• Malgré l'évacuation de la colline du crack, la drogue gangrène toujours le nord-est parisien

    Malgré l'évacuation de la colline du crack, la drogue gangrène toujours le nord-est parisien

    Malgré l'évacuation de la colline du crack en novembre 2019, les toxicomanes n'ont pas déserté la porte de la Chapelle et le nord-est parisien en général. Dans les 10e, 18e et 19e arrondissements de la capitale, les consommateurs de drogues dures sont toujours bien présents. Selon des chiffres de l'association Gaïa, ils seraient en effet encore près de 5000 fumeurs de crack à vivre dans le nord-est de Paris.

    Dans le métro ou dans la rue, la porte de la Chapelle reste encore le point névralgique du crack dans la capitale. Une situation qui inquiète les riverains des points de deal les plus importants.

    "On est installé depuis 1984, ma porte n'a jamais été fermée, mais depuis huit mois, je la ferme souvent. Et depuis 15 jours, c'est en continu", témoigne une gérante d'auto-école de la porte de la Chapelle.

    Anna, habitante du quartier depuis 2006, explique quant à elle à BFM Paris vivre dans "un climat d'insécurité de plus en plus prégnant" en raison de la présence de dealers et de toxicomanes.

    Des évacuations inutiles?

    Si des zones de deal et de consommation, l'instar de la colline du crack, sont régulièrement évacuées, beaucoup jugent que ces opérations ne règlent pas le problème. Au micro de BFM Paris, David Delapalme, ancien consommateur devenu psycothérapeuthe explique que les évacuations successives sont finalement sans effet.

    "Ça déplace le problème, comme beaucoup de mesures qui sont prises dans le domaine de l'addiction. Ça en créé d'autres (des problèmes, NDLR) et ça empire la chose. Il faut les prendre en charge", assure-t-il au sujet des toxicomanes. "Seuls, ils ne peuvent pas y arriver. Ça demande un investissement en personnes et en moyens financiers énorme."

    Un avis partagé par Patricia Champagne, présidente de l'association Overdose et mère d'une fille dépendante au crack.

    "On chasse les dealers, ils sont de retour une heure après. Ils peuvent démanteler la Chapelle, ils vont aller à Aubervilliers, ils iront à la Villette", a-t-elle déclaré au micro de BFM Paris. La prévention est indispensable, et un peu plus de répression", a-t-elle ajouté.

    Outre le crack, Patricia Champagne souhaite également alerter sur la présence d'autres drogues dures dans le nord-est parisien, telles que "le fentanyl, qui se fume maintenant, et la drogue du crocodile". "Ces produits de synthèse font des ravages terribles. Vous avez le viol, la prostitution, la clochardisation...", énumère-t-elle.

    Les propositions des candidats aux municipales pour endiguer le fléau

    Au début du mois, les maires du 18e et du 19e arrondissement ont ainsi alerté le préfet de police, réclamant plus de moyens pour endiguer le problème de la consommation de crack et les conséquences qui en découlent. Ils demandent notamment des effectifs supplémentaires dans les quartiers concernés, de la porte de la Chapelle à la rue Ordener (18e) en passant par la place Stalingrad (19e).

    À moins d'un mois des municipales, la lutte contre la drogue fait sans surprise partie du programme de nombreux candidats. Du côté des Républicains, Rachida Dati souhaite notamment créer une police municipale armée et augmenter le nombre de caméras de vidéo-surveillance. L'écologiste David Belliard propose quant à lui de mettre en place un bus itinérant qui roulerait 7 jours sur 7, pour permettre aux professionnels d'aller à la rencontre des consommateurs.

    Pour Cédric Villani, il faut également créer des unités mobiles pour empêcher la formation de points de deal fixes et soutenir le démantèlement de campements illicites par l'État. Danielle Simonnet souhaite quant à elle renforcer la prévention contre les drogues dans les établissements scolaires et accorder plus de moyens aux centres d'accompagnement.

    Quel programme du côté d'Anne Hidalgo?

    Dans son programme, l'actuelle maire de Paris Anne Hidalgo, candidate à sa réélection aux municipales, ne mentionne quant à elle aucune proposition pour lutter contre le fléau du crack. Durant son mandat, plusieurs initiatives ont tout de même été lancées, à l'image d'un espace de repos destiné aux consommateurs, ouvert en décembre près de l'ancienne colline du crack. 

    En 2018, Anne Hidalgo avait également annoncé le déblocage d'un million d'euros pour assurer la prise en charge des toxicomanes, en augmentant le nombre de maraudes des associations et le financement de lieux d'hébergement spécifiques. 

    De la droite à la gauche de l'échiquier politique, tous les prétendants à la mairie de Paris sont cependant d'accord sur un point: la baisse de la consommation de crack dans les arrondissements les plus touchés passe avant-tout par l'accompagnement des toxicomanes vers la désintoxication.

    BFM.TV


  • Commentaires

    1
    Rakia
    Mercredi 19 Février à 15:03

    La Hidalgo n’a donné aucune proposition, car elle sait très bien 

    que les dealeurs rien ne changera leurs habitudes, même  pas la 

    présence des policiers, encore moins les caméras de surveillance ! 

    2
    Mercredi 19 Février à 18:14

    C'  est  comme  pour   les  migrants,  ils reviennent  aussitôt !

    Moi je  ne  vois  comme  solution  que  l'élimination   des  dealers

    3
    Françoise
    Mercredi 19 Février à 18:22

    Il me semble que depuis que la Hidalgo a pris la ville de Paris  le phénomène s'est amplifié ! Paris est une ville désormais souillée ,polluée  par certaines populations !

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