• Contraception, asthme, obésité: ces consultations dont le tarif va bondir

    Contraception, asthme, obésité: ces consultations dont le tarif va bondir

    À partir du 1er novembre, les tarifs des consultations chez les médecins généralistes et spécialistes vont augmenter. Seule la consultation de base reste à 25 euros.

    Ces nouveaux tarifs, dont les décrets ont été publiés au Journal officiel de la République française mardi résultent d'âpres négociations entre les syndicats de médecins et l'assurance maladie dans le cadre d'une nouvelle convention quinquennale signée fin 2016. Plusieurs types de consultations sont désormais différenciés.

     

    Quelles consultations augmentent?

    D'abord les consultations "complexes". Elles seront au tarif de 46 euros. Quels patients sont concernés?

    - Les enfants de 3 à 12 ans en risque avéré d'obésité

    - Les nourrissons nécessitant un suivi spécifique par le pédiatre entre la sortie de maternité et le 28e jour suivant la naissance

    - Les jeunes filles de 15 à 18 ans souhaitant obtenir une contraception ou une consultation de prévention contre les maladies sexuellement transmissibles

    Une majoration de 16 euros pourra par ailleurs être appliquée pour plusieurs pathologies.

    - Prise en charge d'un couple stérile

    - L'asthme

    - Une pathologie oculaire grave

    - Lors d'une première consultation de prise en charge d'un trouble du comportement alimentaire

     

    Les consultations dites "très complexes" seront à 60 euros. 

    - Les malades rénaux chroniques en vue d'une greffe rénale

    - Les malformations congénitales graves

    - Les consultations d'annonce de cancer

    - Les maladies graves du fœtus

     

    Les consultations "longues" passent, elles, de 56 euros à 70 euros. Limitées à trois par an et par patient, elles concernent essentiellement les personnes atteintes de maladie neurodégénérative, comme les maladies d'Alzheimer ou de Parkinson. À noter qu'elles seront désormais "possibles" trois fois par an.

     

    Pourquoi ces tarifs sont-ils en hausse?

    Ces augmentations sont un coup de pouce du gouvernement précédent pour les médecins. En 2016, Marisol Touraine, alors ministre de la Santé, annonçait souhaiter une "remise à plat" des rémunérations forfaitaires des médecins généralistes, jugeant le système actuel illisible. Car aujourd'hui, leur rémunération par l'Assurance maladie ne se limite pas au prix conventionné de la consultation. Des majorations en fonction du profil des patients peuvent s'ajouter ainsi qu'une "prime" s'il répond aux objectifs de santé publique. Ces nouvelles hausses ont donc pour objectif de limiter ce mille-feuille.

    Autre argument: revaloriser les salaires des médecins, pour notamment enrayer la crise des vocations. "On ne fait que proportionner la rémunération au temps de travail et au service rendu au patient, ce qui paraît relativement logique dans une rémunération à l'acte, explique ce jeudi le docteur Claude Leicher, président du syndicat MG France, au micro de RTL. Ce n'est que justice rendue au médecin, mais aussi au patient qui n'aura pas de difficultés à prendre du temps avec le médecin pour qu'il soit bien au courant de sa pathologie et des possibilités thérapeutiques."

    "Ce sont des consultations longues et pénibles à annoncer. Donc, c'est une liste de consultations qui sont très complexes, très longues. La Sécurité sociale a reconnu cette spécificité", abonde le Dr Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des Médecins de France.

     

    Qu'est-ce que cela change pour les patients?

    Avec l'arrivée de ces nouveaux tarifs, les remboursements ne changent pas. Ils sont toujours pris en charge à hauteur de 70% par l'Assurance maladie et à 100% pour les personnes atteintes d'affections de longue durée. Claude Leicher souligne donc que cette hausse de prix n'aura pas de conséquence sur le portefeuille des Français: "C'est l'assurance maladie qui remboursera toutes ces consultations avec les régimes complémentaires."

    En juin, l'assurance maladie avait estimé que ces mesures, ajoutées à celle de l'augmentation de la consultation chez un généraliste, coûteraient près de 870 millions d'euros à la sécurité sociale. L'investissement grimpait à plus d'un milliard d'euros, avec la participation des mutuelles.

    L'Express


  • Commentaires

    1
    Vendredi 15 Septembre à 18:00

    je n' en avais pas entendu parler !

     En fait, ça concerne surtout les médecins !

     Espérons que ça ne fera pas capoter la sécu

    2
    françoise
    Vendredi 15 Septembre à 20:03

    J'avais fait une photocopie lorsque l'article est paru , il n'y a que les salaires et les retraites qui n'augmentent pas et les mutuelles vont encore en prendre un sacré coup!

    3
    fripouille
    Vendredi 15 Septembre à 21:05

    La Sécu fait ses comptes ! Je ne pense pas que la visite pour contraception pour la pilule des jeunes filles soit une bonne idée : on pourrait revenir aux avortements, car ce n'est pas une question de prix mais de responsabilité : "elles" risquent de laisser traîner...Par ailleurs personne ne souhaite être malade, on va faire payer une double peine pour ceux qui s'en seraient bien passé. J'ai pourtant une bonne mutuelle mais à chaque remboursement j'ai une liste incroyable de petites sommes à acquitter. Pour ceux qui ont un lourd traitement cela risque de les inciter à ne pas se soigner. Ce sera donc une médecine pour les riches.

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