmen, Liu Xiaobo écrit un poème. «Ces textes sont très impressionnants, ils tournent autour du même thème et pourtant sont tous très originaux. C’était un grand poète», se désole Marie Holzman.

    En 1989, Liu Xiaobo est tombé amoureux de Liu Xia, poète, photographe, peintre, de cinq ans sa cadette. Une histoire puissante et tragique, qui durera près de trois décennies. Ils se marient en 1998 dans le camp de travail où a été envoyé Liu. Sur son ordinateur, Michel Bonnin fait défiler les photos des moments passés avec eux dans les rares époques de liberté, lui avec un tee-shirt rigolo, elle pétillante. Tous deux sont soumis à une surveillance constante, les conversations enregistrées, le courrier lu. «Une fois, on est allés au restaurant. Aussitôt, cinq ou six hommes se sont assis à la table à côté pour écouter. Il était habitué», se rappelle Michel Bonnin.

    Dix mille signatures

    Alors que le «printemps de Pékin» disparaît de la mémoire collective chinoise, étouffé par une censure impitoyable, Liu Xiaobo compte sur Internet pour faire circuler les idées. En 2008, l’année des JO de Pékin, il participe à la rédaction d’une pétition, la Charte 08, inspirée de la Charte 77 de Václav Havel. Le texte demande que les libertés de parole, de presse, d’association et de manifestation inscrites dans la Constitution chinoise soient respectées. Lorsque le texte apparaît, il est déjà signé par 300 personnes. Dix mille autres le signeront en trois mois. Plus que le contenu, plutôt modéré, c’est le fait que Liu Xiaobo ait pu coordonner un tel mouvement qui le conduit à sa perte. En 2009, après une parodie de procès de deux heures, il est condamné à 11 ans de prison pour ce que la presse chinoise nomme encore aujourd’hui «des activités destinées à renverser l’Etat».

    «Il a été arrêté car il était capable de faire la liaison entre les diverses générations de dissidents, et avait de très bonnes relations avec les vieux dirigeants du Parti qui n’ont pas digéré le massacre du 4 juin, analyse Jean-Philippe Béja. L’exemple de l’Union soviétique et de l’Europe centrale et orientale a montré au pouvoir chinois que tout défi peut aboutir à sa chute. Dès qu’une personnalité qui pourrait fédérer les oppositions disparates apparaît, il n’hésite pas à utiliser tous les moyens pour l’empêcher de nuire et effrayer les candidats à sa succession.»

    L’année suivante, Liu Xiaobo se voit décerner le prix Nobel de la paix. La Chine qualifie d’«obscénité» le choix d’un «criminel» et rompt ses relations avec la Norvège – les deux pays ne se sont reparlés que cet hiver. Les conditions de détention se font plus dures, et Liu Xia, qui faisait le lien entre le prisonnier et ses amis, est placée en résidence surveillée, en toute illégalité. Son isolement est si intense qu’elle tombe dans une profonde dépression. Le prix Nobel de la paix est enseveli sous une chape de silence. Durant huit ans, même son vieil ami Jean-Philippe Béja n’obtient que de rares nouvelles, et toujours de manière indirecte.

    Badminton et examens

    Soudain, à la fin du mois de juin 2017, Liu Xia apprend en même temps que le monde entier que son mari est hospitalisé depuis un mois, en phase terminale d’un cancer du foie. Pour démontrer que le patient, pourtant censé être en liberté pour raisons médicales, n’a pas besoin d’aller à l’étranger, les autorités chinoises diffusent un montage cynique d’images d’archives de vidéosurveillance, où on le voit jouer au badminton et recevoir des soins de routine. Quelques jours plus tard, devant l’insistance de la communauté internationale, elles déclarent qu’il est «intransportable». Un diagnostic contredit par les médecins allemand et américain envoyés à son chevet.

    «Chaque personne naît avec les droits intrinsèques à la dignité et à la liberté» affirmait la Charte 08. Jusqu’à sa mort, Liu Xiaobo, poète révolté mais pacifique, en aura été privé. Dans un acharnement que l’on peine à qualifier, le gouvernement chinois s’est opposé à son souhait de se faire soigner en Allemagne. Une des dernières images de lui, prise par des amis depuis un immeuble voisin, le montre serré contre Liu Xia. Tous deux se ressemblent étrangement, maigres et la tête rasée, unis jusqu’au bout dans l’enfermement.

    Libération


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  • Chine : Un chien sort couvert de blessures après avoir été transporté par avion

    Couvert de contusions et d’ecchymoses, les yeux injectés de sang, le Golden-Retriever n’est pas revenu indemne de son voyage dans la soute, pendant lequel il est sorti de sa cage. Son propriétaire est convaincu qu’il a été battu par le personnel de l’aéroport.

    Mercredi dernier (24 mai), un citoyen chinois s’apprêtait à récupérer son chien à l’aéroport international de Wuhan Tianhe, à l’issue d’un vol de près de 2 heures en provenance de Shanghai (Est de la Chine). L’animal, un Golden-Retriever prénommé Er Mao, avait voyagé dans sa cage placée dans la soute de l’appareil, mais il aurait réussi à en sortir durant le trajet.

    A l’atterrissage, le chien était introuvable. Il avait vraisemblablement pris la fuite au moment de l’ouverture de la soute. Pour son propriétaire, l’attente était des plus angoissantes, jusqu’à ce que 4 employés viennent à sa rencontre en tenant son chien. Ils avaient finalement réussi à mettre la main dessus, mais Er Mao était mal en point.

    Le Golden-Retriever était, en effet, blessé et ensanglanté en divers endroits. Il avait également les yeux injectés de sang. Les explications fournies par les employés étaient aussi confuses que contradictoires, mais l’homme était trop préoccupé par l’état de son ami à 4 pattes pour obtenir des précisions sur le moment.

    Il s’est précipité chez un vétérinaire pour faire examiner l’animal. Ce dernier a dû être tondu sur diverses parties du corps pour recevoir les soins nécessaires. Les nombreuses contusions et ecchymoses découvertes ont conduit le maître et le vétérinaire à penser que le chien avait été battu, les blessures correspondant davantage à des traces de coups qu'aux résultats d’une chute.

    Sollicitée, la direction de l’aéroport a publié un communiqué officiel dont voici un extrait : « Dans le but d’empêcher le chien de se retrouver sur les pistes ou les parkings, les employés de l’aéroport ont appliqué les mesures de restriction basées sur les lois et règlements de l’aviation. »

    Comment le chien a-t-il pu sortir de sa cage et se retrouver livré à lui-même dans la soute en plein vol ? A-t-il reçu des coups volontaires de la part du personnel de l’aéroport ? Autant de questions pour lesquelles son propriétaire n’a encore aucune réponse claire.

    Chien.fr

    Cela ne m'étonne pas de ces crétins de chinois ! 


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  • Cette semaine, un tribunal de Hong Kong a dû examiner une affaire des plus scabreuses, huit ans après les faits. En 2009, une jeune fille a eu une brève liaison avec son père pour empêcher ce dernier de se marier.

    Lundi dernier, comme le rapporte le South China Morning Post, la cour de district de Hong Kong s'est penchée sur une histoire sordide. Celle-ci remonte à 2009. Un homme de 50 ans, spécialiste de médecine chinoise de son état, s'apprête à ce moment là à épouser sa fiancée. Mais c'est compter sans sa fille, alors âgée de 19 ans qui ne supporte pas cette idée et veut faire dérailler le projet. Tous les moyens lui sont bons pour y parvenir. En effet, espérant le faire changer d'avis, elle couche avec lui (et ce, à deux reprises). 

    La liaison sexuelle aurait peut-être pu se prolonger si le petit frère de la jeune fille n'était pas tombé sur un enregistrement vidéo. Après sa découverte, il a appelé la police. L'adolescent croyait en outre que sa soeur n'était pas consentante. Il est depuis dépressif. 

    La sentence sera prononcée le 12 juin

    La jeune fille, à présent âgée de 26 ans, était cependant volontaire. Son père et elle ont tous deux avoué l'inceste devant le tribunal. L'avocate de la femme a expliqué ces rapports sexuelles par "l'amour déplacé, la toquade, la dévotion" d'une fille, privée de l'affection maternelle, pour son père. L'avocate a vu dans la volonté initiale de sa cliente de s'afficher devant le procureur comme la seule fautive une preuve de cette vénération. 

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    Le juge a demandé qu'un examen psychologique soit conduit auprès de la jeune fille mais n'envisage pas de peine de prison pour elle. "Cette affaire est très inhabituelle. Il ne sert à rien à la société de l'enfermer et de la punir", a estimé l'avocate. Le père de famille, lui, risque de la prison ferme. La sentence sera prononcée le 12 juin. 

    BFMTV


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  • Rare, des chinois qui sauvent un animal !


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  • Grippe aviaire: le nombre de morts explose en Chine

    Chine

    Près de 80 personnes sont mortes du virus H7N9 en janvier en Chine, contre seulement cinq sur la même période de 2016.

    Certaines villes chinoise ont suspendu le commerce de volailles vivantes face à la forte augmentation de decès dus à la grippe aviaire.

    Depuis le début de la principale période annuelle de contamination au virus H7N9 - du début de l'hiver jusqu'au printemps -, 100 décès ont été rapportés en Chine, dont 79 sur le seul mois de janvier, a annoncé jeudi la Commission nationale de la santé et du planning familial.

    Pour janvier, le nombre de morts dus à la grippe aviaire a donc été multiplié par seize en l'espace d'une année: une progression qui agite le spectre d'une potentielle épidémie de grande ampleur appelée à s'étendre encore davantage.

    Problèmes respiratoires

    La Chine a rapporté plus d'un millier de cas d'infection depuis l'apparition du virus chez l'homme en mars 2013 et près de 40% des patients contaminés en sont morts, selon des statistiques de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

    La souche H7N9 de la grippe aviaire, qui peut provoquer de graves problèmes respiratoires, est particulièrement préoccupante car elle ne tue pas les poulets infectés, qui ne développent pas non plus de symptômes.

    Cela signifie que la propagation du virus est compliquée à déceler avant son contact avec l'homme.

    Les risques de propagation sont d'autant plus importants en Chine que la population y préfère les volailles fraîchement égorgées, au lieu de denrées congelées, a expliqué Ni Daxin, un haut responsable du Centre chinois des maladies infectieuses, cité jeudi par le journal China Daily.

    350 millions de doses de vaccins

    Pour tenter d'endiguer l'épidémie, le commerce de volailles vivantes a été temporairement suspendu dans les métropoles de Canton (sud) et de Changsha (centre), ainsi que dans l'ensemble de la province du Zhejiang (est) où 35 infections ont été rapportées en janvier, a indiqué l'agence étatique Chine nouvelle.

    De leur côté, les autorités hongkongaises avaient procédé ces deux dernières années à l'abattage préventif de dizaines de milliers de volailles infectées, dont 4500 poulets et pigeons en juin 2016.

    L'OMS s'est déjà procuré 350 millions de doses de vaccins, avait assuré début janvier la directrice générale de l'organisation, Margaret Chan. Mais celle-ci avait néanmoins mis en garde: «Le monde est mieux préparé pour la prochaine pandémie de grippe, mais pas du tout suffisamment».

    24 Heures.ch


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