• Retraités : «Macron nous considère comme des "nantis"»

    Dénonçant la baisse de leur pouvoir d'achat, ils ont manifesté, ce jeudi, à l'appel notamment de la CGT et de FO. Leurs craintes sont partagées par les actifs, selon une enquête de la CFDT.

    «Le Gouvernement et sa majorité présidentielle n’ont rien compris à la colère des retraités.» Appelés à manifester, ce jeudi, par neuf syndicats et associations (CGT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires, FGR, LSR et UNRPA), pour une quatrième journée de mobilisation, les retraités ne veulent pas lâcher : pas question de laisser fondre leur pouvoir d’achat. Au total, plus de 55 rassemblements étaient répertoriés dans toute la France. Les organisateurs espéraient battre le record de la manifestation du 15 mars, qui avait regroupé, selon eux, près de 200 000 participants. Ce jeudi, ils étaient finalement, dans la seule capitale, 15 000 personnes selon les organisateurs (3 500 selon la préfecture de police).

    Dans un tract commun, les syndicats dénoncent la volonté du gouvernement de «frapper les retraitées et retraités». «Un choix politique», disent-ils. Parmi leur grief : la sous-revalorisation des retraites de base qui n’augmenteront que de 0,3% l’an prochain, quand la hausse des prix, elle, devrait atteindre 1,3%. Mais aussi l’augmentation de la CSG, entrée en vigueur en janvier. Non compensée pour environ 60% des 16 millions de retraités, la mesure a eu pour effet de diminuer leur pension. Sur ce dernier point, le Premier ministre, Edouard Philippe, a promis une «correction» qui doit désormais concerner «350 000 foyers». Des députés LREM proposent aussi d’introduire «plus de progressivité dans les taux de CSG» dans le projet de loi de finances en débat à l’Assemblée nationale. Mais cette modification n’a pas l’aval du gouvernement.

    «Tout le monde est concerné»

    Dans leur tract commun, les syndicats rappellent pourtant la promesse de campagne du président de la République de «préserver» le pouvoir d’achat des retraités. Or, écrivent-ils, aujourd’hui, Emmanuel Macron «nous considère comme des "nantis", diminue le pouvoir d’achat, voire les pensions, et veut mettre fin à l’acquis des retraites». Référence à la future réforme vers un «système universel» voulu par Macron, dont la concertation a repris la semaine dernière. De quoi inquiéter tant les retraités d’aujourd’hui que ceux de demain. Des craintes que l’on retrouve dans les premiers résultats de l’enquête «Parlons retraite» de la CFDT, publiés au même moment.

    Selon la centrale de Belleville, qui n’appelait pas à battre le pavé ce jeudi, 70% des retraités ont constaté une baisse de leur niveau de vie lorsqu’ils ont arrêté de travailler. Côté actifs, ils sont 91% à s’attendre à voir leur niveau de vie baisser une fois à la retraite. 10 % anticipent des difficultés pour payer leur loyer ou le fait «qu’ils auront du mal à terminer de rembourser leur crédit immobilier». Près d’un quart des actifs pense aussi «qu’ils ne seront pas capables d’assumer leurs dépenses courantes» après avoir arrêté de travailler. Le gouvernement «applique maintenant aux personnes retraitées ce qu’il veut faire avec sa réforme à points en 2019», alertent, de leur côté, les signataires du tract. Et d’ajouter : «Tout le monde est concerné, actifs, futurs retraités, actuels retraités.»

    Libération


    3 commentaires
  • Pour Philippe de Villiers, "Edouard Philippe sait que Macron est cuit"

    Le patron du Puy du Fou, Philippe de Villiers, mise désormais davantage sur Edouard Philippe que sur Emmanuel Macron.

     

    Déçu par son "ami" Emmanuel Macron, Philippe de Villiers en est sûr, le chef de l'État ne sera pas au second tour de l'élection présidentielle de 2022, empêché par un autre candidat : Édouard Philippe. En privé, le patron du Puy du Fou tresse des lauriers au Premier ministre : "Il est bon, intelligent, il sait prendre de la hauteur", et surtout, complète-t-il, "il sait que Macron est cuit". Philippe de Villiers, qui a reçu à plusieurs reprises Emmanuel Macron en Vendée, a dit vendredi être "très déçu" par le chef de l'Etat, l'enjoignant de "se reprendre" et de "regarder le choc identitaire" s'il veut être réélu.

    Evoquant le clivage entre "nationalistes" et "progressistes" mis en avant par Emmanuel Macron, Philippe de Villiers, qui n'a plus de mandat politique, a estimé sur Europe 1 que le Premier ministre hongrois national-conservateur Viktor Orban ou le ministre de l'Intérieur italien Matteo Salvini étaient "du côté du bon sens et du peuple". Pour un "progressiste", un "populiste c'est quelqu'un qui n'a pas les mêmes idées mais engrange plus de voix que lui", selon l'ancien député conservateur.

     

    "Je ne reconnais plus Emmanuel Macron", a cinglé Philippe De Villiers

     

    "On a eu des conversations importantes sur des sujets lourds à l'époque, la fonction présidentielle, symbolique, la verticalité régalienne, 'habitez le corps du roi', lui disais-je au sens des légistes du Moyen-Age. Et puis je lui ai dit 'attention, il y a un danger de désintégration et la France peut mourir', et à chaque fois il se tournait vers sa femme, Brigitte, et il disait 'il a raison'", a raconté Philippe de Villiers.

    "Il y a eu les premiers pas, il a reçu Poutine, il a reçu Trump", s'est félicité Philippe de Villiers. "Et puis patatras : il y a eu la Fête de la musique, il y a eu le doigt d'honneur, et puis ces apostrophes, ces anathèmes contre Orban, et je me dis : qui est cet homme? Je ne le reconnais plus". "Moi je lui dis : Emmanuel, reprends toi. Je vais te dire sur quoi tu seras jugé : ou bien tu regardes le choc identitaire et tu rétablis la France en France [...] et tu seras réélu. Sinon tu seras balayé", a lancé l'ancien chef de file du Mouvement pour la France.

    le JDD.fr


    2 commentaires
  • Bleus : Les champions du monde faits chevaliers de la Légion d’honneur le 13 novembre

    En marge du prochain rassemblement du mois de novembre, les champions du monde français seront faits chevaliers de la Légion d’honneur par Emmanuel Macron le 13 novembre prochain.

     

    Le Président de la République, Emmanuel Macron, en avait fait la promesse et il va la tenir. Les 23 champions du monde vont bien être décorés par le chef de l’Etat. Selon les informations du Parisien, la cérémonie aura lieu le 13 novembre prochain pour leur remettre la Légion d’honneur et faire d’eux des chevaliers comme en 1998 sous la présidence de Jacques Chirac. Le quotidien français nous apprend que Macron va profiter du prochain rassemblement des Bleus pour décorer les coéquipiers d’Hugo Lloris et que les blessés comme Corentin Tolisso seront bien présents pour l’occasion. Pour la troisième trêve internationale de ce début de saison, les Bleus vont se retrouver à Clairefontaine le 12 novembre prochain pour les rencontres contre les Pays-Bas en Ligue des Nations (le 16) et en amical contre l’Uruguay (le 20).

    foot 35

    Voilà une des rares promesses qu'il va tenir ! C'est en effet très important pour les français !

    La légion d'honneur pour mettre des coups de pied dans un ballon, mieux vaut en rire !

     

    Les Bleus ne seront pas à l’Elysée le 13 novembre pour recevoir le grade de chevalier de la Légion d’honneur. C’était la date initialement prévue par la Présidence de la République, comme nous l’avons écrit dimanche. Mais pour un souci d’agenda d’Emmanuel Macron, le rendez-vous a été repoussé. Aucune nouvelle date n’a été avancée.

    Le Parisien


    2 commentaires
  • #BalanceTonMaire : le hashtag qui énerve les élus locaux

     

    Depuis plusieurs jours, les élus locaux dénoncent le hashtag #BalanceTonMaire apparu sur les réseaux sociaux, via un compte pro-Macron, pour dénoncer l'attitude des maires sur la taxe d'habitation.

     

    LIEN de l'article : https://www.msn.com/fr-fr/actualite/politique/supernumberbalancetonmaire-le-hashtag-qui-%c3%a9nerve-les-%c3%a9lus-locaux/ar-BBOlTAm?li=BBoJIji&ocid=PerDHP


    4 commentaires
  • Le petit dictateur censure tout ce qui ne lui convient pas !


    4 commentaires
  • Francophonie : pourquoi la nomination d'une Rwandaise soutenue par Macron fait polémique

    On dirait qu'elle se fout de nous ! (rire jaune)

    Une Rwandaise, Louise Mushikiwabo, doit être nommée vendredi à la tête de la Francophonie. Sa candidature est notamment soutenue par Emmanuel Macron. Un choix critiqué par Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, des socialistes, des associations mais aussi certains pays africains. Et il y a notamment 4 raisons à cela.

     

    Le sommet de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), organisé à Erevan, en Arménie, jeudi et vendredi, devait sacrer le retour de l'Afrique à la tête de l'organisation, après quatre années de direction canadienne. Mais l'élection se déroule sur fond de polémique, alors que les membres de l'OIF s'apprêtent à élire la Rwandaise Louise Mushikiwabo. L'actuelle ministre rwandaise des Affaires étrangères est pourtant soutenue par la majorité des pays africains et par Emmanuel Macron et elle a la voie libre depuis que le Québec a retiré son soutien à la secrétaire générale sortante, la Canadienne d'origine haïtienne Michaëlle Jean, qui briguait un nouveau mandat.

    Mais cela ne plait pas à tout le monde, les critiques relevant de 4 éléments :

     

    1. Le Rwanda a fait de la langue anglaise la langue obligatoire à l'école et a rejoint le Commonwealth.
    2. Le Rwanda du président Paul Kagame est régulièrement accusé de violations des droits de l'homme.
    3. L'activisme de l'axe Paris-Kigali pour soutenir cette candidature a été perçu par certains comme un retour de la Françafrique.
    4. D'autres reprochent à Emmanuel Macron d'utiliser cette élection pour se rapprocher du Rwanda, alors que la relation bilatérale a été maintes fois malmenée.

     

    1 - Au Rwanda, l'anglais plutôt que le français !

    Parmi les critiques formulées à l'encontre d'un secrétariat général donné au Rwanda, figure donc la primauté de l'anglais sur le français dans le pays. Kigali a en effet remplacé le français par l'anglais en tant que langue obligatoire à l'école. Le Rwanda a par ailleurs rejoint le Commonwealth, pendant anglophone de l'OIF. C'est d'ailleurs en anglais que le président rwandais Paul Kagame avait annoncé la candidature de sa ministre.

    De quoi faire bondir les défenseurs de la langue française. "Y a-t-il au monde un pays moins bien placé que le Rwanda pour prétendre présider aux destinées de la francophonie linguistique? Sans doute pas", écrivaient ainsi mi-septembre dans une tribune publiée dans Le Monde Charles Josselin, Pierre-André Wiltzer, Hélène Conway-Mouret et André Vallini, quatre anciens ministres français chargés de la Francophonie.

    Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon en ont remis une couche jeudi. La première a estimé que la ministre rwandaise était "violemment anti-française" et que le pays avait "tourné le dos au français" ; le second a lui jugé qu'Emmanuel Macron était "l'ennemi de la francophonie" par son soutien à un pays "grossièrement anglophile".

    Mais ce n'est pas la vision de la francophonie du président français, qui estime que le plurilinguisme sert, in fine, la langue française. "Le combat fondamental pour notre langue est un combat pour le plurilinguisme", a-t-il d'ailleurs répété jeudi. Et à ceux qui insistent, il a rappelé un élément : "L'épicentre de la langue française est sans doute dans le bassin du fleuve Congo."

     

    2 - Le Rwanda de Kagame, ce sont aussi des accusations de violations des droits de l'homme

    Au-delà de la primauté de l'anglais sur le français, le Rwanda est surtout accusé de violer les droits de l'homme. Or, l'OIF a inscrit le soutien aux droits de l'homme parmi ses missions premières. Une situation notamment dénoncée par l'ONG Reporters sans frontières, qui estime que Kigali pratique "censure, menaces, arrestations, violences, assassinats" contre les journalistes qui osent dénoncer l'autoritarisme de ses dirigeants. 

    La même critique est venue de la secrétaire générale sortante, Michaëlle Jean, abandonnée par tous, Québec et Canada compris. "Une organisation qui ruse avec les valeurs et les principes est déjà une organisation moribonde", a-t-elle ainsi lancé lors de son discours jeudi.

    Jean-Luc Mélenchon a lui décrit Louise Mushikiwabo comme la "membre du régime dictatorial de Paul Kagame (...) au pouvoir depuis 18 ans". Récemment interrogée par l'AFP, Louise Mushikiwabo avait elle assuré que "la majorité des Rwandais (étaient) contents du système démocratique".

    Paul Kagame, crédité de l'important développement d'un pays exsangue au sortir du génocide de 1994, est régulièrement accusé de bafouer la liberté d'expression et de museler toute opposition. Il a été réélu le 4 août 2017 pour un nouveau mandat de sept ans avec 98,7% des voix. 

    Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a répondu jeudi à ces deux premières critiques - le français et les droits de l'homme -, assurant qu'Ottawa continuerait à "promouvoir et défendre (…) les droits de la personne et la langue française".

     

    3 - L'axe Paris-Kigali pour pousser la candidature de Louise Mushikiwabo a été mal perçu en Afrique

    En Afrique, si la majorité des pays soutient la candidature de la Rwandaise, peu montrent leur enthousiasme. "Tous les chefs d'Etat membres de l'Union africaine francophones ont décidé de soutenir une candidature africaine. Le Gabon, à ce que je sache, fait partie de l'Union africaine, donc le Gabon va aussi soutenir une fille du continent", a ainsi déclaré en septembre le président gabonais Ali Bongo Ondimba.

    Lors de son dernier sommet, en juillet à Nouakchott, l'Union africaine (UA), présidée par le Rwandais Paul Kagame, avait demandé à tous ses membres appartenant à l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) de soutenir la candidature rwandaise. Une décision qui faisait suite à l'officialisation de la candidature de la ministre des Affaires étrangères, depuis Paris, par Paul Kagame, en mai, au côté d'Emmanuel Macron.

    Et c'est justement cet axe Paris-Kigali qui s'est mis en place pour soutenir la candidature de Louise Mushikiwabo qui a été légèrement mal perçu en Afrique. De l'avis des observateurs, plusieurs régimes africains ont eu l'impression de se faire forcer la main. D'où leur soutien peu expressif. "Cela les embête un peu parce qu'ils ont le sentiment que c'est comme si Macron leur avait coupé l'herbe sous le pied en s'avançant le premier", explique ainsi l'un d'entre eux. Un soutien actif et public pourrait en effet être perçu comme s'il était influencé par la France.

    On aurait pu ajouter "encore influencé par la France", tant le mot "françafrique", désignant les réseaux de relations officieuses entre la France et le continent africain pendant de nombreuses années, est ressorti à l'occasion de cette élection. "Ça fait réseautage, ça fait Françafrique", estime ainsi Alex Kipré, écrivain et éditeur ivoirien, journaliste au quotidien gouvernemental Fraternité Matin, interrogé par l'AFP. Même son de cloche du côté d'un dirigeant de l'opposition mauricienne, Paul Bérenger, qui juge que "la façon dont le président Macron traite la Francophonie comme un jouet de la France est scandaleuse".

     

    4 - Certains reprochent à Emmanuel Macron d'utiliser cette élection pour se rapprocher du Rwanda

    Enfin, dernière critique, celle qui consiste à penser qu'Emmanuel Macron utilise cette élection - et son soutien à la candidate rwandaise - pour se rapprocher du Rwanda. "La France fait de la Francophonie un levier de rapprochement avec le Rwanda, mais elle utilise ça au détriment des pays démocratiques", juge ainsi pour l'AFP l'éditorialiste politique sénégalais Babacar Justin Ndiaye.

    Dans les six mois qui ont suivi son accession au pouvoir, le président français a rencontré trois fois son homologue rwandais, avant de le recevoir à Paris en mai dernier, une première depuis 2011. Entre les deux pays, le contentieux judiciaire n’est pas réglé sur les responsabilités concernant le génocide rwandais. Le Rwanda accuse toujours la France d'avoir été complice des génocidaires en 1994. Parallèlement, des proches du président Kagame sont toujours mis en examen en France dans l'enquête sur l'attentat contre l'avion du président Habyarimana, qui a précédé le génocide. Kigali aimerait voir ce dossier refermer.

    Depuis l'élection de Paul Kagame, la première en 2000, les relations entre Paris et Kigali ont connu des hauts et des bas. Le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères Renaud Muselier l'avait constaté à ses dépens en 2004, alors qu'il participait, à Kigali, aux commémorations du 10e anniversaire du génocide. Il avait dû quitter le stade où se déroulait la cérémonie après avoir entendu Paul Kagame accuser, depuis la tribune officielle, les Français d'avoir "délibérément sauvé les tueurs sans protéger les victimes". 

    Les relations diplomatiques entre les deux pays avaient ensuite été rompues en 2006, alors que juge français Jean-Louis Bruguière recommandait des poursuites contre Kagame devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda pour sa "participation présumée" à l’attentat contre Juvénal Habyarimana.

    Elles avaient finalement repris en 2009 et Nicolas Sarkozy était allé sceller la réconciliation à Kigali le 25 février 2010, reconnaissant, pour la première fois, "de graves erreurs d'appréciation" et "une forme d'aveuglement" de la France avant et pendant le génocide. 

    La France considère que le Rwanda reste un allié de poids dans une région instable. En mai dernier, les présidents français et rwandais avaient d'ailleurs affiché leurs convergences de vues sur un certain nombre de crises. Pour l'heure, Paris n'a toujours pas d'ambassadeur à Kigali mais l'invitation a été lancée au président français de venir au Rwanda dans les prochains mois. Dans ce contexte, le soutien à l'élection de la Rwandaise Louise Mushikiwabo à la tête de l'OIF concrétise ce rapprochement.

    Le JDD.fr


    4 commentaires

  • 4 commentaires
  • La rupture entre Philippe de Villiers et Emmanuel Macron est consommée

    Il le promet, son "amitié" pour le chef de l'Etat est toujours intacte. Pourtant, au moment d'évoquer Emmanuel Macron, dans le numéro de Valeurs Actuelles publié ce jeudi, avec lequel il avait affiché ses bonnes relations en août 2016 au Puy-du-Fou, Philippe de Villiers tape dur et parle de sa déception. 

    "J'ai compris qu'il n'avait pas compris" !

    Selon l'homme politique vendéen, le "président de la République a une mission vitale : sauver la civilisation française". Et initialement, il lui a semblé qu'Emmanuel Macron cultivait ce sens de la transcendance:

    "J'ai même pensé, dans les premiers temps, au Louvre, puis avec Trump sur les Champs-Élysées et Poutine à Versailles, que le nouveau président allait pratiquer la verticalité régalienne et déposer sur son chemin les petits cailloux symboliques des grandeurs françaises". "J'avais l'espoir naïf, comme tant d'autres, qu'Emmanuel Macron aurait compris cette mission métapolitique", a-t-il encore dit. 

    Mais la désillusion n'a pas été longue à venir pour l'ex-député européen: "Or, quand j'ai vu la fête de la Musique à l'Élysée, avec les transsexuels en résille, et le doigt d'honneur des Antilles, j'ai compris qu'il n'avait pas compris". A la fin du mois de juin, Philippe de Villiers revenait déjà sur cet épisode auprès de Marianne: "Il a installé sur les marches de l’Elysée des gens qui ont insulté la fonction. Il a donc perdu sa sacralité ce soir-là."

    Lors de son entretien à Valeurs Actuelles, il déplore qu'Emmanuel Macron se soit "sarkoïzé à vitesse grand V". Le souverainiste se souvient aussi d'un propos récent du président de la République:

    "J'ai entendu notre président dénoncer ‘la lèpre populiste’. Je lui réponds: 'Emmanuel, je porte ma crécelle, je suis lépreux.' Être progressiste, aujourd'hui, c'est être pour l'enfant sans père, pour l'abolition de toute frontière, de tout État, de toute souveraineté, pour le glyphosate, le multiculturalisme qui conduit à des sociétés multidécolorés?"

    BFM.TV


    3 commentaires
  • Dessin pris sur TV Libertés


    5 commentaires
  • Remaniement : pourquoi ça coince entre Emmanuel Macron et Edouard Philippe

    Alors que le remaniement se fait attendre, c’est en présence de l’actuel gouvernement que devrait se tenir le Conseil des ministres mercredi matin.

    Mais que se passe-t-il donc entre Emmanuel Macron et Édouard Philippe ? Il y a encore trois jours, les macronistes misaient sur un calendrier réglé comme du papier à musique : une démission du Premier ministre en début de semaine, annonçant un remaniement large dans la foulée, puis un discours de politique générale avec vote de confiance devant l’Assemblée.

    En haut lieu, ils étaient même plusieurs à vanter les mérites de ce modus operandi censé lancer « l’an II » du quinquennat, ce fameux nouveau souffle tant attendu pour permettre à Macron de reprendre la main. Curieusement, mardi, les mêmes qui pariaient sur ce scénario avaient totalement changé de pied !

    C’est que la machine s’est grippée.

    Et pour plusieurs raisons. Celle du casting, tout d’abord. « Il y a deux ou trois cas tranchés, comme les départs de Mézard et Travert. Mais pour le reste, c’est le grand flou. Ils n’arrivent pas à se mettre d’accord sur le casting », confie un ministre. Quand certains auraient carrément refusé de répondre favorablement aux sirènes du pouvoir. C’est notamment le cas de Mathieu Klein, ancien porte-parole de Manuel Valls à la primaire de 2017, qui a fait savoir sur Twitter qu’il déclinait la proposition.

    Des ministres qui démissionnent, des personnalités qui refusent d’entrer au gouvernement… c’est le monde à l’envers !

    Voilà qui en dit long, en tout cas, sur les difficultés à recruter de cette majorité très - trop ? - éclectique, et dépourvue d’un vivier dans lequel puiser. « Ce remaniement qui traîne, c’est aussi parce qu’on manque de personnalités », constate, amer, un cadre de la majorité.

    Autre écueil, et non des moindres, les réticences du Premier ministre à en passer par une démission. « Il y a eu une bagarre très forte avec le président pour qu’il fasse ce discours de politique générale. Mais Édouard Philippe n’avait pas envie d’un vote de confiance qui l’affaiblisse », assure un membre du premier cercle présidentiel. Le locataire de Matignon n’ignore sûrement pas qu’il aurait récolté moins que les 370 voix rassemblées, juste après sa nomination, le 4 juillet 2017, lors de son premier - et unique - discours de politique générale.

     

    «Une crise qui fragilise et ridiculise le Premier ministre»

    « Ça casserait le nouveau souffle si le gouvernement était affaibli avec des pertes en ligne à l’Assemblée qui sont inévitables », abonde un vieil ami du Premier ministre. Philippe n’oublie pas, non plus, l’affront fait à Richard Ferrand le 12 septembre, élu président de l’Assemblée avec 99 voix de moins que son prédécesseur François de Rugy en juin 2017.

    D’autres évoquent enfin un Philippe « affaibli dans cette séquence », « incapable de faire valider ses arbitrages auprès du président de la République ». « Cela ouvre une crise qui fragilise et ridiculise le Premier ministre », se lâche même un ministre de premier rang. Avec le sentiment qu’Emmanuel Macron cherche à reprendre la main, alors que le chef du gouvernement s’était posé en facteur de stabilité dans les jours de vacillement qui ont suivi la démission de Gérard Collomb.

    Mardi soir en tout cas, c’était « silence radio » du côté du Matignon. « Le remaniement se fera sans que le Premier ministre ne donne sa démission et celle du gouvernement », annonçait froidement l’Elysée, par le biais d’un simple communiqué. Suivi de l’annonce d’un conseil des ministres ce matin à 10 heures… comme si de rien n’était. « Personne ne nous parle, c’est tout de même dingue », soupire un ministre, potentiellement concerné par le jeu de chaises musicales. Un autre à qui l’on demande pourquoi ça traîne, se contente de cette réponse lapidaire : « Aucune idée, hélas… ». Bref, pour un « nouveau souffle », on a connu meilleure rampe de lancement.

    Le Parisien


    3 commentaires
  • "Macron dirige le gouvernement comme s'il était le PDG de Carrefour"

    Pour Benoît Meyronin, professeur à l'école de management de Grenoble, les déboires actuels du chef de l'Etat s'expliquent par une conception trop centralisée du pouvoir... à l'image des chefs de grandes entreprises cotées en Bourse.

     

    Challenges - Comment expliquez-vous les déboires managériaux connus par Macron avec la démission de deux de ses ministres ?

    Benoît Meyronin - Dans le cas d’Emmanuel Macron, il y a un malentendu de départ. Parce qu’il est jeune, on lui a associé une image de modernité. Il a été élu sur la promesse d’un renouvellement des pratiques politiques, que l’on ne retrouve pas dans son exercice du pouvoir. La « promesse employeur », pour reprendre un terme du monde du travail, n’est pas tenue. Emmanuel Macron partage une vision assez ancienne selon laquelle le pouvoir se suffit à lui-même et garantit la fidélité de ses ministres. Or les démissions successives de Nicolas Hulot et Gérard Collomb, deux profils très différents, prouvent le contraire. La cause est la même : le pouvoir politique n’a plus le même pouvoir de séduction. Le culte de la haute fonction publique que l’on a sur-sacralisée, à travers notamment la figure de l’ingénieur et du fonctionnaire, est en train de disparaître. Nicolas Hulot, qui a longtemps travaillé avec la société civile, et Gérard Collomb, qui a œuvré pour le développement de sa ville de Lyon, montrent qu’il existe autre chose, de peut-être plus important que le pouvoir central. Et qu’ils ne sont pas prêts à avaler couleuvre sur couleuvre pour s’y maintenir… Emmanuel Macron n’a pas encore intégré cette donne.

    A quoi ressemble la "pratique RH" d'Emmanuel Macron ?

    A l’heure d’un management plus horizontal, plus participatif, Emmanuel Macron s’est enfermé dans cette conception jupitérienne du pouvoir, à l’aune de ce qu’il considérait comme l’erreur majeure de son prédécesseur, François Hollande, qui avait développé une vision plus simple, plus moderne, de « l’homme normal ». Il n’est pas dans un exercice équilibré du pouvoir, d’autant moins que son Premier ministre, Edouard Philippe, cultive sa discrétion. Emmanuel Macron centralise énormément le pouvoir à l’image des grandes entreprises, aujourd’hui, qui sous couvert d’une organisation horizontale, concentrent le pouvoir autour de quelques personnes. La comparaison peut sembler facile, mais il me fait un peu penser à Alexandre Bompard. Ce sont de jeunes gens brillants qui vont très vite, qui sont très sûrs d’eux, et qui ne ressentent pas forcément le besoin de consulter leurs salariés, concitoyens. C’est une attitude qui peut-être une qualité, dans les grandes organisations qui ont longtemps tergiversé ou au gouvernement qui a remis à plus tard certaines décisions – sur le statut des cheminots, l’ouverture à la concurrence de la RATP… Alexandre Bompard a pris des décisions stratégiques capitales, notamment pour combler le retard de Carrefour sur ses concurrents en termes de digitalisation.

    Comment peut-il remédier à ses échecs successifs ?

    Emmanuel Macron va être contraint d’engager le dialogue sur certains sujets qui nécessitent le débat, s’il veut être suivi. Si la réforme du statut des cheminots était assez consensuelle, il lui faudra trouver l’adhésion de ses concitoyens sur les sujets sociétaux. Même s’il estime que le travail de pédagogie a été entamé depuis plusieurs années, il ne pourra pas s’épargner une réflexion avec l’ensemble des acteurs politiques, pour dégager un accord. C’est un peu comme un plan de transformation d’une entreprise, il faut réussir à convaincre une majorité des salariés, on ne peut pas y aller à marche forcée.

    Challenges


    3 commentaires

  • 3 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique